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Articles

Affichage des articles du août, 2007

Entracte : le caleçon noir

Demain, je pars à Lyon, pour quatre jours, un mariage en (belle) famille. Ah les giga-réunions de famille ! Les repas copieux, le vin, et tous ces sans-papiers-pédophiles-détenteurs-d'un-chien-dangereux qui vont avoir les oreilles qui sifflent ! Organisons une battue ! Coupons leur la tête ! Et ces pauvres qui profitent des riches, et ces riches qui exploitent les pauvres, et tous ces fainéants, ces nantis, ces gens qu'on voit chez Julien Courbet. Ces métiers disparus (sabotier, rémouleur, etc.). Ca va dénoncer dur.

Mais aussi ces moments impromptus échangés avec un improbable cousin, à la lueur de l'alcool. Cette tante vieillissante et attendrie, qui n'a pas d'enfants, mais un caniche presque aveugle.

Cet oncle taiseux, gris sous sa casquette, cette inconnue orange de maquillage, ployant sous les bijoux. Cet adolescent à la moue dégoûtée, comme si son existence avait l'aspect et la saevur du pâté pour chat.

L'ami de la famille, qui erre là par hasard, un peu …

S'envoyer un renard

Après un déménagement et des travaux impromptus, des vacances passées à trimer, la fatigue s'est accumulée, le stress s'est entassé, la tension s'est... tendue. Le soir, parfois, ça éclate, la colère, l'esclandre, l'engueulade. Nous nous regardons, électrisés, et devinons kéké du coin de l'oeil qui n'en manque pas une, faussement absorbé par son royaume de camions ; nous prenons la résolution de devenir parfaits, sur le champ. Avant d'éclater peu de temps après, pour une broutille, toujours. Les murs sont fins, l'immeuble en profite, nous avons honte.

Et puis le soir, alors que nous sommes bien plus fâchés que des responsables socialistes, je découvre à 23h30 un petit email, "La carte TENDRESSE vous attend". Je constate à l'intérieur une photo de renards, et un message : "On s'aimait, quand même ?" Plus tard, nous gardons nos masques de colère, mais restons silencieux, neutralisés par des animaux attendrissants. Une expres…

Vous me trouvez ici, en pyjama

Edgar, du blog "La Lettre Volée" me fait l'honneur d'un lien vers un de mes articles. Ashotherway, quant à lui, publie en clin d'oeil le sketch des Monty Python, "Ministry of Silly Walks".

Ainsi, des gens arrivent tout d'un coup chez moi, à l'improviste, et j'ai l'impression qu'ils me trouvent en pyjama. Euphorique, mais affolé, je regarde autour l'état des lieux, le ton de mes articles est débraillé, je vois un pot de yahourt vide qui traine sous le canapé, un slip. J'ai envie de me mettre devant la porte, de barrer discrètement le passage, de dire : "Ah, c'est vous ? Vous ne pourriez pas repasser quand j'aurais rangé ? Quand ça sera propre ?"

Bienvenue quand même ! Géné, je cherche ce que j'ai à offrir à boire "Euh.. un verre d'eau ? Eau du robinet ? Mais j'ai des pailles ! Sympathique, non ?"

Ces petits liens, ces marques de sympathie provoquent chez moi une bonne humeur concidérable. C…

Kéké a 21 mois

Mais cesse de le couver comme ça ! clame E., ma compagne, tu es toujours derrière lui, à le suivre comme une ombre, dans le square, on voit plein d'enfants qui jouent, et toi, un grand dadais sempiternellement à ses basques !
Mais il n'a pas son bob, je réponds, il fait soleil pour une fois, il va prendre une insolation ! Oui, je lui fais de l'ombre ! etc.

Nous sommes assis au bord du bac à sable, devant un océan d'enfants aux noms courts et de parents bien éduqués tous plus ou moins créatifs, jeunes parents aux cheveux gris, vestons, vêtements du dimanche colorés. Nous sommes de retour à Paris.

L'absence de deux ans se fait sentir. Avant c'était : "le jouet, mais tu demandes même pas si tu peux l'emprunter, ma parole. Comment ça, mon fiston, tu veux pas prêter ton jouet au petit garçon ? Mais tu te crois où ? Tout le monde partage les jouets, ici, tu te penses au Fouquet's ?"

Là, nous sursautons : un enfant a repéré une pelle qui ne lui appartien…

Une pièce pour rentrer

Un jeune homme noir m'aborde dans la rue : "S'il vous plaît, excusez-moi de vous déranger." Je ralentis, il poursuit : "Auriez-vous une pièce, c'est pour rentrer au pays."

J'ai des courses à la main, mais je n'ai pas de monnaie. Je paye par chèque en bois, comme d'habitude. Difficile d'expliquer ça en deux mots, je souris, je réponds non, je sais qu'il me prendra pour un menteur. Ce qui m'interpelle, c'est son argumentation : "...pour rentrer au pays." Il dit ça sans aucune conviction, comme une formule de politesse. Je reste une seconde interpellé, mais devinant déjà mon refus, il regarde loin derrière moi. Je n'ose pas engager la conversation. Est-ce une façon de présenter les choses qui marchent dans le quartier ? Je travaille dans un quartier très huppé.

Peut-être a-t-il déjà testé différentes approches ? "Une petite pièce s'il vous plaît... pour me droguer (il n'a pas l'air d'un de ces c…

Besancenot a-t-il la carte "Champion" ?

Hier soir, il pleut comme d'habitude. Je vais faire mes courses au "Champion" à côté de chez moi. Qu'est-ce que je prends me demandez-vous ? Un pack d'eau, des Granolas, de la boite pour les chats, des sacs poubelles, etc. Pas très intéressant, me dites-vous. En fait, vous ne me l'avez même pas demandé, me dites-vous. Attendez un peu !

Je farfouille nerveusement ma "banane" en bandoulière, à la recherche de ma carte "Champion". Ah, la carte des grands magasins ! Celles qui donnent des points ; on ne sait pas trop à quoi ça sert, où çà nous mène, et puis on perd la carte, ou l'on s'aperçoit que les points sont périmés. Mais peut-être qu'au bout, il y a le rêve d'un robot ménager gratuit, voire d'une poêle en inox.

Je joue le jeu. E. nous a pris un lot de trois cartes "Champion" (une pour kéké quand il sera grand), et puis ça me faisait peine, chaque fois que la caissière me demandait "Vouzavélacartchampion&q…

Ulysse sous la pluie

Oh non ! Funeste sort ! Je serre mes petits poings en maudissant le ciel couleur éponge à égout, comme si je vivais dans un seau à serpillière. Mais que voulez-vous faire ? Téléphoner à qui ? Pour lui dire quoi ?

Comme Ulysse, j'erre contre les vents contraires que soufflent les Dieux du travail et du temps, et mon chemin est semé d'embûches. Un passager malade station Trocadero ! Dans l'embarcation métallique brinquebalante qui dérive sous terre, mes compagnons d'infortune ne cèdent pas aux chants des sirènes, les oreilles bouchées par des iPods. Un cyclope boit des 8.6. et taxe des clopes.

Sous la pluie, derrière les vitres d'un bar moelleux, on aperçoit des gens confortablement plongés dans leur journal, et on voudrait alors s'oublier éternellement dans la moleskine, dans le bruit du percolateur, avec pour toute amertume celle du café dans la bouche.

Voilà j'arrive, et mes compagnons d'infortune s'éparpillent. Certains se fourvoieront dans les imag…

Discussion autour du nom de ces lieux

Hier soir, tandis nous partagions la même cellule de dégrisement du commissariat du XVIIIème, Dominique de Villepin me demanda : "Mais au fait Balmeyer, quelle est l'origine du nom de ce blog aussi original (le nom, pas le blog) ? Balmeyer's Blog, un trouvaille, véritablement !"

L'heure tardive, la chaleur de l'alcool, la désillusion amusée pour toutes choses lorsque l'aube approche... l'atmosphère était propice à la confidence. Détendus, revenus de tout, nous devisions avec ironie sur les vanités de ce monde. Après m'avoir raconté en détail toute la vérité sur l'affaire Clearstream (il avait besoin de se confier à un inconnu, mais je jurai de ne rien dire, ne me harcelez pas), j'étais bien obligé de lui dévoiler l'origine de ce nom, par échange de bons procédés.

Avant de poursuivre, une citation :

Ploum a dit :
...À côté de ça, on retrouve bien entendu les inusables "Blog de Robert", "Bob's weblog", "Carnets w…

Critique du temps qu'il a fait

Lundi matin, penser à inventer le parapluie-lib'. Des bornes de parapluies disposées dans toute la ville, tous les trois cent mètres.

"Tu ne veux pas mettre un pull ?" me demande ma compagne. "Ça va pas non ? On est en août." Je claque des dents. Je prends le froid comme une attaque personnelle. En tant que critique météorologique, j'acère mes lames, mon compte rendu sur ce mois va être assassin, il ne s'en remettra pas.

Extrait de mon Guide Critique du temps qu'il a fait les mois précédents, à paraître à Noël.


Août 2007 : zéro étoile. (et toc)
"...mais de qui se moque-t-on ? Je suis scandalisé par cette mascarade atmosphérique, terne et sans saveur. Une pâlichonne copie d'un mois de juillet déjà peu inspiré... et inspirant ! Une lumière proche du néant, un eau glaciale quasiment solide, un ciel brouillon et sale, constamment chargé de lourdes allusions aux saucées à venir. Je déconseille fortement au lecteur de revivre cet été 2007, même en s…

Les trucs déprimants de la mi-août.

Depuis tout petit, voilà ce qu'on subit, à la mi-août. - Les publicités de cartables pour la rentrée.
- Les rayons de cartables qui prennent la moitié du supermarché car
c'est bientôt la rentrée.
- Les publicités pour le Noël de décembre, bien au fond de la rentrée
qui n'en finit plus.
- Les publicités pour les poêlées aux champignons (ben oui, c'est
septembre, l'époque de la cueillette des champignons dans les
sous-bois humides ! Ben ouais, c'est la rentrée, quoi).
- Les publicités pour les voyages exotiques (faites un break, ça va
durer des mois, la rentrée).Je sais pas si c'est le regard qui change, ou le marketing, mais j'ai
l'impression que les campagnes de pub démarrent de plus en plus tôt.
En mai, déjà des pubs pour les cartables de la rentrée. Dans le métro,
déjà des pubs pour "le Renard et l'enfant, le nouveau conte de Noël en
décembre" (billet à écrire).

Les couleurs transparentes

Et un mur de plus peint dans notre salon ! Ca en fait trois. Le dernier - le meilleur pour la fin - est un mur quasiment sans paroi, comme disait Brel "avec des tas de fenêtres, avec presque pas de mur". On s'en fait un par jour de congé, entre deux cartons, deux promenades avec Kéké. On va se faire le dernier en une heure, nom de Zeus.

En plus, les couleurs sont transparentes : on ne les voit pas. Discrétion et subtilité absolues. Non, ce n'est pas le stupéfiant rose barbie de notre cuisine, c'est la couleur Cyrano, celle qui reste dans l'ombre. La teinte est tellement légère qu'il faut se concentrer pour voir là où l'on peint. L'avantage, c'est que tout le monde aime, tout le monde est content. Ah oui, le blanc transparent ça va super bien avec le bleu invisible. Manque une touche de mauve incolore, et tout est assorti. Attention, ce sont des peintures "nacrées", ni satinée, ni mat, non, nacrée. Le mode d'emploi nous avertit : i…

Mathieu Vaidis de retour sur YouTube... sic transit gloria mundi

C'est une vidéo qui a fait un sacré bruit, à droite à gauche, dans la
blogo-web-sphère, celle de Mathieu Vaidis. Voici un des pionniers du
CV-Vidéo, tourné dans le quartier de la Défense, avec plein de termes
2.0, de costumes dynamiques où s'engouffre le vent de la Grande Arche,
et un montage de jeune motivé à la limite de l'expatriation en
Grande-Bretagne.Mais apparemment, chez DailyMotion, les gens ont trouvé très "second
degré" (degré 2.0), et Le garçon a dû sentir le buzz lui échapper
complètement, d'où désintégration de son site web
(http://www.vaidis.com ), destruction de la vidéo chez DailyMotion, et
location d'une cabane dans le désert de Gobi.Mais - c'est drôle et effrayant - la voilà qui ressurgit chez YouTube :
http://www.youtube.com/watch?v=PRk3fOzEnvQDiverses hypothèses passionnantes ont émergé : certains crient à un
gros canular, un coup de pub malin, mais vu l'effort désespéré pour
effacer toute trace de son existence, à l'époque où les ge…

Van Halen se reforme

Lu dans le monde : "Van Halen se reforme".http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-32039192@7-37,0.html?xtor=RSS-3208Le pov Eddie', il a du marcher sur une mine, ça doit lui remonter le
moral de se reformer. Il ne manque plus que la reformation d'Eric
Clapton ou de Mickael Jackson, et tout ira bien.Allez, c'était un petit post aux petits yeux du matin... Après un café
tout ira bien, j'envisagerai ma reformation...

Critique : Le premier cri

Bon, je m'étais dit quand j'ai commencé ce blog : "Ouaw, j'ai des super idées web 1.0, je vais faire des critiques de film que je n'ai pas vus, juste d'après l'affiche. Oh mais quelle contrainte amusante, on va s'amuser.", avant d'abandonner peu après cette série saugrenue, me disant que la vie est trop courte pour me commettre dans ce genre de billet*.

Malheureusement, ce matin, dans le métro, j'ai vu une affiche et j'ai replongé...

Le Premier cri

Réalisateur : Gilles de Maistres

Sortie : 31 Octobre 2007

Tags : enceinte (voir sur allociné).

Vu : non.

Slogan : "Notre histoire à tous".

Slogan alternatif :
- "On nait qu'une maman".
- "On n'est pas des pingouins".
- "On n'est pas des bousiers".

Le premier cri se situe dans la collection "Planète", dans la lignée "Documentaire en famille". Après "Microcosmos", le "Peuple Migrateur", la "Marche de l'…

[Notes de lecture] Meurtre et Méditation - Nick Wilgus

Je viens de terminer ce polar original, dont le détective est un moine
bouddhiste. Noï, un adolescent indigent, est retrouvé mort,
sauvagement mutilé, dans la salle des ablutions. Le flic de service,
avouant que le meurtre d'un jeune des rues sera sans doute classé -
faute de moyens - préfère confier l'enquête au père Ananda,
ex-policier. Résistant à la tentation de la colère, et faisant
ressurgir, comme on dit si bien dans les blogs, "les fantômes de son
passé", il va faire de son mieux pour retrouver le meurtrier, et tout
ça, en tunique orange et en tongue.L'enquête, ainsi que le style, sont simples, sympathiques, l'intérêt
se situant plutôt dans l'univers original d'un temple thailandais que
l'on survole. Entre deux pistes, quelques préceptes de sagesse pour
atteindre le Nirvana. Une sorte de "nom de la rose" chez les
bouddhistes, mais en très light. A méditer ! ** arf mais quel boute-en-train ! Nullo, va.

Pizza Boy, le winner du poker

Voilà le genre de signature que je mets en bas de courrier, quand
j'échange avec mes amis, pour faire des "private jokes"... Dire que
j'ai failli envoyer ça à la régie qui gère l'appartement dont je suis
locataire... la honte chaque mois, c'était moins une... "Ah tiens, le
loyer de Pizza Boy"...Pizza boy est un personnage inventé par hasard, une soirée de
célibataire, tandis que nous jouions au poker-monopoly, avec mes amis
M. Romano et Tobaggo. Pizza boy c'est le jeune homme qui mange
des pizzas senior pour lui tout seul mais qui n'arrive pas à les
finir, c'est le Rastignac de Rungis qui veut manger Paris quand il
descend du R.E.R., qui porte des lunettes papillon à la Paris Hilton
en jouant au poker. C'est surtout celui qui se fait torcher en trois
tours, et qui se couche alors qu'il a une suite dans son jeu... Enfin bon, fous rires entre amis, tout ça.--
------ + + + ---- + + + --------------
Pizza Boy
Poker expert
3900 Las Vegas Blvd. Sou…

Paroles de star (2) : j'ai gardé mon âme d'enfant

Les artistes véritables (Picasso, Mickael Jackson, Benjamin Castaldi) ont un point commun : ils ont su garder leur âme d'enfant. C'est ce qui leur permet de regarder le monde non pas avec notre triste et morne esprit d'adulte, mais avec l'émerveillement candide et la spontanéité joviale qui caractérise les artistes.

L'âme d'enfant a deux effets dans la carcasse d'une personne : elle lui permet d'avoir un regard neuf sur l'univers et d'être pénible pour son entourage. Par exemple, Delphine, Comédienne débutante, se met un crayon dans les cheveux pour faire un chignon, tandis que Thierry, metteur en scène débutant, s’habille en bleu de travail. Ils ont un regard neuf sur ce qui les entourre.

L'artiste peut être épuisant : madame Picasso a livré un témoignage bouleversant à ce sujet : "Tous les matins, dès qu'il se levait il se cachait derrière la porte, ou sous une couverture, et dépassait la tête d'un coup en s'exclamant : &quo…

La mer de sable

Connaissez-vous la Mer de Sable ? Non, moi non plus, et je ne compte pas faire sur ce passionnant sujet un "dossier web 2.0 " ( voir cet article culte). Ça doit être une sorte de grand terrain vague avec du sable où règne "...l'ambiance légendaire et tant appréciée d'un désert de sable en plein coeur de la forêt d'Ermenonville" , avec carcasses de gnous dedans. Attention au vent.

Une grande campagne de pub sévit en moment dans le métro parisien, avec le nom du site bien en évidence : http://www.merdesable.fr/ La première fois que je la rencontre, tout de suite me vient cette réflexion que je vous livre crûment : "J'ai l'esprit mal placé où ça fait vraiment 'la merde sable' ?" Le soir, je rentre, ma compagne réprime un sourire et me dit : "tu as vu la pub pour la Mer de Sable ? " Éclats de rire et LOL entre humains.

Ceci me rappelle une anecdote que m'a racontée ma mère : à la création de la Communauté Urbaine de Ly…

Le petit billet à monter soit-même

Petits yeux. Petite nuit. Donc, petit message. Couché tard hier soir,
pour monter un lavabo IKEA. Je fredonnais dans la nuit la célèbre
musique de Vangelis, du film "Christophe Collomb". Je n'ai pas vu le
film, mais j'imagine que c'est le genre de musique qui passe quand on
découvre un continent, qu'on élève une statut de l'île de Pâque, qu'on
marche sur la lune ou que l'on monte un meuble IKEA : on marche au
ralentit, rythmé par l'hymne pompeux de l'exploit humain.Je ne suis pas un bricoleur, alors les murs, les planches, les vis,
les outils, tout ça c'est un peu comme la forêt obscure pour les
petits enfants : ça fait peur. Qu'il y a-t-il derrière les murs, au
juste ? Si je perce à cet endroit, ne vais-je pas atteindre le conduit
d'eau directement relié à la Seine, faire jaillir tout le fleuve dans
mon appartement, faire exploser l'immeuble, et ainsi dire adieu à ma
caution ? La prise de terre est directement reliée à la terre, cela
s…

Le billet décousu : épisode 2 : Moanin'

Autre plaisir ressurgi de mon passé, pendant mes travaux, et qu'il faut absolument que je blogge, comme une plante verte dans un herbier : Moanin'. Depuis que je consomme de l'oxygène parmi vous, une des meilleures choses qui me soit arrivé a été de jouer dans un big band de jazz.Ah le Djazz ! La musique de Djaaazz !! Étrange genre, fidèle bande sonore qui prend le sens que vous voulez bien lui donner. Musique d'ascenseur ou de tapisserie parfois, que l'on boit comme de la soupe, avec laquelle on occupe l'espace comme un meuble, musique de concert par ailleurs, peuplée de brodeurs virtuoses et de jongleurs énervés, qui vous transporte, musique de sage, de sauvage, d'intellectuel, de quadragénaire cool avec chemise à fleur ou de danseur en colère. Mais jouer du Djjazz ! Dans un big band de djaazz !Ce morceau, Moanin', de Charlie Mingus :


Je suis à la basse, parmi une troupe bien fournie de cuivres au grand complet : trombones, saxophones, trompettes. Le m…

Le billet décousu : épisode 1, le bleu

Le travail répétitif fait émerger parfois des pensées absurdes. Longtemps, j'ai été vendangeur, la nuit, après avoir fermé les yeux, je voyais les grappes bleues défiler sans pouvoir les chasser.

Lorsque je repeignais mes plafonds pendant mes travaux, en juillet, je prenais un accent italien et je discourais, seul, perché sur l'escabeau : "Yé souis Michel-Ange, yé repeins la chapelle Sixtine de chez moi avec oune nouveau concept dé l'art abstrait. C'est lé blanc. Lé blanc total. Oune blanc immacoulé, toute oune fresque de blanc comme oune nouage. Toute la voute dé la chapelle, etc. ". Il faut dire que je suis un sacré boute-en-train.

Plus tard, je prenais l'accent français, en fait l'accent normal, comme tout le monde, pour me prendre pour Yves Klein: "Je repend ma Chapelle Sixtine avec un nouveau concept : le monochrome de blanc." C'est nettement moins marrant sans accent. D'ailleurs ce n'est peut-être pas drôle du tout, mais j…

De retour !

Petit message de transition pour donner un peu de mes nouvelles : après deux-trois semaines de travaux, de ponçage, de mise en carton, je suis de retour devant mon cher écran. J'ai plus de cernes que si j'avais mille ans. Mon déménagement est terminé, mon chez moi ressemble à une ruine de temple grec en carton : des piliers marrons s'élèvent un peu partout, avec d'innombrables graffitis "fragiles". Ce matin, je tente de récupérer des vêtements propres car en fait j'ai un travail. Heureusement, nous avons transporté le panier de linge sale tel quel, je peux m'habiller correctement avec des habits qui puent un peu.

Il faudra que je continue ma série des Ponce Pilate, car jamais je n'ai autant poncé de ma vie. Nous avons même loué deux machines monstrueuses pour le parquet, je compte d'ailleurs fonder la revue "Ponçage Magazine, le journal fait par des ponceurs pour les ponceurs" ; "Sélection de papiers de verre pour l'été : l…