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Articles

Affichage des articles du mars, 2010

Le poumon de Blanche-Neige

Aujourd'hui, à l'école, mon fils a écouté l'histoire de Blanche-Neige.

Si je me souviens bien, dans le conte, la Reine demande à un chasseur de tuer Blanche-Neige, et de lui rapporter son coeur comme preuve du forfait. Le chasseur, apitoyé par la jeune fille, tue un animal de la forêt et ramène l'organe d'icelui à la marâtre qui, n'y connaissant visiblement rien en anatomie, s'en trouve fort satisfaite.

Premier détail édifiant, dans la version rapportée par mon fils, le chasseur tue un marcassin. Selon ses premières impressions, c'est un épisode désolant, et je sens à son récit qu'éventrer Blanche-Neige aurait été moins dégueulasse que de s'en prendre à un petit animal innocent. C'est en tout cas l'élément clef pour lui, puisque ses primes paroles furent en substance : "Aujourd'hui à l'école on a écouté l'histoire de Blanche-Neige où le chasseur tue un petit marcassin pour ramener le poumon de Blanche-Neige à la Reine&qu…

La coupe

J'étais chez le coiffeur, ce midi. Je me suis dit : je vais en faire un billet. Et là, je me suis rendu compte que ma dernière visite chez le coupe-tif s'était également soldée par un billet. Tout d'un coup une architecture gigantesque se dessine, ce support est ponctué par des coupes de cheveux. Dans dix ans, je ne ferai qu'un billet par coupe, j'aurai un blog non pas de coiffeur, mais de coiffé.

Vous noterez la date précédente : 6 juin de l'an dernier. Vous imaginez après 9 mois, le résultat de cette gestation sur ma tête. Cela me ramenait peu à peu à l'adolescence, avant-hier, quand chevelu à l'extrême, on me proposait tout le temps de la drogue. Là, un inconnu a commencé à me proposer un Doliprane. Signe qu'il était temps de passer à l'action.

Je me suis installé dans le salon, le cou dans un lavabo. Il y avait une cliente qui parlait avec conviction de sa coupe à venir. Je suis toujours surpris, car les gens très friands de coiffeurs finiss…

Esprit de câble

Je réfléchissais sur la nature des pensées qui me traversent, et j’ai trouvé l’image qui correspondait : celle d’une chaine télévisée du câble. Je compare mon esprit à un chaine du câble, diffuseur obstiné, obscur, à petit budget, avec ses programmes cheap qui tournent en boucle. Avec ses séquences improbables qu'il faut bien empiler pour remplir, pour boucler du matin jusqu'au soir. Par exemple une chaine de sport avec ses matchs de football féminin Danemark / Islande, commentés par Patrick Battiston et Harald Schumacher, mollement captivés par un jeu de fin du monde. Par exemple des séquences de soi dans la nature en train de marcher sur un champignon dont on ignore le nom, en train de fouler du sable en vacances, ou d'occuper glorieusement une chaise molle au travail.

J’imagine a contrario Albert Einstein dans son coin, avec son puissant cerveau explosif ; son esprit devait ressembler à un cinéma panoramique, en 3D, les neurones dedans étaient comme sous la Géode, des e…