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Articles

Affichage des articles du novembre, 2007

Point de vue numéro un : le voleur (1/3)

Un homme dans un costume raide et noir, très élégant, sort d'un bel immeuble. A sa main, il porte deux grandes valises. Ce sont deux lourds bagages, identiques, massifs, sombres, au plastique brillant comme deux blocs de quartz. Il longe la rue d'un pas pressé, les jambes martelées par son symétrique chargement. Le voleur devine l'inconnu, de loin, il voit son teint blanc, et se représente la fortune qui l'étouffe sans doute, les billets de banque, innombrables, rembourrant les coussins et les édredons, les grosses coupures sales d'avoir navigué dans une multitude de mains.

Sans doute un voyage vers la Suisse au bout de ces pas si pressés ? Un discret bureau de banquier, des coffres forts ? Comptes Offshore ? L'homme en noir, au costume raide, avec ses mallettes et ses souliers trop neufs qui font un bruit de porte, se dépêche.

Le voleur s'approche. Le convoyeur devant lui est vêtu comme un lord étriqué ; ces hommes d'affaires ressemblent à des croque-mor…

Le clou, le marteau

...et maintenant quelque chose de complètement différent.

Pour faire une transition, après ces billets sur mon kéké plus longs qu'un feuilleton de l'été de TF1 (Le Zolmen : une saga trépidante où un industriel corse du biscuit breton se fait assassiner par un druide communiste, tandis que sa fille aînée, mannequin chez Wonderbra et ex-agent de la police scientifique de New York, mène l'enquête dans un bikini paranormal.), voici donc un bon vieux billet du vendredi soir où il fait déjà nuit, mais j'avais qu'à naître en Australie si je suis pas content.

Il y a deux types de gens : les premiers trouvent des clous, et se demandent comment faire pour les planter dans le mur. Alors ils se disent : "Tiens ! On va inventer le marteau, ça sera pratique !"

La seconde catégorie comprend les gens qui inventent le marteau et se disent : "Ben c'est bien joli, on est bien ingénieux, mais qu'est-ce qu'on va pouvoir en faire ?" Ils répondent alors : &qu…

Poli 2.0 : Kéké (3)

Ca commence beaucoup ici, et un peu par là.

La maternité était à un quart d'heure à pied, nous avons pris la valise noire et entamé notre périple. Le matin se dressait lentement, métallique, comme une lame à cran d'arrêt découpant la brume. C'était un quart d'heure à pied, mais pas pour quelqu'un qui accouche, en fait. Quelle idée avions-nous, impossible de marcher plus de deux pas sans s'asseoir par terre. J'ai dit très diplomatiquement : s'il te plaît, tu ne vas tout de même pas accoucher sur le trottoir ? La neige s'est mise à tomber. Il ne manquait plus que les loups.

Parfois nous croisions des passants, qui accéléraient leur marche avec horreur comme s'ils avaient croisés les monstres des égouts. E. me disait de temps en temps : " tu es vraiment un connard ". Arrivés à la maternité, j'ai dit un truc débile du style " C'est pour un accouchement, s'il vous plait ", tandis que mon épouse se traînait par terre, imp…

Poli 2.0 : Kéké (2)

C'est ici que ça commence.

La première échographie a été pour nous bien plus tôt que prévu, le médecin avait craint une grossesse extra-utérine, la créature qui pousse au mauvais endroit et qui fait le coup de l'" alien " à la future mère. Tout de suite, nous nous sommes crus poissards, persuadés que le destin se vengeait des petites fourmis mises au congélateur de notre enfance, mais l'obstétricienne a dit : " tout va bien ", polichinelle est bien dans le tiroir, et pas dans le vide-ordure, tandis que sur le moniteur, un point blanc scintillant adhérait à la matrice. Du coup, j'ai voulu déconner et j'ai dit au médecin, désignant la douzaine de cellules, le morula : " oh ! Il me ressemble ! ", elle est restée sans réaction, comme vêtue d'une combinaison anti-crétins.

Nous ne nous sommes pas emballés. De froids lézards dépourvus d'émotion, capables de manger d'adorables petits chatons sans ciller, en commençant par la tête. Ca…

Poli 2.0 : Kéké (1)

Le 26 novembre 2005 était tout neuf comme la nuit, il faisait froid, un froid piquant, je m'endormais avec mon épouse à mes côtés. Elle s'était couché dans le lit qui avait craqué, manquant de le briser en deux, manquant de traverser le sol, les étages au dessous. Elle était énorme, une baleine, un tank, un chalutier, une planète. On était retourné au casino de la vie, et on avait joué banco ; un ou deux mois après, polichinelle avait fait son grand come back dans le tiroir, comme Mireille Mathieu pour sa tournée d'adieu.

Je ne dis plus ma compagne : elle était devenue mon épouse entre temps. Cela avait été une période où nous nous traînions un peu, la vie était un long cours de latin, on en mourrait pas, certes, mais on avait la marque du pull imprimée sur le front. Un soir, nous étions dans la cuisine, j'ai lâché : « oh, tiens, et si on se mariait ? », un peu comme si j'avais dit : « Oh, tiens, et si on faisait un braquage ? » J'avais toujours été contre le ma…

Poli 1.0 : Polichinelle

Je farfouillais mon vieil ordinateur portable, ouvrant au hasard quelques fichiers oubliés, m'amusant de ces vieilles données fossiles, comme ces os que l'on exhume et qui permettent de reconstituer un monstre tout entier. Lettres de motivation, de démission. CV, courrier à entête, aux gros paragraphes empruntés, lettres à la banque, au style compassé comme une queue à la Poste. Veuillez agréer, etc.

Je tombais sur un fichier Excel nommé "Poli.xls". Je me souviens de Poli : c'était le petit nom de polichinelle. J'ouvris le fichier, nous étions le 25 novembre ; c'est aujourd'hui, mais je parle au passé, et le passé c'est comme du vieux parquet, c'est la classe. Un calcul sibyllin m'apprit : " Poli arrive dans -1523 jours . A savoir : -217,57 semaines, -50,77 mois, -4,16 ans. " On reconnaît bien le style précis et pince-sans-rire du fichier Excel, humour noir et raide tendance majordome.

Pourquoi des nombres négatifs ? En fait, Poli…

Communication digitale, zéro

La vie offre parfois des moments de honte tel que l'idée de vivre au fond d'un abris nucléaire, avec des boites de flageolets, ou dans une cabane oubliée sur la montagne en mangeant des baies paraît alors une alternative tout à fait engageante.

Pour mieux saisir cette histoire, il faut la replacer dans son contexte. A l'époque, il y avait un service client dans mon entreprise, tenu artisanalement par des jeunes filles à peine sortie du lycée, qui mâchaient, le casque téléphonique sur la tête, des gros chewing-gums roses et en faisaient des bulles. L'une de ces bulles, la bulle Internet, éclata dans l'air, avec plein de gens dedans. A partir de là, et tous les six mois, des plans sociaux renvoyèrent quelques jeunes Rastignac dans leur Bretagne natale, dans une ambiance de Star Academy un peu ulcérante. Les survivants, comme moi, tachaient de se faire petits comme des playmobils, de ne pas péter, de porter des couches pour ne pas aller aux toilettes, d'éviter de m…

Androïde Paranoïaque

Longtemps, je me suis couché super tard. Je regardais la télévision après minuit, étudiant inscrit en fac de Rien, en me plaignant, affalé : "C'est dur la vie, rien le temps de rien faire". Manger des chips. Traîner, regarder la nuit qui tombe, le temps qui passe. De temps en temps, prendre les transports en commun, se deviner dans le reflet des larges vitres, sa dignité bousculée par l'acné. Parfois s'autoriser de rester couché, terrassé par la mélancolie du pas grand chose.

La nuit, à la télévision, je regardais des musiciens riches avec des femmes en short danser sur des limousines, alors j'émettais des sarcasmes sur ce monde décadent, tout en poursuivant, ennuyé, ma contemplation. Parfois je suivais des documentaires animaliers. Le renard de Charente chasse astucieusement quand vient la nuit... Quand arrive la saison de la reproduction, le pingouin de Tasmanie... Takito Tanagachi va tenter le coup du roulé-boulé-renversé, très ardu au billard anglais... Pl…

Un jour ordinaire

Tiens, ma femme et mon fils ont failli se faire écraser par une voiture tout à l'heure. "A propos, me dit-elle au téléphone, tu aurais pu être très triste aujourd'hui". Une automobile qui s'arrête au passage piéton, puis le conducteur, distrait, redémarre et freine à cinquante centimètres de la poussette. La poussette grise, avec le Kit pluie. Le chauffeur qui sort, s'excuse, E. fond en larme, s'assoit, la peur, l'émotion.

Pile ou face, aujourd'hui tout est bien. Le hasard ne m'a pas écrasé de son talon considérable. Je travaillais sur quelques billets de mon blog, certains marrants, d'autres pas. Je me disais, tiens est-ce que je vais dépasser les cent visites, en ce bon jour de chance ? Et si j'essayais ce gadget qui fait clignoter mon article comme un sapin de Noël ? Et si je découvrais les livres de science-fiction ? Playmobil ou garage de voiture, pour l'anniversaire de Kéké, dans quatre jours ? Et si j'apprenais à faire de…

Chant de marche à la pluie débutante

Les marchands de cartes postales, comme sortis des catacombes, poussent leur chariot d’images, fumant sur les trottoirs déserts. Dans les boutiques compactes, d’absurdes casquettes touristiques rendent profondément mélancoliques ceux qui les portent, et ceux qui les regardent. La butte semble à peine surgie de terre, avec ses parois humides et fraîches, zébrées de lierre, paisible dôme dallé de labyrinthes inclinés où j’erre comme un laborieux Minotaure. Un manège s’est recroquevillé au bas de la colline, fête délavée. Tel un hérisson lugubre il menace ; abattoir silencieux pour les chevaux de bois. On accélère le pas, on est en retard. Des talons claquent toujours, d’énigmatiques demoiselles disparaissent comme des mondes éclipsés.

La pluie alors m’enlace élégamment, tournoie, ambiance feutrée d’un bal de débutantes. Lentement, je sombre vers le ciel, trempé, de plus en plus semblable aux éponges nuageuses charriées par les courants célestes. Un commerçant solitaire s’est extirpé de s…

Chant de marche dans la nuit terminée

Au matin, la ville est hagarde, moi aussi, nous nous comprenons. Un ciel gris et poudreux comme une perruque coiffe ma tête, avec ses pellicules d’étoiles, ses poux de planètes, ses mèches d’aéroplanes. Brillants comme du quartz, les pavés humides se jouent de quelques badauds qui, furtifs patineurs, ratent le programme technique, et espèrent en vain la mollesse des plages sous les pavés brumeux, en se vautrant par terre. Ailleurs, des talons claquent sous les hauteurs de quelques demoiselles énigmatiques aux sévères chevelures ; déesses des secteurs tertiaires, amazones comptables armées de sacs à main carrés. Sous les derniers réverbères bordant la nuit fatiguée, les poubelles s’alignent raides comme des troupes, semblant faire la queue pour rentrer au local, se blottir dans l’exiguïté de leur banquise obscure. A travers les vitrines des cafés, des châteaux de chaises s’élèvent, projets délirants et perdus de la nuit ; un client hume l’odeur fraîche de son journal, caché du temps qu…

Manger de la lumière

En ce moment, je suspecte ma compagne de lire quelque ouvrage sur la vie des Spartiates, du style, "Survivre torse-nu en hiver" ou "Vaincre en triomphant dans la neige". Comment expliquer sinon sa lubie de sortir le dimanche, dans l'hiver fou de l'automne, alors que même le concept du froid voudrait bien rester au chaud ?

Après avoir entamé une grève de la faim de dix minutes, après m'être roulé par terre et m'être fait pipi dessus (j'observe et j'apprends), je suis obligé de céder. Sans gant, sans écharpe, je sors, car je nie l'existence même de l'hiver.

L'objectif de ce commando dominical est le manège, place des Abbesses. En effet, au petit déjeuner, nous avons eu le malheur d'en parler avec Kéké, histoire qu'il nous fasse un peu le singe savant. "Alors, le manège, c'est bien ? Avec le gros camion ? Qu'est-ce que tu as préféré ? L'éléphant ou le gros camion ? Tu as raconté à papa comment tu avais bien co…

Les yeux qui ne bougent pas

Hier, c'était Beaujolais Nouveau, avec Monsieur Romano. Au fait, Monsieur Romano, tu as le droit de laisser un commentaire, en bas, ce n'est pas un club privé, ici, je ne suis pas habillé en cuir avec une cravache à la main et une casquette en clou (du moins pas aujourd'hui).

Bon, le Beaujolais nouveau, pour moi, ce n'est pas pareil que pour les autres. Les autres, les parisiens, avec l'accent pointu, ils en profitent pour se beurrer avec du vin pas fini, puis ils disent des bêtises dans le métro, ils braillent pour se défouler d'habiter dans des studios, et au final ils se vautrent en vélib'. Mais moi, le Beaujolais, ce n'est pas pareil. Déjà, quand je suis beurré, je dis toujours des choses intelligentes. Bon, j'articule moins bien, parfois pas du tout, parfois je me trompe de mots, parfois je vomis, mais toujours intelligemment. Bref, je dis des choses intelligentes, à défaut d'être intelligibles.

Et puis le Beaujolais, c'est un peu grâce à…

Chien pourri et oisive jeunesse

Je suis d'une humeur de chien pourri. Oui, pourri le chien, pourrie l'humeur.

Petite formation professionnelle aujourd'hui, la joie du savoir, l'apprentissage, la connaissance. Et bien il en faut toujours un pour faire le coq, et que je veux être formateur à la place du formateur, et que je sais tout d'ailleurs pourquoi j'ai une formation, et que toi tu ne comprends pas, mais on vient de l'expliquer pourtant. C'était Star Academy, comme si l'un d'entre nous devait être éliminé le soir même, ou bien au contraire recevoir une médaille en chocolat avec gravé dessus "l'employé du mois qui l'était trop fort". Et encore, je n'imagine même pas s'il y avait eu une fille au milieu. Le combat. Le duel. La concurrence. Le défi. L'effort. Toi Hermione, moi Hormone. Moi vouloir impressioner toi.

Des claques. Je suis un exportateur de claques. Je suis l'inventeur de la claque. A chaque claque qui tombe dans le monde sur les cré…

Culte de ma personnalité

(Hier, j'ai pris un gros brouillon, et tel un gigot, je l'ai coupé en deux, une part à consommer sur le champ, la seconde moitié à faire réchauffer le mardi. Voilà donc la suite).

Ce que je n'ai pas avoué dans mon précèdent billet, c'est que j'use de subterfuges particulièrement condamnables pour me faire passer pour un héros, auprès de mon fils.

Ainsi, alors qu'il croit que je travaille dans un camion poubelle, au lieu de le détromper, je détaille mes pérégrinations. Papa a eu beaucoup de travail, avec le gros camion. Ah ah, il est allé très vite, les collègues de papa ont du beaucoup courir pour le rattraper, ça leur a fait les pieds. Mon épouse me regarde comme un escroc, et je me cache derrière le canapé.

Kéké a deux ans, il a une confiance absolue et naïve en nous, il n'a pas d'ami, pas de copine, il ne sait pas faire des courses, il ne sait pas faire à manger, il me regarde de tout en bas avec des grands yeux humides. Alors, tel un dictateur du Turkm…

Mon père, ce héros du camion poubelle

"Tu sais que Kéké est persuadé que tu travailles dans un camion poubelle ?"

Depuis quelques temps, mon fils Kéké s'interroge sur mes absences quotidiennes. Où vais-je donc, le matin, quand j'enfile mon gros blouson, quand je refuse le 8ème café que me propose (de force) E. en disant "Mais non il est à peine 11 heures 23 c'est pas être en retard ça ah tu les aimais plus ingrat". La réponse, énigmatique, est : "Papa part travailler". Énigmatique, la réponse le demeure, même pour moi qui n'ai pas deux ans.

Un matin, une fois disparu, alors que j'aurai pu, par exemple, jouer aux petites voitures toute la journée, Kéké a demandé : "papa parti camion poubelle ?". Nous avions d'abord cru que le Kéké prenait ces engins considérables pour des moyens de transport. En effet, à l'instar du métro, on s'y agrippe à la barrière pour se déplacer. Des gens très occupés les empruntent, pressés par des automobilistes hystériques, un p…

La valse des monstres

Dimanche, c'était journée squelette. Nous sommes allés nous balader au Jardin des Plantes, vaste esplanade jonchée de feuilles rouges, périphérique de joggers dont les pas saccadés font un paisible bruit de froissement sur le sol.

J'adore la ménagerie du Jardin des Plantes, on peut s'y promener tranquillement sans trop être dérangé par des animaux. Qu'il est bon de respirer l'air frais devant les cages vides, qu'il est doux de contempler l'architecture des volières désertes. Parfois, nous montrons à Kéké une bête : "Regarde ! Un pigeon ! Admire ! Un chien ! Quel spectacle fascinant ! Des fourmis !"

A chaque fois que nous y allons, nous nous délectons de quelques moments traditionnels. Nous visitons les Orang-Outangs, qui ont toujours cet attitude au delà du sinistre, cet air de jouer une représentation de "Phèdre Dévastée" au festival Off d'Avignon par le "Théâtre du Silence". Kéké regarde, fronce les sourcils devant ces êt…

Bloguons moins, bloguons rien

J'ai débuté ce mois de Novembre avec une consigne envoyée par les instances dirigeantes de mon surmoi : faire moins, faire bien. J'avais l'espoir de concentrer toutes mes forces sur quelques billets bien sentis, du style "la vérité sur la Relativité d'Einstein", "dix solutions pour éradiquer le chômage", "Vaincre la mort avec des haricots verts", "Proust expliqué aux animaux", etc.

Mais penser que la somme des petits efforts consacrés à écrire des petits articles peut produire, répartis également sur moins d'articles, des... bref, et ben c'est de la théorie. En fait, moins je blogue, moins je blogue.

Et plus je blogue, plus je blogue. (vlan, 100 lecteurs en moins).

(comme si j'avais 100 lecteurs).

Je signale donc au passage la reprise d'un de mes articles dans le blog collaboratif "Equilibre précaire". Pour l'anecdote, une fois le billet terminé, j'avais caressé l'idée de l'envoyer à Eric Mai…

Ce soir, on allume les bougies

Je ne comptais vraiment pas faire de billet aujourd'hui, me drapant dans le silence majestueux du flemmard triomphant.

Mais bon, que vois-je à midi, dans mon journal gratuit daubique favori ? Ce soir, sur Arte, c'est Barry Lyndon. C'est quand même un petit peu mon film favori, alors il faut que je me secoue les puces, un gateau Monoprix dans la bouche, pour y aller de mon exhortation : regardez ce film, pour l'amour du Nutella.

Ne le ratez pas, dis-je : il a quand même été élu par les plus grands spécialistes des films de Barry Lyndon (moi) comme le plus grand film de tous les temps immémoriaux de l'univers.

Dans l'article de 3 lignes du journal gratuit, on lit bien sûr l'inévitable anecdote sur l'éclairage aux bougies : Stanley Kubrick aurait utilisé des super caméras de la NASA pour saisir des scènes sans aucun éclairage autre que d'innombrables chandelles, comme dans le vrai XVIIIème siècle. C'est vrai que visuellement c'est du caviar de bal…

L'impayable monsieur le chef

Sarkozy ; il est vraiment impayable ce gars-là. Enfin, façon de parler. C'est mon héros. Je l'aime. J'ai toujours aimé Sarkozy, je l'ai toujours défendu. Toi qui m'accuse d'être un sarkozyste de la dernière heure, de profiter de cette vague opportune de bonheur, de ce choc de confiance ; non, je suis sarkozyste depuis tout petit, depuis avant ma naissance. J'ai été conçu dans un lit sarkozyste, il y avait un bruit sarkozyste de montre tandis que j'étais fécondé (bling-bling-bling-bling-bling). Avec Balladur, ils faisaient vraiment un super duo, j'ai d'ailleurs des T-Shirts "Sarkodur, Ballazy, allez-y". Quand ils allaient dans le métro, c'était "chaud"...

Alors moi je suis content. Je vais taper sur le verre Duralex de la cantine. Je veux du rabiot. Ca me gratte tellement de trop l'aimer, je vais finir par vraiment l'adorer. Que faire ; téléphoner à qui ; pour lui dire quoi ?

Quel gag entreprendre ? Je crois que je …

Bonne fête les vivants !

Ce matin, le métro tombe en panne, je sors de la rame station Havre-Caumartin, tandis que les gens improvisent un César d'humains dans le wagon ; je décide de terminer le trajet à pied.

En sortant, je me prends l'air froid sur le visage, comme une tape amicale. C'est marrant, en général, l'air froid met de mauvaise humeur, fatigue, abat, décourage ; pourtant parfois, dans un souvenir de Noël ou un moment de classe de neige, son contact peut être heureux comme une vive caresse. Dans le boulevard presque désert d'un jour de pont, une japonaise isolée compulse son guide, un sourire d'enfant figé au visage, devant le dôme vert du "Printemps". Puis elle se met à courir à toute allure, sans doute décidée à ne manquer aucune miette de sa longue journée. Elle finira vannée, ce soir, c'est certain. Elle s'endormira à vingt heures, dans sa chambre d'hôtel, terrassée de courbatures, les yeux fatigués des lumières sur la pierre grise parisienne, un bob…