Le développement de l'E-book, ou livre électronique, bouleverse en profondeur les habitudes des usagers, notamment les organisateurs d'autodafés.
Entre fanatiques, nous nous réunissons. Le cœur n'y est pas. L'un désigne le petit objet noir, de la taille d'un téléphone portable. « Cet appareil d'une capacité mémoire de 8 Go, dit-il doctement, contient l'ensemble de la Littérature Mondiale Décadente. Je l'ai téléchargé cette semaine. J'ai même pu y stocker des images de peintres dégénérés. »
Avec de l'essence à briquet, le chef asperge l'élégant instrument, puis l'allume. Pendant un instant, l'objet se recroqueville, produit un minuscule halo de flammes bleues. Ce n'est pas très spectaculaire. Et c'est déjà fini.
Nous toussotons, dans le silence. Devant la boule de plastique consumée, pour briser la glace, un premier se fait conciliant : « les romains, avec leurs tablettes de marbre, n'étaient pas à la fête, si on y réfléchit. Les autodafés, c'est à coup de masse qu'ils s'y prenaient ».
Un autre, contrarié, lâche même cette remarque sibylline : « Brûler et jeter des composants électroniques, ce n'est pas très écologique, quand même ». Surpris, tous les visages se tournent vers lui. O tempora, o mores !
jeudi 10 juillet 2008
Ultramodernes autodafés
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33 commentaires:
Merde, ton texte est bouleversant, je viens de croiser 2 néonazis qui en parlaient : ils projetaient de sauter du Pont-Neuf...
hé, prem's, deu'z !
Obéissant à la règle d'Audine, j'en prduis un 3ème !
Dorham : Merci !
Dorham : Merci !
Dorham : Merci !
Ah, c'est traditions qui se perdent dans ce modernisme qui éloigne l'homme de l'humain !
Qu'il est loin ce temps où, à coups de silex, nous brûlions les grottes contenant quelques peintures dissidentes !
Rahan m'en parlait encore à notre dernier barbecue, quand j'ai honteusement utilisé le micro-onde pour la cuisson d'une arrière-cuisse de mammouth (la cuisse entière ne rentrant pas)
Mais, l'adaptation se doit d'être nécessaire, ne serait-ce que pour nos descendants puissent à leurs tours avoir les même regrets que ceux qui nous dévorent (ou titillent, c'est selon)
Ah,le XXI ème siècle !
diront-ils, nostalgiques, c'était le bon temps !
Toujours un plaisir de vous lire
Merci
Je suis sure que c'est cause de maladie professionnelle, mais je vais chercher quoi.
quoi
non j'ai pas trouvé, c'était juste pour faire 3 posts.
philtre : merci à vous, encore.
Audine : J'aime le parc de Bercy. Alors, Bercy beaucoup.
Faut faire l'autodafé dans un cybercafé.
C'est beau Nicolas, on dirait... du slam ! :-) [penser à parler du Slam à Didier Goux...]
Balmeyer,
ben voyons !
Dorham. Je suis en plein deuil du Docteur Fakir.
C'est vrai. J'ai écrit un poème dans mon commentaire plus haut. Un alexandrin parfait. Y'en a qui font de la prose sans le savoir, moi c'est le contraire.
Et puis on peut brûler la sorcière, elle est où qu'on fasse un joli feu de camps ?
Bravo ! La miniaturisation et ses conséquences, il fallait y penser.
J'aime beaucoup :
"(...)l'objet se recroqueville, produit un minuscule halo de flammes bleues. Ce n'est pas très spectaculaire. Et c'est déjà fini.
Nous toussotons, dans le silence."
Une vraie "action discrète" !
Balmeyer qui met le feu !
Nicolas, je suis désolé, mais votre pseudo-alexandrin compte 13 syllabes...
1 : Faut
2 : Faire
3 : L'au
4 : to
5 : da
6 : fé
7 : dans
8 : un
9 : cy
10 : ber
11 : ca
12 : fé
Didier, vous ne savez pas comptez.
Nicolas,
ça m'écorche mais Didier a raison.
Il faut compter le -re de ton faire comme syllabe car suit une consonne pour commencer le mot d'après.
soit,
Faut-fai-re-l'au-to-da-fé-dans-un-cy-ber-ca-fé
13...ça porte malheur !
Non, car je manque d'r.
Faut faire l'autodafé dans l'cybercafé.
Ainsi elle est parfaite, la rime un peu surfaite.
Audine
Défenseuse des alexandrins made in Nicolas.
Tiens, à ce sujet, je viens de corriger l'ignoble erreur laissée sur ce billet.
Par contre, j'ai quand même un doute, éclairez-moi de vos lanternes : dans "Meute considérable de jaunes labradors !", le fait que "considérable" s'arrête à la (Aimée) césure, n'en fait-il pas un "6" au lieu de "7" ?
Je ne dirai rien, je me suis déjà fâchée avec une amie pour désaccord de nombre de pieds...
Je dirai quelque chose quand même : Nicolas a raison. Le R de faire étant une consonne liquide et le E muet, on peut considérer "faire" comme une seule syllabe même s'il précède une consonne.
Au nom d'Alexandrin le grand, blogowar !
Non, Marie-Georges, "Faire" au milieu d'un vers, contre une consonne, est considéré comme DEUX syllabes.
C'est en fin de vers (ou à la césure ?) qu'il est concidéré comme UNE.
Blogowar. Dorham, reviens.
Fight ! La règle du "e" muet :
"règle du e muet : il se prononce quand il est suivi d’une consonne, et s’élide quand il est suivi d’une voyelle ou bien lorsqu’il se trouve à la fin d’un vers. Dans l’exemple ci-dessus, nous avons deux élisions à la césure :
s’é /va/por/ (e) ain/ si, et mé/lan/co/liqu /(e) et /lan/gou/reux. Tige et vertige, en fin de vers ont également des e muets qui ne se prononcent pas et ne comptent pas comme un pied. "
BLOGOWAR !
DAMN IT !
Je m'incline.
(que se passe-t-il avec le blog des blogowars ?)
Meuh, 5 commentaires pour à la fin dire que j'avais raison...
Bal,
oh non, je vais pas tout refaire, c'est bien trop fastidieux...
Marie-Georges,
et bien, il est mort pendant la nuit, mais il n'a pas souffert...
Nicolas : là où il est placé, le verbe "faire" compte DEUX syllabes : "faut fai-re l'autodafé". Sorry...
Ah ! zut de merde ! je n'avais pas vu que Dorham avait déjà réglé la question !
(Pardon pour l'écorchure...)
Balmeyer : la césure n'a pas le pouvoir d'élision d'une syllabe. Donc : 13 syllabes pour vous aussi.
Repos ! vous pouvez fumer...
Il a raison, flûte à la fin ! On peut consumer propre tout de même !
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