lundi 20 octobre 2008

Vendanges (3/3)

Vers dix heures, nous étions semblables à ces camions bardés de nitroglycérine que l’on voit dans le “Salaire de la Peur”, sauf qu’à l’inverse, c’était en cessant de bouger que nous risquions d’exploser.

A certaines tables se prenaient des décisions capitales pour l’avenir du monde. Les poings solidement posés sur la toile cirée, on s’exclamait énergiquement : y’en a marre ! Et on égrenait sans relâche les harassements quotidiens de la nation : les bureaucrates, les institutrices, les chômeurs, les paresseux, les riches, les jeunes, les américains, les pauvres, les plombiers, les américains ; d’un moment à l’autre des hordes de vendangeurs risquaient de surgir furieusement des vignes, d’envahir l’Assemblée Nationale armés de sécateurs ou de serpettes. Responsable, on se servait à boire pour garder son calme, et terminer au moins la récolte. Ailleurs, les révolutions étaient plus pacifiques. D’autres regrettaient amèrement qu’on ne préférât pas la paix à la guerre. Ils secouaient la tête, affligés par le monde comme par un enfant capricieux. Tristes de leur précoce sagesse, ils trouvaient que c’était cher payé, cette lucidité, qui les privait du bonheur d’être des imbéciles, et ils traînaient courageusement leur clairvoyance comme une malédiction.

Manu, dans son coin, écoutait, légèrement vague, un œil dans l’oreille, l’autre sur le menton, il acquiesçait, secouait parfois la tête, et ce mouvement le mettait en péril, il le regrettait aussitôt ; puis voulant s’assurer, il s’ancrait à la table au moyen d’un coude qui glissait aussitôt en dessous, on lui disait tiens, sers nous donc un coup Manu, ne perds pas la main, il la tendait vers la bouteille, attrapait l’image de la bouteille qui apparaissait à côté de la tangible, puis méditant sur cet échec il ramenait sa main pour soutenir son menton, exécutant une caricature outrée de l’homme sobre. Puis il posa son coude sur le bord de la table, traîtresse table qui glissa au dessus du coude ; par diversion, il tendit de nouveau la main vers la bouteille, atteint enfin la véritable bouteille, mais renversa des verres au passage, et une bouteille d’eau, il fut surpris, mais elle était transparente. Il proposa à boire à son voisin, en versa une rasade dans son assiette, une dans la salière, une dans le cendrier. Hésita, puis s’y remit méthodiquement, remplit encore le double du verre, tandis que le vrai verre demeurait vide, et tel Platon affligé par les mythes des casernes, non, des cavernes, il but un peu au goulot, et planta la bouteille dans le cendrier, avec un geste définitif de commissaire-priseur.

La soirée passa.
La troupe des vendangeurs s’étaient éclaircie au feu du canon, et il ne restaient que les valeureux à chasser du bout du doigt les miettes de pain répandues sur la table. Après les conversations, on avait chanté, puis ce fut le moment des déclarations profondes, des marques d’amitiés sincères. Chaleureusement, on se mettait des tartes dans la gueule. Toi je t’aime. C’est beau la vie. On est pas bien là ? Je suis vraiment fier de vous connaître tous. On fait vraiment une bonne équipe. Et on portait un toast à l’amitié, la liberté, l’infini.
Quelques saisonniers s’excusaient déjà, se retiraient dignement, pour retrouver leur unité perdue dans la campagne déserte. Quelques uns sortaient dans la nuit faire une pause, et au spectacle de la lune se lançaient dans des spéculations astronomiques et métaphysiques, fascinés, presque flattés, de leur folle petitesse devant la grandeur des choses. Puis ils pissaient romantiquement, surplombant un fossé comme le dandy sur sa falaise.

Tout à coup, ce fut une exclamation de stupeur : il n’y avait plus rien à boire. Les cadavres de bouteille se dressaient sur toutes les tables, violet mausolée autour des jeux de cartes et des cendriers ; tout était rincé, le vin, l’alcool à brûler, le white spirit, le mercurochrome, le désinfectant ; des malheureux se prenaient le visage et gémissaient, on regardait à travers les bouteilles vides comme dans des longues vues, à la recherche des lointaines îles Pinards, on essorait les torchons qui avaient servi à éponger les tables ; on ouvrait les placards, déplaçait les meubles, soulevait les napperons, fouillait dans les poches. Soudain, une sorte de Danton se dressa sur sa chaise. Il écarta les bras, la bouche tordue, les poings serrés, le regard dément, il clama sous sa perruque : de l’audace ! Toujours de l’audace ! Encore de l’audace ! La fille du patron ! Et il tendit l’index d’un geste tragique en sa direction. Et tous les regards se tournèrent plus ou moins vers elle, avec une précision floue vue l’heure, certains tombèrent, étourdis par un tel mouvement. La fille du patron ! Et la clameur redoubla. La fille du patron gloussait, et tous l’imploraient, à genoux, la suppliaient, nouvelle Jeanne d’Arc des inondés, madonne des pochetrons. Elle se leva, et tituba, les autres se levèrent et titubèrent, et de la poche de son blouson sortit les clefs de la cave qui tintinnabulèrent comme une flûte enchantée.

Des hourras firent vibrer les murs. On se serrait dans les bras, il y avait des scènes de liesses, d’incroyables élans de fraternisation, l’armistice d’avec la sécheresse était signée. Pétrole ! Dallas ! Elle sortit dans le jardin, suivie de son bataillon en désordre, chantant à tue-tête : Fanchon, quoique bonne chrétienne, fut baptisée avec du vin, un bourguignon fut son parrain, une bretonne sa marraine… La brigade dévalait tandis que certains sifflaient : chut ! inquiets des clameurs sous les fenêtres des vignerons.

Les portes de la cave s’ouvrirent. L’air confiné s’échappa des lieux, une odeur de moisi et de terre humide nous arrêta net. On entra lentement, impressionné, le silence retrouvé dans l’obscur souterrain à l’écho sépulcral. L’émotion était vive, les gorges serrées, il semblait à certains qu’on découvrait un tombeau de pharaon, qu’on profanait une crypte sacrée ; des dizaines de tonneaux, farouches géants de bois, sarcophages debout des dieux cachés, s’élevaient, à perte de vue, ce qui était aisé vu qu’il faisait noir. L’un de nous ouvrit un robinet, le vin coula, d’un jet puissant, fourni, qui semblait ne jamais pouvoir s’arrêter. On en but. On recommença. La soirée venait de renaître de ses cendres. On remplit de nombreuses bouteilles, qui tintèrent au retour dans le panier métallique tandis que les hirsutes et les originaux s’exclamaient en trébuchant au moindre pissenlit : voici le marchand de lait !

J’errais longtemps dans la nature, il semblait que le monde au volant d’une voiture faisait des tonneaux interminables dans des ravins lumineux. J’embrassai un arbre, cueillis une fleur, pissai dans un fourré, m’apercevant trop tard qu’il y séjournait un collègue non identifié. Au loin, dans des enclos, des terrains, un cheval hennissait, quelques individus titubaient au hasard, vomissaient et tombaient inertes, dans un trou, un arbuste, un puits, des géraniums. Quand je m’arrêtais, le monde tremblait, les objets se répétaient devant moi dans un film très saccadé, une lanterne magique hystérique ; il était impossible de se déplacer, on tombait juste d’un endroit à l’autre, se projetant plus loin pour se mouvoir.

J’étais seul, puis rien, puis j’étais de nouveau parmi eux. Hommes, animaux émouvants ; on se répandait, c’était percé de toute part, ça jaillissait de partout ; on se faisait des déclarations et des serments. Certains vomissaient ayant perdu tout entrain, tandis que le compagnon, le collègue, l’ami, le congénère torché, l’épaulait, l’accompagnait. Socrate du renvoi, sage-femme du dégueuli, penché avec empathie sur le malheureux ; vas-y, disait-il, ne t’inquiète pas, ça arrive à tout le monde tu sais, on est tous des frères pour la vie ; merci tu sais, ce que tu as fait là, je ne l’oublierai jamais, pour toute la vie entière, et ce jusqu’à la mort, je ne l’oublierai jamais que tu as été là quand j’étais malade comme un chien ; bah, c’est tout naturel, tu aurais fait ça pour moi, la même chose. Et l’autre faisait la même chose, aussitôt.
Manu, face aux étoiles, invoquait l’étanchéité ultime, la mobilisation générale de son être, et il chantait du vide, et fier, triomphant, parti, laminé, sans souvenir, sans mélancolie, il se tenait droit, immortel, face aux puissances du cosmos, lui, plus peuplé que la lune, avant de céder, de plier, de se recroqueviller près d’un buisson. Il appelait ça « poser un renard », petit visage d’un animal orange dans les prés verdoyants.
S’allumer des cigarettes à l’envers, brûler le filtre orange, s’étonner. Voir des soucoupes volantes. Entendre quelqu’un ânonner une confiture de mots sans langage, partir plus loin. Croiser un inconnu, l’oublier aussitôt, oublier de l’oublier, c’est à dire s’en souvenir, lui parler, lui déjà disparu.

Soudain, ce ne fut plus possible. Les êtres du vin mettaient à sac mon organisme, ma conscience, anéantie derrière sa ligne Maginot, capitulait ; j’étais possédé ; j’en appelai à l’exorcisme de mes doigts. J’introduisis l’index et le majeur au fond de la gorge, comme on fait charger la troupe, acculé, j’envoyai la charge contre la chienlit ; pétrole ! Mais à l’envers, je rendis le vin emprunté tel mes livres de bibliothèque. Et je restais de longues heures dans cette attitude, la garde mourant mais ne se rendant pas, moi rendant beaucoup, et une fois vide tel une morne plaine, je fus rincé des choses matérielles. C’était une belle victoire du rien contre le mal.

Plus tard, les arbres courraient autour de moi. Ça ne s’arrêtait jamais. Je cherchais un endroit où je ne serais pas, où l’on m’épargnerait ma présence. Je piétinai un vendangeur, et comme c’est parfois le cas dans l’ivresse extrême, nous nous excusâmes avec obséquiosité ; oh, désolé, dis-je en tombant, il n’en est rien, je vous en prie, répondit l’inconnu le visage dans feu son repas. Puis je sombra, ou je sombris, enfin, je sombrai, Titanic de moi même, capitaine à ma barre. Des faunes jouait de la flûte de pan, dans les bosquets de la nuit. Des centaines de fourmis fomentaient une révolution. Je décidai, étalé dans l’herbe tendre, excédé par la cacophonie du calme nocturne, de ne pas me relever tout de suite, je m’accordai une minute sabbatique. Le jour commençait à se lever. Quelques lapins blancs merveilleux vinrent me renifler les narines. C’était le silence, un silence orchestral. Me tournant vers le ciel, j’eus une révélation. Il fallait enfin le construire, ce monde idéal, où chaque chose n’était que légèreté, luxe, calme et volupté. Des larmes aux yeux, je commençai à prier, je déclarai hors la loi toute forme d’ivresse, je militais pour d’intransigeantes prohibitions, j’improvisai un hymne aux sources limpides de la montagne où s’abreuvent les nymphes, je déclarai venu le royaume de la paix et de l’harmonie où les enfants magnifiques font de la harpe. La Sainte Vierge m’apparut, elle avait cet air narquois que je lui connaissais, elle enjamba Manu qui ronflait, épave engloutie dans les trèfles. Elle me demanda si j’étais enfin prêt, avec son éclat de lait et sa couronne d’or, si je renonçais à ma vie sans but et sans lumière. Elle me regardait, spectre indulgent, moi ayant bu des milliers de vins démoniaques, elle me regardait comme s’il y avait, pour tous, les faibles, les minables, les nuls, les fous, les terrassés, les idiots, les torchés, de l’amour et de la bienveillance, intarissable, comme le vin dans les tonneaux de la cave. Le ventre labouré, est-ce que j’étais prêt à renoncer à tout ; je répondis bien sûr que oui. On a tous droit à une cinq-centième chance.

Toujours ballotté par le ciel, le sol se dérobant comme si je tournais dans une machine à laver, je rampai près de Manu. Je le secouai ; il dit quoi qu’est-ce qui se passe ; ne restons pas là, allons nous coucher, pour de bon. Puis, clochards siamois, animal à quatre jambes, nous regagnâmes le dortoir. Je le bordais, lui, balbutiant son incohérente gratitude, carcasse puante au pantalon solide. Puis je m’allongeai. Enfin. Le dortoir faisait toujours le grand huit, tombant dans l’espace, et je murmurai, pour moi, pour les autres, pour la joie : bonne nuit les petits. Je fermai les yeux, me tournai, ramenai le coussin froid contre mon visage, et me blottis dans les couvertures délicieusement rêches, et alors la sonnerie du réveil hurla dans toute la pièce ; une nouvelle journée de vendange commençait.

FIN


Boomp3.com

28 commentaires:

  1. Atroce chute d'une vertigineuse nuit.
    Et comme j'ai eu peur un instant pour la fille du patron...
    Ouf.

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  2. <Apocalypse now, à côté de ça, c'est Bonne nuit les petits !

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  3. argggghh à moi les murs la terre m'abandonne,les murs volent rien qu'à te lire, j'ai du lire trop vite, je suis (pompette)complétement cuite !

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  4. Ah la vache de murge !
    Sainte Madonne des réveils difficiles, d.ieu des cachets d'aspirine venez nous en aide !
    :-))))

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  5. Bon, en même temps, une faute d'orthographe ou deux parmi le déluge de mots, on s'en cire le noeud.

    C'était magnifique, voilà. C'était grand, c'était anti-blog, c'était beau ; c'était les cercles infernaux au pays de la vinasse, Manu en Virgile rincé ou toi, je sais même plus tant le vin m'a niqué les neurones, en t'entendant dégueuler, j'ai eu mal au ventre, j'ai senti la bile qui racle les parois de l'estomac, et j'ai ressenti le malaise du coucher, quand rien ne s'arrête, tout continue, jamais rien ne s'apaise...et puis le réveil qui est une torture.

    Bravo !
    Inconditionnellement bravo !!!

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  6. Pour le côté réaliste de l'affaire, je ne peux évidemment rien dire, n'étant pas expert en ces domaines.

    Laul.

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  7. Je suis sur le cul sans avoir bu une goutte, saoûle de tes mots et de tes images! Quel élan, quel lyrisme! Bravo, vraiment!!

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  8. @mots d'elle : on est toujours sur le cul ici...
    @balmeyer : alterner entre nausées et gloussements de rire, voilà ce que j'ai fait tout au long de cette lecture. J'ai eu la bonne idée d'avaler un cassoulet avant de lire tes histoires de renard. On ne m'y reprendra plus. (Penser à lire Balmeyer quand le cassoulet mijote)
    Bravo !

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  9. je comprends que tu te sois converti à l'abstinence ! et que depuis tu ne vives que dans la douce lueur de la paternité, éclairée de virginité familiale (ô Marie, toi qui viens d'accueillir notre soeur Emmanuelle en ton sein prie pour nous pauvres vendangeurs...)

    Euh... ai-je dit une c... ? J'arrive pas à croire que t'aies vécu ça à ce point-là : y a pas à dire t'es un poète.

    Ben, à un moment j'ai eu peur... j'ai cru que tous allaient violer la fille du tenancier. Ouf ! on n'a violé que les bouteilles.

    Quel talent ! c'est la tisane qui te fait cet effet-là ?

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  10. Ces quoi ce blog où le taulier raconte les cuites de ses copains ?

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  11. OUh la la, je n'en peut plus, moi qui rend mon âme dès à la moindre odeur de sirupeux, spiritueux, vineux...Je n'ai JAMAIS fait les vendanges à cause de ça...
    Tu n'aurais pas une histoire de Vichy -Celestin par hasard ???

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  12. récolter les olives, c'est moins dangereux (encore que, l'huile sur les tartines du matin...)

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  13. Pas le temps de tout lire mais BON ANNIVERSAIRE mon chabichou !

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  14. Je te souhaite un joyeux beurre de tofou :o)

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  15. Je chante faux
    Mais c'est sincère
    Bon anniversaire
    Balmeyer

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  16. Bon anniversaire XX
    J'ai lu, j'aime bien. Ça m'a donné une de ces gueules de bois ! À moins que ce ne soit le vin bu hier soir...

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  17. C'est ton anniversaire ?? Alors en ce cas, bon anniversaire...happy birthday ....
    Les carottes sont cuites je crois...

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  18. Ah bon ton anniversaire? tel celui de mon homme hier?
    A la tienne!
    Sinon, les instits et les sages femmes, la vierge te la fille du patron?
    A la leur!;-)

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  19. Bin c'est reparti pour un tour : champagne, vin rouge, cidre, bière et gros gâteau au chocolat. Bon anniversaire !!!

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  20. laule pour tout le monde, et merci !

    A tout de suite, pour d'éventuelles réponses... !

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  21. oh !! et bien bon anniv M'sieur ! que l'année entière vous soit douce et légère et que l'an fini nous soyons tous réunis ! prosit ! à la tienne étienne :)

    quoi ? nan j'ai toujours pas décuitée, en fait les vapeurs de ce blog devraient être prohibées !

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  22. Votre billet m'a régalé, j'aime beaucoup cette démesure. Bravo ! Mais il m'a aussi réveillé un vieux cauchemar de vendanges dans les reins. Et, puisque je viens de l'apprendre : bon anniversaire!

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  23. bonjour ! bouh !!! je suis le fantôme de balmeyer, j'entends une voix dans la nuit qui dit : "balmi, va répondre à tes com's que tes lecteurs z'ont lâchés !"

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  24. Bon, revenons au billet : j'ai été très amusé de vos frayeurs concernant la "fille du patron". Franchement, je n'y aurais jamais pensé !

    C'est sans doute que...

    [allez, soyons pédant, que diable, c'est la fête, et c'était mon anniversaire hier, maintenant je suis vieux et croulant, comme Jacques Croulant, le mec de la caméra cachée]

    ...comme disait Shakespeare dans MacBeth : "Alcohol provokes the desire but takes away the performance"...

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  25. Balmeyer, tu devrais aller commenter chez Quiloucol, ici, c'est un blog sérieux.

    Bravo pour ta série !

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