jeudi 4 octobre 2007
Never coming home
Via la toujours pertinente "Lettre Volée" : un très émouvant reportage photo d'Andrew Lichtenstein.
mercredi 3 octobre 2007
Sans oublier la position vidange
A trois ans, je quitte Marseille. Plus tard, j'y reviens, je constate : "Le stade Vélodrome est au coeur de la ville, contrairement à Lyon ou Paris où le stade est excentré." Je me gratte le menton en fronçant les sourcils, concentré dans ma réflexion. Je regarde le Parc Borelly, j'ai marché ici, de nombreuses années plus tôt. Je tente d'avoir la nostalgie-attitude, j'essaye d'être submergé par les réminiscences émouvantes du temps perdu. Mais je suis sans aucun sentiment, froid comme un lézard polaire.
J'allonge le pas, j'ai des chaussures, je vis, je meurs, je me lave les dents.
Je commence à parler, alors, j'ai un accent du sud épais comme un steak. J'habite vers Perpignan, dans un Mas (prononcez Masse, comme Jeanne Mas, car entendre "Très cher, j'ai visité un superbe ma cet été" est une chose abominable pour moi). Le mas est entouré de vignes, à l'époque. C'est la nature. C'est pur. C'est le silence ; à part les tracteurs et les nuages violets de sulfates.
Ma mère avait une 4L. Cet été, près de Fontainebleau, nous avons acheté un de ces magazines du genre "Reconstituez le Chateau de Versailles au temps de Louis XIV, cette semaine le numéro 1 : la tasse ; pour 1.99 euros(seulement)". C'était la série spécial 4L, pour kéké.
Là, dans un superbe fascicule (1.99 seulement) nous avons appris que le modèle se nomme à la base R4, mais qu'une des déclinaisons est la 4L (L pour Luxe), celle qui comprend une vitre à la porte arrière, je sais plus moi, et c'est le nom qui est resté.
Une 4L avec les phares tout rond. (on est pas sur un skyblog, ici, on regarde des 4L en écoutant "les Vieux" de Jacques Brel). Les vitesses sont au milieu du tableau de bord. A part ça, rien de spécial, j'ai trois ans, j'aime bien aussi l'idée en avoir onze fois plus.
***
Vue en position vidange :

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J'allonge le pas, j'ai des chaussures, je vis, je meurs, je me lave les dents.
Je commence à parler, alors, j'ai un accent du sud épais comme un steak. J'habite vers Perpignan, dans un Mas (prononcez Masse, comme Jeanne Mas, car entendre "Très cher, j'ai visité un superbe ma cet été" est une chose abominable pour moi). Le mas est entouré de vignes, à l'époque. C'est la nature. C'est pur. C'est le silence ; à part les tracteurs et les nuages violets de sulfates.
Ma mère avait une 4L. Cet été, près de Fontainebleau, nous avons acheté un de ces magazines du genre "Reconstituez le Chateau de Versailles au temps de Louis XIV, cette semaine le numéro 1 : la tasse ; pour 1.99 euros(seulement)". C'était la série spécial 4L, pour kéké.
Là, dans un superbe fascicule (1.99 seulement) nous avons appris que le modèle se nomme à la base R4, mais qu'une des déclinaisons est la 4L (L pour Luxe), celle qui comprend une vitre à la porte arrière, je sais plus moi, et c'est le nom qui est resté.
Une 4L avec les phares tout rond. (on est pas sur un skyblog, ici, on regarde des 4L en écoutant "les Vieux" de Jacques Brel). Les vitesses sont au milieu du tableau de bord. A part ça, rien de spécial, j'ai trois ans, j'aime bien aussi l'idée en avoir onze fois plus.
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Vue en position vidange :
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Délocalisation de mes dents
C'est un régal, ces publicités google dans mon courrier gmail. C'est tellement mieux que ces pubs de masse pour les Mercédes, à la télé, comme si j'allais acheter des Mercedés. (Comme si j'avais la télé).
Non, là, ça sent le ciblé. Limite vexant. Après le "conteneur de cadavres", maintenant les dents pas chers :
Soins Dentaires étranger
€ 180 Couronne Céramique € 700 Implant Dentaire Titane
J'imagine le scrutateur de chez google qui détecte dans mon courrier mes épiques aventures, et qui miséricordieux, me guide vers la délocalisation de mes dents.
Analyse Courrier - Occurrences mots :
1. SEXE: 10532
2. BIERE : 453
3. MAL : 235
4. DENT : 185
5. PIZZA : 147
---> Allo la base, c'est OK, mâchoire en chantier ... Envoyer la pub.
Le jour où je croiserai l'annonce "Agrandissez votre Sexe - opération miracle par réinjections de la graisse ventrale", je crois que je me fâche.
Non, là, ça sent le ciblé. Limite vexant. Après le "conteneur de cadavres", maintenant les dents pas chers :
Soins Dentaires étranger
€ 180 Couronne Céramique € 700 Implant Dentaire Titane
J'imagine le scrutateur de chez google qui détecte dans mon courrier mes épiques aventures, et qui miséricordieux, me guide vers la délocalisation de mes dents.
Analyse Courrier - Occurrences mots :
1. SEXE: 10532
2. BIERE : 453
3. MAL : 235
4. DENT : 185
5. PIZZA : 147
---> Allo la base, c'est OK, mâchoire en chantier ... Envoyer la pub.
Le jour où je croiserai l'annonce "Agrandissez votre Sexe - opération miracle par réinjections de la graisse ventrale", je crois que je me fâche.
Tester des conteneurs
Premier mercredi du mois. Les sirènes retentissent. Un collègue : "Et si on se faisait bombarder un premier mercredi du mois, qu'est-ce qui se passerait ? "
Silence. Un autre : "Toi et tes questions existentielles."
On resterait sagement assis à se prendre des obus sur la tête, tout en consultant ses mails.
Twitter : "tiens, il tombe des bombes ! (ici, un lien) "
***
Quelle contenu de ma boite gmail me vaut cette publicité de chez google ?
Conteneurs à cadavres : 5 modèles pour tous vos besoins: 950/1900 L, isolés, froid ou non.

Si j'étais un blogueur influent, je crois que j'aurais des produits super intéressants à tester.
Compte rendu du test conteneur à cadavres.
J'ai reçu hier soir un produit super intéressant à tester : le conteneur à cadavres 950L de chez cobioco. (ici, un lien).
Je déballe (ici une photo floue du déballage) et ma première impression est plutôt bonne : le conteneur vert a un design vraiment très moderne, non sans rappeler le produit Z que j'ai vu à l'Apple Expo. La prise en main est tout de suite aisée, grâce à une poignée en aluminium.
Maintenant, je teste sans concession d'isolation du produit : je dépose un steak dans le conteneur, et je le laisse dans ma salle de bain insalubre pendant deux heures. Pas de soucis, ça ne pue pas plus que d'habitude. Mais pour être vraiment objectif, je renouvelle l'opération dans la chambre, où il n'y a pas de serviette humide. Là encore, le conteneur est à toute épreuve. Je me débarrasse du steak grâce à la trappe à vidange disponible au dessous, vraiment les ingénieurs ont pensé à tout.
Le modèle reçu est le simple, mais si comme moi, vous avez deux chats, sachez qu'il existe un modèle double, que je n'ai pas encore testé, mais qui, s'il est identique au modèle simple, mais en double, doit certainement être d'aussi bonne qualité.
Seul regret, l'abscence de port USB 2.0, et de drivers pour Mac 24'' Intel Core 2 Duo processor, mais bon, il faut dire aussi que ces conteneurs sont rarement branchés à des ordinateurs.
Non, vraiment, sérieusement, je recommande pour tous les passionnés d'équarrissage l'utilisation du conteneur à cadavres 950L de chez cobioco (ici, un lien).
Silence. Un autre : "Toi et tes questions existentielles."
On resterait sagement assis à se prendre des obus sur la tête, tout en consultant ses mails.
Twitter : "tiens, il tombe des bombes ! (ici, un lien) "
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Quelle contenu de ma boite gmail me vaut cette publicité de chez google ?
Conteneurs à cadavres : 5 modèles pour tous vos besoins: 950/1900 L, isolés, froid ou non.
Si j'étais un blogueur influent, je crois que j'aurais des produits super intéressants à tester.
Compte rendu du test conteneur à cadavres.
J'ai reçu hier soir un produit super intéressant à tester : le conteneur à cadavres 950L de chez cobioco. (ici, un lien).
Je déballe (ici une photo floue du déballage) et ma première impression est plutôt bonne : le conteneur vert a un design vraiment très moderne, non sans rappeler le produit Z que j'ai vu à l'Apple Expo. La prise en main est tout de suite aisée, grâce à une poignée en aluminium.
Maintenant, je teste sans concession d'isolation du produit : je dépose un steak dans le conteneur, et je le laisse dans ma salle de bain insalubre pendant deux heures. Pas de soucis, ça ne pue pas plus que d'habitude. Mais pour être vraiment objectif, je renouvelle l'opération dans la chambre, où il n'y a pas de serviette humide. Là encore, le conteneur est à toute épreuve. Je me débarrasse du steak grâce à la trappe à vidange disponible au dessous, vraiment les ingénieurs ont pensé à tout.
Le modèle reçu est le simple, mais si comme moi, vous avez deux chats, sachez qu'il existe un modèle double, que je n'ai pas encore testé, mais qui, s'il est identique au modèle simple, mais en double, doit certainement être d'aussi bonne qualité.
Seul regret, l'abscence de port USB 2.0, et de drivers pour Mac 24'' Intel Core 2 Duo processor, mais bon, il faut dire aussi que ces conteneurs sont rarement branchés à des ordinateurs.
Non, vraiment, sérieusement, je recommande pour tous les passionnés d'équarrissage l'utilisation du conteneur à cadavres 950L de chez cobioco (ici, un lien).
Messages de service
Message de service n°1 : certaines de mes lectrices visitent des magasins spécialisés dans les petits chatons mignons.
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E. me dit : "J'aime pas trop quand tu fais des petits bouts de paragraphes séparés par des ***, ça fait un peu flemmard." Ne vous méprenez pas, E. me soutient beaucoup, même lorsque, folle de rage de trouver encore un pantalon par terre, avec des chaussettes pas pareilles et qui puent, elle est prête à m'introduire la tête dans le grille-pain, elle trouve toujours la ressource pour me complimenter lorsqu'un article lui plaît.
***
Hier : oh je suis content de mon article, je me suis vraiment arraché le cortex avec mes ongles. Elle me répond : ouais, pas mal. Comment ça ouais pas mal. Regarde, j'ai encore un peu de cortex resté sur mes ongles, tu rigoles. Je suis à genou. Je mange l'humilité avec mes doigts.
C'est systématique, mes billets qui ont le plus d'écho sont toujours ceux écrit quasiment accidentellement, les semi-brouillons, les pas fait exprès. Ceux que j'écris en me prenant pour Zarathoustra me reviennent dans le visage comme le boomerang de l'indifférence. Très édifiant.
***
E. me dit : "J'aime pas trop quand tu fais des petits bouts de paragraphes séparés par des ***, ça fait un peu flemmard." Ne vous méprenez pas, E. me soutient beaucoup, même lorsque, folle de rage de trouver encore un pantalon par terre, avec des chaussettes pas pareilles et qui puent, elle est prête à m'introduire la tête dans le grille-pain, elle trouve toujours la ressource pour me complimenter lorsqu'un article lui plaît.
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Hier : oh je suis content de mon article, je me suis vraiment arraché le cortex avec mes ongles. Elle me répond : ouais, pas mal. Comment ça ouais pas mal. Regarde, j'ai encore un peu de cortex resté sur mes ongles, tu rigoles. Je suis à genou. Je mange l'humilité avec mes doigts.
C'est systématique, mes billets qui ont le plus d'écho sont toujours ceux écrit quasiment accidentellement, les semi-brouillons, les pas fait exprès. Ceux que j'écris en me prenant pour Zarathoustra me reviennent dans le visage comme le boomerang de l'indifférence. Très édifiant.
mardi 2 octobre 2007
La bure de Merlin
Une immense blonde, tailleur rouge, jupe courte, traverse le boulevard avec souplesse. Aux premières loges, huit ou neuf pilotes de scooters sont pétrifiés. Un timide sifflement s'échappe d'un passager arrière. Il est clair qu'un pickpocket doué peut à ce moment subtiliser deux ou trois scooters sans difficulté. Le feu passerait au vert, quelques types en costard, casque intégral, debout devant sur la chaussée, tourneraient machinalement la main pour accélérer, en vain.
***
Pour kéké, il existait deux type de camions : "les gros cacons". "les piti cacons". Une troisième espèce a été découverte : "les piti gros cacons".
***
Vendredi soir, je suis sous antibiotiques. Oh, non, je ne vais pas acheter de vin, sinon je vais être malade, me dis-je, car le mélange, etc. Saint Balmeyer. Hier, bières. Léger oubli. Tête bulbeuse, impression d'être un camion citerne. J'ai plus de souvenirs que si j'avais, etc. Grandes oreilles pointus, un air sévère, comme monsieur Spoke. Je me lève, et je déclare, tel Gorbatchev : "Il faut cesser de boire immédiatement, sinon ce soir, je vais droit dans le mur". Un mur tombe, à berlin.
***
Monsieur Romano a travaillé avec Benjamin Biolay. Se faire passer un savon par sa belle-mère, Catherine Deneuve, ça doit être quelque chose.
***
Je m'étais dit : tiens, si je fais trente-trois billets pour ce mois, pourquoi ne pas faire un billet en relation avec une année ? Exemple, ce billet serait celui de mes deux ans.
A deux ans, je suis blond. J'ai une casquette, je ressemble à Brian Jones. J'ai une salopette. J'ai l'air gentil sur la photo. Ma mère aime David Bowie, avec ses joues creuses et sa chevelure péroxydée, c'est le portrait de Ziggy Stardust. Elle est immensément jeune, nous sommes une famille de paysans, je suis quelqu'un d'accidentel. Amnésie originelle. Je suis pour l'avortement, bien sûr, mais mes grands-parents non, donc je suis vivant, actuellement.
Je marche dans un jardin du sud tandis que mes parents divorcent. De temps en temps, ils vont faire la fête, c'est normal, à leur âge, ils sont si jeunes ; il m'a semblé être plus souvent torché qu'eux, à leur identique adolescence. Je suis chez mes grands-parents, mon grand-père est taiseux. Il me regarde avec bienveillance, effacé, je sais qu'il m'adore, il n'a pas de mots. Il me trimballe dans des vignes, la verdure est enivrante, je trébuche alors. Plus tard, il meurt. Une après-midi, tout de même, je suis dans une 4L, avec mon père, il parait que je hurle tout du long, je réclame ma mère. Les jeunes enfants sont viscéralement attachés à leur mère, je m'en rends bien compte maintenant. Pour kéké je suis un superbe figurant, l'empereur des pirates ; mais sa mère tout de même...
Ce matin, dans le métro, je vois un groupe d'enfants qui envahit la rame à la station Havre-Caumartin. Comme si on n'était pas déjà assez nombreux ; dans la rame je veux dire. On les rassemble autour d'une barre, ils s'agrippent, on dirait une grappe de raisins. Les enfants regardent autour d'eux, minus, ce sont des gens tronqués, il mesure la moitié de nous. Ils dévisagent les passagers, et dans la promiscuité du wagon, semblent se blottir comme des pingouins sur la banquise. Ils ne sont pas avantagés à la base. A la station Adulte, on se détend, on a grandit, on est plus obligé d'être piétiné par des gens obèses, on siffle au passages de cadres en jupe, à l'arrière des scooters.
C'est maladif, j'ai de l'empathie pour les enfants. Ils sont heureux, ils ont des beaux manteaux qui les enveloppent, et moi il faudrait que j'arrive, avec mes antibiotiques, mes dents, pour dire : "C'est moi le messie des petits ! Venez à moi, mes chers nains, je vous protégerai contre toute cette foutue adversité ! "... murmures : "Maman, j'ai peur ! "
***
Pour kéké, il existait deux type de camions : "les gros cacons". "les piti cacons". Une troisième espèce a été découverte : "les piti gros cacons".
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Vendredi soir, je suis sous antibiotiques. Oh, non, je ne vais pas acheter de vin, sinon je vais être malade, me dis-je, car le mélange, etc. Saint Balmeyer. Hier, bières. Léger oubli. Tête bulbeuse, impression d'être un camion citerne. J'ai plus de souvenirs que si j'avais, etc. Grandes oreilles pointus, un air sévère, comme monsieur Spoke. Je me lève, et je déclare, tel Gorbatchev : "Il faut cesser de boire immédiatement, sinon ce soir, je vais droit dans le mur". Un mur tombe, à berlin.
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Monsieur Romano a travaillé avec Benjamin Biolay. Se faire passer un savon par sa belle-mère, Catherine Deneuve, ça doit être quelque chose.
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Je m'étais dit : tiens, si je fais trente-trois billets pour ce mois, pourquoi ne pas faire un billet en relation avec une année ? Exemple, ce billet serait celui de mes deux ans.
A deux ans, je suis blond. J'ai une casquette, je ressemble à Brian Jones. J'ai une salopette. J'ai l'air gentil sur la photo. Ma mère aime David Bowie, avec ses joues creuses et sa chevelure péroxydée, c'est le portrait de Ziggy Stardust. Elle est immensément jeune, nous sommes une famille de paysans, je suis quelqu'un d'accidentel. Amnésie originelle. Je suis pour l'avortement, bien sûr, mais mes grands-parents non, donc je suis vivant, actuellement.
Je marche dans un jardin du sud tandis que mes parents divorcent. De temps en temps, ils vont faire la fête, c'est normal, à leur âge, ils sont si jeunes ; il m'a semblé être plus souvent torché qu'eux, à leur identique adolescence. Je suis chez mes grands-parents, mon grand-père est taiseux. Il me regarde avec bienveillance, effacé, je sais qu'il m'adore, il n'a pas de mots. Il me trimballe dans des vignes, la verdure est enivrante, je trébuche alors. Plus tard, il meurt. Une après-midi, tout de même, je suis dans une 4L, avec mon père, il parait que je hurle tout du long, je réclame ma mère. Les jeunes enfants sont viscéralement attachés à leur mère, je m'en rends bien compte maintenant. Pour kéké je suis un superbe figurant, l'empereur des pirates ; mais sa mère tout de même...
Ce matin, dans le métro, je vois un groupe d'enfants qui envahit la rame à la station Havre-Caumartin. Comme si on n'était pas déjà assez nombreux ; dans la rame je veux dire. On les rassemble autour d'une barre, ils s'agrippent, on dirait une grappe de raisins. Les enfants regardent autour d'eux, minus, ce sont des gens tronqués, il mesure la moitié de nous. Ils dévisagent les passagers, et dans la promiscuité du wagon, semblent se blottir comme des pingouins sur la banquise. Ils ne sont pas avantagés à la base. A la station Adulte, on se détend, on a grandit, on est plus obligé d'être piétiné par des gens obèses, on siffle au passages de cadres en jupe, à l'arrière des scooters.
C'est maladif, j'ai de l'empathie pour les enfants. Ils sont heureux, ils ont des beaux manteaux qui les enveloppent, et moi il faudrait que j'arrive, avec mes antibiotiques, mes dents, pour dire : "C'est moi le messie des petits ! Venez à moi, mes chers nains, je vous protégerai contre toute cette foutue adversité ! "... murmures : "Maman, j'ai peur ! "
lundi 1 octobre 2007
Les 33 travaux de Pif et Hercule
Le mois de septembre est terminé. Oh, vous êtes heureux de lire mon blog pour apprendre de telles révélations, mais je ne m'arrêterais pas là : celui d'octobre commence.
Tout ça pour dire que ce mois-là est celui de mes 33 ans. 33 comme la bière, comme Jésus-Christ, comme le docteur, comme le métro (la ligne 33, celle qui j'imagine ouvrira d'ici quelques siècles). J'ai décidé pour fêter ça en attendant la mort de me lancer un super défi, un méga auto-concours, un top combat-contre-soi-même, celui d'écrire 33 billets ce mois d'octobre.
Non, pas 31, ni 32, ni 12, ni -25 (on comprend déjà vu la logorrhée verbale que je déploie ici que je suis prêt à utiliser les artefacts les plus sournois pour parvenir à mes fins)... mais bien 33 articles. Pourquoi ? Parce que.
Parce que lorsque je marche au bord du trottoir, je suis en équilibre à dix mille mètres d'altitude, au bord du ravin de la mort, le seul moyen de m'en sortir est d'atteindre le feu rouge. Quand je vais dans une cave d'immeuble, je sais que lorsque la minuterie parviendra à sa fin, ce n'est pas seulement la lumière qui disparaîtra, mais l'immeuble tout entier avec moi avec.
Si j'échoue dans cette vaste mission, j'aurai droit à une fessée administrée par des majorettes nues. (Non, il faut trouver un autre gage.)
***
Le mal de dent s'est retranché dans une dernière molaire. Acculé, cerné par un groupe d'intervention antibiotiques, il a pris un nerf en otage. Il s'est barricadé, aux abois, il sait qu'il ne s'en sortira pas. L'antalgique essaie de négocier : "Allez, Malo, libère le nerf, il n'y a pas d'autre issue...
- M'en fous ! J'ai plus rien à perdre, je vais tout faire péter !
- Sois raisonnable, si tu sors de cette dent gentiment, on te fera rien, on te mettra juste dans du pipi, et tu pourras rentrer chez toi, dans les cabinets."
Il ne veut rien savoir. Implacable, je regarde dans ma sacoche, et je dis : "Allez, on envoie les médicaments charger..."
Tout ça pour dire que ce mois-là est celui de mes 33 ans. 33 comme la bière, comme Jésus-Christ, comme le docteur, comme le métro (la ligne 33, celle qui j'imagine ouvrira d'ici quelques siècles). J'ai décidé pour fêter ça en attendant la mort de me lancer un super défi, un méga auto-concours, un top combat-contre-soi-même, celui d'écrire 33 billets ce mois d'octobre.
Non, pas 31, ni 32, ni 12, ni -25 (on comprend déjà vu la logorrhée verbale que je déploie ici que je suis prêt à utiliser les artefacts les plus sournois pour parvenir à mes fins)... mais bien 33 articles. Pourquoi ? Parce que.
Parce que lorsque je marche au bord du trottoir, je suis en équilibre à dix mille mètres d'altitude, au bord du ravin de la mort, le seul moyen de m'en sortir est d'atteindre le feu rouge. Quand je vais dans une cave d'immeuble, je sais que lorsque la minuterie parviendra à sa fin, ce n'est pas seulement la lumière qui disparaîtra, mais l'immeuble tout entier avec moi avec.
Si j'échoue dans cette vaste mission, j'aurai droit à une fessée administrée par des majorettes nues. (Non, il faut trouver un autre gage.)
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Le mal de dent s'est retranché dans une dernière molaire. Acculé, cerné par un groupe d'intervention antibiotiques, il a pris un nerf en otage. Il s'est barricadé, aux abois, il sait qu'il ne s'en sortira pas. L'antalgique essaie de négocier : "Allez, Malo, libère le nerf, il n'y a pas d'autre issue...
- M'en fous ! J'ai plus rien à perdre, je vais tout faire péter !
- Sois raisonnable, si tu sors de cette dent gentiment, on te fera rien, on te mettra juste dans du pipi, et tu pourras rentrer chez toi, dans les cabinets."
Il ne veut rien savoir. Implacable, je regarde dans ma sacoche, et je dis : "Allez, on envoie les médicaments charger..."
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