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Articles

Affichage des articles du septembre, 2011

Ballons

Nous nous promenions au parc de Sceaux, il y avait une sorte de kermesse pour lutter contre les myopathes (contre la mucoviscidose me corrigea Emeline). Derrière les stands, s'activaient des gens qui vendaient des parts de gâteaux au prix d'un ticket vert. Il y avait des panneaux explicatifs sur la maladie, des jeux de pêche et de massacre.

Un speaker remercia la fanfare de Clamart. J'y avais remarqué un joueur d'hélicon assez maigre, et ceci me plut car je tenais, à l'occasion, des statistiques sur les membres des fanfares, afin d'établir un jour une pittoresque découverte. J'avais déjà noté que les joueurs d'hélicon étaient souvent maigres, ce qui me fascinait car l'instrument exigeait de la puissance, et donc un costaud au bout du tube me semblait-il ; je croisais certes sur ma route une fanfare environ une fois l'an, l'étude avançait lentement mais malgré tout, je tenais pour certain que l'hélicon était si gourmand qu'il épuisait…

Un pied

Ce matin, j'entrai dans la chambre de mon fils, secouai doucement son épaule pour le réveiller, quand soudain, j’aperçus à l'autre bout du lit, dépassant de la couverture : un pied. Il s'agissait véritablement d'un pied humain, de petite taille, gisant sur le matelas, comme peut le faire le pied, lorsqu'il gît sur un matelas.

Je sursautai. Que pouvait bien faire cet appendice humain à l'autre bout du lit de mon fils ? Je pris mon courage à deux mains, et le pied de l'autre, pour vérifier : c'était un pied chaud. Aussitôt fus-je rassuré, car comme tout le monde, j'avais pensé à quelque chose de macabre - la scène du "Parrain", avec cette tête de cheval sanglante - mais qui m'en voudrait au point de déposer un pied dans le lit de mon fils ?

Un pied chaud signifiait un pied vivant, rapidement deux hypothèses s'opposèrent dans mon esprit inquiet pour expliquer ce phénomène : petit un, ce pied signalait la présence d'un second enfan…

La discrète anarchie du linge propre

Il est des moments vertigineux où l'on plonge au plus profond des ténèbres de l'âme humaine, où l'on embrasse du regard l'espace d'un bref instant toute l'étrange noirceur dont elle est capable : perversion, cruauté, vice, syndic d'immeuble.

Je rentrai chez moi quand je vis un papier fixé à la porte en verre, près de l’ascenseur. Un papier à entête, avec une signature très large, un peu fougueuse. Il s'agissait d'un courrier officiel, tel un appel du 18 juin, le drapeau français en moins. Le message clamait, dans l'étroite agora qu'était notre hall d'immeuble, qu'un locataire anonyme avait suspendu du linge à sécher aux fenêtres, et que cette pratique était rigoureusement proscrite par le règlement de l'immeuble. Un numéro du règlement de l'immeuble était ainsi indiqué, avec un tiret au milieu des chiffres, ce qui était un peu impressionnant et provoquait comme un petit frisson procédural en évoquant des choses graves, un déc…