mercredi 22 août 2007

Ulysse sous la pluie

Oh non ! Funeste sort ! Je serre mes petits poings en maudissant le ciel couleur éponge à égout, comme si je vivais dans un seau à serpillière. Mais que voulez-vous faire ? Téléphoner à qui ? Pour lui dire quoi ?

Comme Ulysse, j'erre contre les vents contraires que soufflent les Dieux du travail et du temps, et mon chemin est semé d'embûches. Un passager malade station Trocadero ! Dans l'embarcation métallique brinquebalante qui dérive sous terre, mes compagnons d'infortune ne cèdent pas aux chants des sirènes, les oreilles bouchées par des iPods. Un cyclope boit des 8.6. et taxe des clopes.

Sous la pluie, derrière les vitres d'un bar moelleux, on aperçoit des gens confortablement plongés dans leur journal, et on voudrait alors s'oublier éternellement dans la moleskine, dans le bruit du percolateur, avec pour toute amertume celle du café dans la bouche.

Voilà j'arrive, et mes compagnons d'infortune s'éparpillent. Certains se fourvoieront dans les images roses de Circé-point-com et se verront transformés en pourceaux ; d'autres seront dévorés par des supérieurs cannibales en costume.


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