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vendredi 5 octobre 2007

Nestor Burma

Hier, c'était Free Burma, la fête des blogueurs pour libérer Nestor Burma. Je ne savais pas que le commissaire avait fait une bavure, il aura sans doute trop tapé sur des chinois, et il se sera retrouvé au trou. Nan, j'arrête avec mon mauvais esprit. Cette honorable campagne suscite chez moi un vaste débat très intérieur, dans mon esprit pourtant calme comme une église andalouse. Est-ce une grotesque démonstration de blogueurs bien consciencieux, comme on peut le lire chez Christophe Ginistry (l'illusion de la blogosphère), ou bien une salutaire démarche à accomplir sans cynisme, pour une fois ? Sais pas. La requête est toujours en cours d'exécution dans mon moteur de recherche interne (c'est vendredi, c'est permis).

Je parle de ça, car E. m'a raconté hier de sordides histoires de chinois sans papier malmenés par des Nestor Burma, dans le XIXème arrondissement, histoires ordinaires pas vues à la télé, ce qui rend bien amère la transpiration sur ma chemise. Comme on peut le lire chez Eolas, l'obsession des sans-papiers est telle qu'on en néglige les voleurs de scooters et autres fauteurs de troubles.

"Les magistrats de permanence sont eux aussi excédés et nous demandent parfois ironiquement si nous sommes encore intéressés par arrêter de vrais délinquants..."

Il faudrait que je prenne le temps de raconter en détail comment mon petit frère, jeune stagiaire flic, perd toutes ses illusions face à cette culture du résultat, cet amour du chiffre pour qu'on se dise que ça dépiaute, à l'intérieur. Le chiffre ! Remplir les colonnes, atteindre les quotas, aller au plus efficace, négliger un peu l'allambiqué qui prend du temps au profit du délit rentable, accomplir ses PV quotidiens, taxer rapidos quelques vieux qui dépassent la ligne blanche, pour - O gloire - sortir de bonnes statistiques.

(edit : à lire sur Vive Le Feu : Soudain, une infamie. Rho !


***

Jésus lit tranquillement son journal à la terrasse du café, en compagnie de son ami Pilate. Il soupire en lisant les nouvelles du jour. S'adressant au préfet de Judée : "Et toi, ça t'es déjà arrivé de faire arrêter des bonzes, Pilate ?"

samedi 15 septembre 2007

Partir en courant, alternatif

Retour du square, avec kéké. Il a ri comme s'il était ivre, titubé, il s'est cogné partout. J'ai du le porter tout le retour, tout mou ; il a vidé toute sa batterie en courant comme un dératé autour de la cabane. Il va falloir que je le recharge avec une bonne sieste.

Lisant mes deux derniers billets, E. m'a demandé si j'étais devenu fou. Il y avait de la peur dans ses yeux : "mon mari est devenu fou. Il a pété les plombs. Il blogue n'importe quoi. Il déblogue".  Adieu lecteurs. Adieu lectrices. Vêtement de fourrures reçus gratuitement pour les tester, téléphones amphibies, chapelets USB, chaussettes auto-chauffantes, casquettes à panneau solaire.

Mais non, je ne suis pas devenu fou. Si vous n'avez pas compris mes deux derniers billets, je m'excuse de vous avoir fait perdre votre temps. J'imagine votre irritation. Je comprends votre grand courroux.

vendredi 14 septembre 2007

La secte du temple planétaire reste sur place

Cela fait bientôt deux semaines que les membres du "Temple planétaire" occupent l'ancienne fabrique de chaussettes, située dans la banlieue de Montargieux (23). Leur chef spirituel, Oscar Magdanne, réincarnation selon lui d'une abeille de l'espace, a déclaré vouloir bâtir "la ruche du XXXème siècle" dans ce qui fut un des secteurs les plus prospères de la région Montargieuse.

Pour contrecarrer cette occupation ilégale, et face au mécontentement des riverains, le préfet de police est bien déterminé à passer la vitesse supérieure. Ayant fait le déplacement, il a pris lui même le porte voix et s'est s'adressé au responsable de la secte avec la plus grande fermeté :

"Il est temps de lever le camp, Gourou !"


I beg your pardon - Glenn Miller

free music

Un nouveau souffle pour l'agglomération de Kourou (Guyane)

Après Lyon et Paris, c'est au tour d'une nouvelle ville française de se pencher sur l'espace de son agglomération. En effet, la ville de Kourou (Guyane) compterait mettre en route un projet de communauté urbaine pour synchroniser les différentes synergies de la région.

Ce projet ambitieux, toujours en cours de budgétisation, se heurte cependant à l'opposition farouche des indépendantistes : Oscar Magdanne, membre de la branche politique du mouvement séparatiste guyanais, a été très clair là dessus : "On est prêt à dynamiter toute la région, s'il le faut".

Nous conviendrons ensemble qu'il serait dommage de voir sauter le Grand-Kourou.


I beg your pardon - Tom Waits and Crystal Gyale

free music

vendredi 10 août 2007

Critique : Le premier cri


Bon, je m'étais dit quand j'ai commencé ce blog : "Ouaw, j'ai des super idées web 1.0, je vais faire des critiques de film que je n'ai pas vus, juste d'après l'affiche. Oh mais quelle contrainte amusante, on va s'amuser.", avant d'abandonner peu après cette série saugrenue, me disant que la vie est trop courte pour me commettre dans ce genre de billet*.

Malheureusement, ce matin, dans le métro, j'ai vu une affiche et j'ai replongé...

Le Premier cri

Réalisateur : Gilles de Maistres

Sortie : 31 Octobre 2007

Tags : enceinte (voir sur allociné).

Vu : non.

Slogan : "Notre histoire à tous".

Slogan alternatif :
- "On nait qu'une maman".
- "On n'est pas des pingouins".
- "On n'est pas des bousiers".

Le premier cri se situe dans la collection "Planète", dans la lignée "Documentaire en famille". Après "Microcosmos", le "Peuple Migrateur", la "Marche de l'empereur", on voit retracée ici la plus belle des aventures, celle de la vie. Gilles de Maistres a suivi pendant trois ans une dizaine de femmes enceintes sur le point d'accoucher, dans leur intimité, en avion ou en train de faire le ménage. Sur une musique relaxante signée Eric Serra et Vangelis, on assiste ébahi au spectacle mystérieux et merveilleux de la venue au monde, avec des images au ralentis, et des gros ventres filmés à contrejour. Des scènes incroyables et peu montrées ont été fixées sur la pellicule : celle de la femme enceinte prise dans une marrée noire, celle qui dévore son partenaire après l'acte ou une autre qui pousse une énorme boule d'excrément dans la forêt.

Le film est divisé en plusieurs parties, retraçant en détail chaque étape qui nous conduit au monde. La première partie, la conception, dure trois-quarts d'heure ; on découvre sans détour le difficile processus de la fécondation, ou comment on peut se fourvoyer avec des techniques qui ne marchent pas, comme en témoignent les nombreux protagonistes, avant de trouver celles qui fonctionnent. Le doute des parents est palpable. Jennifer : "Mais qui sera le père parmi tous ces gens ?", ou bien : "Rico, mais quel gaspillage !"

La deuxième partie, plus technique, moins divertissante mais tout aussi merveilleuse, est consacrée à l'évolution de l'enfant dans le ventre de la mère. Celle-ci est équipée de 25 caméras à infrarouge, fabriquées par des américains de la NASA, dont une munie d'un objectif d'un mètre capable de prendre 5000 images à la seconde. Cette technologie de pointe, habituellement utilisée dans la construction des ponts, permet d'obtenir des ralentis époustouflants du foetus en train de dormir. Vu la lourdeur de l'équipement, certaines scènes ont été reconstituées en studio, comme celle des cabinets où la future maman se rend toutes les vingt minutes.

C'est dans la dernière partie du film, la plus poignante, qu'on assiste à la naissance de l'enfant, par césarienne hélas, mais ce sont des choses qui arrivent, et on ne rend jamais assez hommage aux obstétriciens qui font un travail formidable, à l'hôpital qui est - comme Nicolas Sarkozy le dit si bien - le lieu de tous les malheurs, mais de tous les bonheurs aussi. Les cinéphiles apprécieront la scène de l'attente à la maternité : l'oeil exercé du critique reconnaitra à la vue de ces nombreuses femmes enceintes qui se déplacent en canard dans la minuscule salle d'attente blanche une habile citation de la "Marche de l'empereur".

A noter qu'une suite est prévue dans la même série, "le Dernier Cri", consacrée aux personnes âgées, tout aussi émouvante, on l'espère.

* je dois quand même dire que ma critique de "Shooter" a attiré sur ce blog deux ou trois égarés qui voulaient en savoir plus sur ce film. Ils n'ont pas dû être déçus !

lundi 9 juillet 2007

Ponce, Pilate (3), en latin, qui plus est

Pilate et Jésus prennent le frais en écoutant la radio, dans la nouvelle Domus de Ponce.
 - Alors Ponce, fait Jésus, que fais-tu demain matin ?
 - Eh bien je vais écouter la messe, il la passe en V.O. non sous-titrée dans mon village !
 - Ah quelle histoire ! D'ailleurs dans cet article, étrange coincidence, tu trouveras un nom dont on a parlé dans un précédent billet : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-933310,0.html?xtor=RSS-3208
 - Ah bon ? Mais de qui s'agit-il ?
 - Mais de Bernard Pons, Pilate !

Ponce, Pilate (2)

Ne manquez pas le premier épisode avant de lire ce billet : http://balmeyer.blogspot.com/2007/07/ponce-pilate.html

Ce matin, je suis décidément de bonne humeur, tout à la joie de travailler sous le ciel gris de juillet, je vous donne des nouvelles de mes deux héros du moment, Ponce et Jésus.

Jésus rend visite à son ami Pilate, le dimanche soir. Ce dernier a bossé dur tout le week-end sur la nouvelle Domus, il est fier comme Artaban, il fait visiter son jardin :
 - Regarde, Jésus, tu as vu ces beaux rosiers ! Ils sont splendides, n'est-ce pas ?
 - Oui, pas mal, mais toutes ces épines, ça doit faire mal quand on s'y frotte, et je sais de quoi je parle...
 - Mais alors, que dois-je faire pour améliorer l'aspect de mon jardin ?
 - Tu devrais commencer par enlever les ronces, Pilate.

Jésus et Pilate vont au Hammam pour se détendre un peu, après un long week-end passé à travailler sur leur Domus. Ils se délassent dans les vapeurs brûlantes des bains, lorsque Pilate sent des callosités sur ses pieds et son coude :
 - Quelle plaie ces callosités, Jésus, je ne sais comment en venir à bout !
 - Ce qui te faudrait, répond Jésus, c'est un bon exfoliant.
 - Ah merci encore pour ton bon conseil, mais où pourrais-je en trouver un ?
 - Ne t'inquiètes pas, je vais te prêter ma pierre-ponce, Pilate.

[VARIATION]
 - Merci bien Jésus, mais comment marche cet exfoliant ?
 - Tu poses la pierre sur ta callosité, et après, tu ponces, Pilate !

Pilate appelle son ami Jésus car il veut organiser la pendaison de crémaillère de sa nouvelle Domus.
 - Je dois apporter quelque chose, demande Jésus ?
 - Oui, apporte du vin, si tu veux. Sinon, j'ai l'eau courante, tu pourras toujours faire le change sur place.
 - Et je peux inviter des potes ?
 - Oui sans problème, les amis de mes amis sont aussi mes amis.
 - Ok, j'en parlerai à Pierre, Ponce.

Jésus, Pilate et ses amis jouent au Trivail Pursuit.
 - Allez Pilate, question orange ! Qui a été le ministre de l'Équipement, du Logement, des Transports et du Tourisme sous le gouvernement d'Alain Juppé en 1995 ?
 - Ah flûte j'en sais rien, j'aurai jamais le camembert orange, j'en ai marre... Je passe.
 - Mais c'est pourtant simple répond Jésus, il s'agit de Bernard Pons, Pilate !

Ponce, Pilate

Faits marquants de mon week-end : j'ai mangé trois kebabs. C'est le STO : Salade Tomate Oignon. J'ai poncé tant de murs ces deux jours, j'ai l'impression d'avoir creusé un tunnel, comme dans la Grande Evasion. Mes bras ont doublé de volume, je peux danser la Musclada sans problème :

J'ai tant poncé de murs que dimanche soir, lorsqu'elle m'a demandé de lui passer de la crème à paillettes sur le dos, j'avais l'impression de poncer mon épouse.

Ça m'inspire une blague, complètement dévoyée par le titre de mon billet, mais tant pis : C'est l'histoire de Pilate, le célèbre préfet romain de Judée, qui dit à Jésus :
- Jésus, j'aimerais bien refaire la peinture de ma Domus, mais les murs sont remplis de petits trous, que faire pour lisser ?
- Il te faut faire de l'enduit, l'étaler sur les parties hétérogènes avec une spatula bien plate.
- Mais après, qu'est-ce que je fais ?
- Et bien, tu ponces, Pilate.

Que c'est bon de rire parfois ! Allez, j'ai mal au genou à force de rire, ou bien.

Cela m'inspire d'ailleurs une autre plaisanterie, que je ne peux résister à l'envie de la partager avec vous :

Pilate va voir Jésus le lundi matin, après son week-end fatiguant :
- Rah, Jésus, je suis crevé, une vraie loque. J'ai bossé tout le week-end à faire ma nouvelle Domus, mais je vois que je ne tiens pas la forme. Que faire pour améliorer mon rendement musculaire ?
- Tu devrais sérieusement envisager la méthode Pilates, Ponce.

Je me roule par terre de rire, parmi les câbles de mon ordinateur, au travail, l'hilarité est telle que je me poste à la fenêtre pour uriner sur les gens, et mes collègues se demandent si je contribue réellement à l'expansion de l'entreprise ou plutôt à l'inanité des weblogs sur la toile mondiale.

Jésus est paniqué, car sa femme, Maria-Magdalena va bientôt accoucher. Soudain, au carrefour, alors qu'il se dirige vers l'arrêt de bus, il croise Pilate ! Quelle aubaine !
- Hey, Pilate, tu me vois dans l'embarras, mais il faudrait aller à la maternité dans les plus brefs délais ! Ma femme a perdu les eaux, et pas question de marcher dessus.
- Okay Jésus, monte à l'arrière avec Maria, on y va.
- Allez, Fonce Pilate.

Maintenant, quelque chose de complètement différent : pour découvrir une interview exclusive d'Al Gore nu sur un cheval orange, il faut cliquer ici : http://balmeyer.miniville.fr/

(oui je sais, c'est crapuleux comme procédé pour attirer des visites sur ce jeu stupide, mais que voulez-vous, j'ai tant poncé ce week-end...)

vendredi 20 avril 2007

Critique : Shooter



Vu : non.

Slogan : "Hier, c'était pour l'honneur, aujourd'hui, c'est pour la justice."

Depuis la naissance de mon fils Zacharie, je ne vais plus trop au cinéma, mais je prends toujours le métro. De là m'est venue l'idée de faire - également - la critique de films que je ne voyais pas, rien qu'à l'affiche. Attention, pas d'esbrouffe : pas question de pomper une chronique quelque part, ou de raconter un résumé version neutre (quoique, pourquoi pas essayer un jour), non, faire une critique, juste avec la publicité en tête.

Les publicitaires de films sont sympa, en général, grâce à leurs longues études, on peut savoir très rapidement s'il va s'agir de poilade (un mec avec la bouche grande ouverte, les yeux exorbités, des couleurs, des enfants et des chiens) ; d'un film d'amour romantique (un couple enlassé dans un décor d'avions, de typhon et de destructions, et une phrase : "l'amour c'est oser le sentiment de ne jamais oublier") ; un film d'action (un mec dans un décor sombre, avec des immeubles gris et verts qui dépassent, le front soucieux comme un professeur de biologie, avec le slogan : "il n'en restera qu'un avant la mort malgré la vengence).

"Shooter", avec Marc Wahlberg, appartient à la troisième catégorie. Vu de dos, sur l'affiche, il a de grosses omoplates, et un fusil très sophistiqué, avec des viseurs et des gachettes de partout, qui aurait fait baver d'envie le moutard que je fus. Des immeubles dépassent, au loin sur l'affiche. Il porte un T-Shirt, signe que ça va être sportif et moite.

Le slogan surtout. Jeremy MacEnzie, un tireur d'élite des marines(shooter ou sniper si on veut) est un tireur d'élite, engagé chez les marines. Sa mission était de tuer des gens, de loin, avec son viseur, mais ça c'était avant. Mais les choses ont changé : notez l'opposition "Hier - Aujourd'hui" du slogan. Tout récit est une métamorphose, c'est bien connu (par exemple : la Métamorphose, de Kafka), et ce film ne fait pas exception.

Suite à une entourloupe, Jeremy MacEnzie se retrouve seul face à ses anciens employeurs, et face à son nouvel ennemi, l'infame Jihad Joe, le méchant de base qui, a tué son meilleur ami : Robbie. Comme tous les homosexuels, ce dernier meurt au bout de vingt minutes. C'est dommage car il est très sympathique, et en plus Mark Wahlberg n'est pas homophobe, bien que tireur d'élite.

Dans la ville (les immeubles qui dépassent), il va donc traquer son ennemi, Jihad Joe, lui aussi tireur d'élite en provenance d'un pays non identifié, quelque part entre l'Espagne et l'Australie. Ils vont pas mal courrir, dans les rues sombres de la ville, et renverser des pauvres marchands de légume.

Bref, on passe un bon moment, même si comme moi, on n'y va pas.

La lanterne magique

Quand l'étincelle a disparu, dans cette lanterne magique qu'est la tête, le film du monde est laid. On regarde le soleil qui s'y...