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Les pétrons de la jeunesse

A cet instant précis, le 17 juin à 21h et quelques, je viens juste d’arriver chez Monsieur Romano, je suis en retard, je fléchis les genoux pour m’assoir sur le canapé, des bières à la main, encore imprégné de l’air frais du dehors. Je dis : « Ah quand même, espérons qu’on va passer une bonne petite soirée ! », mes fesses effleurent à peine le coussin, je ne suis même pas vautré qu’Eric Abidal se prend un carton rouge, à la télévision, consternation, penalty, but. Quand j’ai pleinement fini de m’assoir, c’est déjà plié. J’ai mon pack à la main, encore emballé sur les genoux. C’est plié comme nos jambes sur le canapé, comme Monsieur et Madame Plié ont un fils, Bernard Plié. Eric Abidal à la télé fait plein de gestes avec plein de bras, pour exprimer sa vaste incompréhension. Je dis : je vais peut-être rentrer chez moi directement, en fait. Je fais mine de me lever. C'est ça de confier les clefs de sa soirée à des sportifs.

Puis nous rions z’à gorges déployés. A tel point qu’on pourrait s’appeler monsieur et madame Déployés ont des fils comment l’appellent-ils ? Georges. Parce que Georges Déployés.

Monsieur Romano est légèrement italien sur les bords, prétexte fallacieux pour vouer un culte déraisonnable à la pizza et tomber par terre en toute circonstance, grimaçant de douleur, tout en s’empoignant le tibia. La dernière fois qu’il est sorti de son indifférence footballistique, en l’an 2000, c’était pour supporter les azzuri (comme disent les journalistes sportifs pour changer, comme on dit aussi les bataves, les teutons, les oranjes, la selección, la seleção, la selektion, la επιλογής, la выбор, la Roja, histoire de ne pas faire des répétitions). Monsieur Romano nous avait aidé à déménager, et le soir, c’était finale de l’euro 2000. Parmi nos cartons et après l'effort, il se réjouissait bien légitimement de voir ses favoris gagner, exprimant sa joie en se roulant par terre, grimaçant de bonheur, le tibia empoigné d'amour. C’était avant que Wiltord n’égalise.

Cette année, huit ans après, il a décidé pour une fois de supporter les bleus, c'est-à-dire les azzuri en français, pour qu’on ne finisse pas la soirée à se taper, enfin, moi à le taper, lui à se rouler par terre en s’empoignant le tibia. Madame Romano lui dit alors : tu ne porterais pas un peu la poisse, toi ?

Supporters aussi joyeux que dans une crypte, nous agitons nos reliques en guise de fanion. Puis nous devisons. J’affirme : si on se qualifie, là, ce soir, je rentre chez moi nu. Je te le promets. Il me dit : quand même, fais attention, tu te rends compte que tu as tout le boulevard Barbès à traverser ? Tendre inquiétude. Douce précaution. A ce moment, là, précis, paf, but, 2 à 0. Tout le monde fait plein de gestes d’incompréhension, sur le terrain, avec des tas de bras, avec presque pas de murs. Les italiens font des monticules d'italiens pour se réjouir. C’est plié, comme Bertrand Plié, son fils. Je dis oui, si on se qualifie, je rentre chez moi nu, avec une fanfare brésilienne de danseuses nues.

Je me souviens vaguement de la demi finale France-Portugal en 1984, on était allé sortir le chien, après, avec mon beau père, il était de bonne humeur, pour une fois. Il faisait doux, ça avait été une bonne idée de confier sa soirée à des sportif.

Avec le foot, j'ai l'impression d'être une sorte de chien qui revient sans cesse remuant la queue malgré les sceaux d'eau reçus. Au collège, j'ai maudit ce sport collectif de bourrins. Quand les capitaines déguillaient pour constituer les équipes, j'étais dans les derniers à être choisis, parmi le gros, l'ado-tronc et le correspondant croate. Les équipes étaient constituées d'un gardien, qui se la jouait à mort avec ses gants démesurés de moule à gaufre, de deux défenseurs et de huit avant-centres. J'étais souvent parmi les défenseurs, poste pourri, besogneux, ingrat ; je voyais parfois arriver sur moi les huit attaquants adverses, ivres de rage et de gloires sexuelles, qui s'hurlaient les uns les autres : "Arrête de jouer perso ! Fais la passe !" dans l'espoir de marquer eux même le but, tandis que les huit attaquants de ma propre équipe patientaient au loin, autour du gardien adverse, tous hors-jeu, dans l'attente d'une contre-attaque.

Un des attaquants de la horde tirait un pétron de toutes ses forces. Si je me trouvais au milieu, ma tête était emportée, je sortais anéanti du terrain, remplacé aussitôt par moi-même, faute de remplaçant. En face, mes huit attaquants plantés dans les cages adverses, comme au bal musette sous une tonnelle, se lamentaient en short. Il y avait avec eux l'autre défenseur, le correspondant croate, ambitieux, qui tentait le coup de l'ascenseur social en désertant son poste d'arrière pour évoluer secrètement en attaque, derrière les filets.

Malgré tout, j'y reviens. Ce que j'aime bien dans le foot, c'est que le temps passe plus vite que pour nous. Les équipes changent. Les joueurs vivent quinze ans, et nous, comme des arbres, ou des tortues, on se divertit de ces carrières successives, de leur gloire et leur crépuscule. Moi, on m'appelle jeune homme, alors qu'un footballeur de mon âge, c'est une sorte de retraité chauve, du genre Zidane.

J'ai, dans un accès incontrôlable de lyrisme, une crise aigüe de Werther's Originalisme qui se produit parfois depuis deux ans et demi, montré cinq minutes de football à kéké, à la télévision. Il a voulu jouer avec moi, après, inspiré par ces images. C'était simple : il fallait courir vite en direction du ballon, et se casser la figure, puis après, courir, se jeter sur le lit, et se casser la figure, sans toucher le ballon, en faisant "arg !", sauter sur le lit, faire des bonds, se casser infiniment la figure les uns sur les autres. Le 17 juin à 20h50, me semble-t-il, juste avant que je parte chez monsieur Romano pour voir le match, il m'a dit pour la première fois un truc, quand je l'ai embrassé dans son lit : "Je t'aime papa", paf, comme ça, comme dans les films où le gentil meurt à la fin. Je suis passé au Champion, encore scié comme un rondin, je suis arrivé chez Monsieur Romano, et paf, Eric Abidal s'est pris un carton rouge.

[source]

Commentaires

  1. Dorham a dit : aîe ! mon tibia ! dzim pididipidipoum dzinn !

    deuz.

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  2. 'Gnifique

    PS : j'étais avant centre... j'ai bien connu ces gloires sexuelles

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  3. Marc,

    Maintenant, tu es centre gauche ?

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  4. ouais mais rangé des gloires sexuelles :-)

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  5. Oh ! Tu veux encore te faire repérer par wikio et gogole.

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  6. :)
    :))
    :)))
    :))))
    :)))))
    :))))))
    :)))))))
    :))))))))
    :)))))))))

    C'est la Pyramide des sourires. Maintenant, en bon italien, même si ça me révulse, je fais la pyramides des chutes de sourire/

    :))))))))))
    :)))))))))
    :))))))))
    :)))))))
    :))))))
    :)))))
    :))))
    :)))
    :))
    :)

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  7. Frôle de texte, comme souvent!

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  8. Bien sur cette légende de l'italien qui tombe est fausse. Celle des français qui perdent à chaque fois est néanmoins authentiquement vraie.

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  9. Marco Materazzi (Villeneuve St Georges)27 juin 2008 à 16:34

    Vaf'a Napoli !

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  10. Je savais que ça allait en faire tiquer un, le coup de l'italien... :-)

    Pour fermer cette parenthèse foot avant 2010, j'apprends que Thuram ne va pas aller au PSG pour cause de problème cardiaque...

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  11. Italie, PSG...
    c'est moi qui vais faire un arrêt cardiaque si ça continue...

    Attention, ton retour me donne des envies de TRAVIATA !

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  12. Ah mais monsieur, je suis sincèrement triste, moi, monsieur, pour monsieur Thuram !

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  13. ici aussi, il faut passer les deux cent cinquante commentaires ? (dans ce cas là je vais peut être lire le billet, sinon, non)

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  14. Nef : il faut toujours dépasser les 250 commentaires. Une légende urbaine dit qu'on peut recevoir son poids en lapin playbloy, si on dépasse les 1000.

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  15. ouéééééé. (ça pèse combien un lapin play boy? que je calcule si ça vaut le coup )

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  16. Déjà que je ne regarde jamais le foot, si tu t'imagines que je vais lire une note qui parle de ça, tu te fourres le doigt dans l'oeil mon gars !

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  17. Si tu veux, j'ai un article prévu sur le macramé, si tu connais le fameux groupe les VRP... ("Macramé les doigts")...

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  18. les VRP c'est ceu qui chante les hurlement de Léo (la chanson, pas le groupe.)

    c'est l'histoire d'une type qui joue de la scie musicale et qu'on assassine avec son propre instrument tellement il est mauvais joueur (comme un footballeur français vient)

    Les VRP c'est cool. trop.
    ouééé.

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  19. Allez les Verts, putain de poteau carré, Rocheteau une fois il m'a ramassée en stop, j'étais mineure MAIS habillée et là s'arrête ma culture en matière de pétanque.

    Tout ce que j'ai appris à mon fils au sujet des ballons, c'est que ça fait mal quand on se les ramasse dans la poire, le plexus solaire, les tibias, le dos, et ailleurs, bref ça craint et il faut en avoir peur. Je suis fière d'être une bonne mère.

    Mais je lirai le prochain billet, si ça parle pas de trucs dangereux. Promis.

    DB_j'avais_quand_même_l'image
    _Panini_de_Platini,
    _je_suis_pas_complètement
    _inculte_quand_même.

    PS : Lilian Thuram, c'est pas çui-là que sa mère elle est toute fière parce qu'il file sa Danette à ses potes ? L'est pas bien fini, ce mec... Filer sa Danette... N'importe quoi.

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  20. Monsieur parle de foot et cvous commentez quand même ?

    c'est t'honteux !

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  21. C'est drôle tous ces gens qui avouent qu'ils n'ont pas lu. Je me sens plus libre, d'un coup :)

    Bal, chéri, je te l'avoue, je n'ai pas lu une seule ligne de ton blog.

    Jamais !

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  22. En tous les cas moi je dis bonsoir !

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  23. Des footeux il y en a qui méritent d'être vus de plus près.

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  24. En fait j'ai lu le début, ça parlait de foot, j'ai sauté jusqu'à la fin, ça parlait de kéké.
    J'me suis dis, non c'est bon, je lis pas le milieu... paske kéké qui shoote dans des cailloux en se tenant les tibias pendant que son père l'encourage en jouant du coltrane, bof quoi.

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  25. Moi j'ai lu TOUT le billet, MOI j'ai lu tout le billet !!!!

    Je gagne mon poids en quoi ?

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  26. Et même, j'ai regardé les deux derniers matchs avec ma fille en mangeant de la pastèque.

    J'ai remarqué que les espagnols ils jouent pas mal mais ils ont parfois tendance à tourner sur eux même comme un chien qui cherche sa queue avant de se coucher avant de taper dans le ballon à 1 mètre du but (je sais la phrase est très longue et ne tiendrait pas dans Twitter machin, mais en même temps on n'est pas dans Twitter machin non plus).

    J'ai remarqué aussi que les italiens ils se tiennent le tibia en criant mama mia heu l'autre c'est pas du jeu, comme il l'a si TRES BIEN DIT Balmeyer dans son SUPERBE billet.

    (je gagne mon poids en quoi alors hein ?)

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  27. En sex toys ???
    Va falloir faire l'inverse alors, que ce soit moi qui rentre dedans.

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  28. Audine,

    Je suis pliée de rire !
    Tu n'y vas pas par quatre chemins au moins :)

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  29. A part ça, Audine, ne critique pas les Espagnols, c'est mal. Ce sont les futurs vainqueurs en plus !

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  30. J'ai un peu peur que pendant qu'un espagnol tourne autour du ballon pour se demander sous quelle face c'est mieux de le frapper et avec quel pied, il y ait un allemand qui arrive et qui bêtement tape dedans pour le mettre dans le but adverse direct.
    Tu sais, là, cette légende des allemands pragmatiques et efficaces ...

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  31. Audine, je suis pulvérisé de rire, avec ta description du jeu espagnol !!

    Nef : tu connais les VRP ? Incroyable ! Ah la trompette de jazz ! Tout ça.

    Al : bienvenue !

    Bobby : il y a très longtemps, en aout 1998, après la coupe du monde, j'ai vu un joueur de l'équipe d'Andorre qui avait une bonne petite bedaine de boulanger, et bien moi je trouve que ça le faisait, décontract, c'était cool.

    Gaël : à un moment, t'as dit un truc, entre le geazz et le foot, je suis pas d'accord, mais alors, si un peu mais non.

    DBardel : mais voilà comment tout a commencé, pour moi, à cause des images Panini ! On m'en a offert 50 (CINQUANTE) d'un coup, quand j'avais 6 ans, avec l'album "Mundial España". J'ai même brûler l'image de Schumacher, pour la peine, mais je l'avais en double.

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  32. Avant les commentaires :
    Tu apprendras à Kéké à se tenir le tibia en se roulant de douleurs zatroces comme un italien quand il sait qu'il aura un arbitre et du vin ?
    :-))

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  33. Avant les commentaires :
    Moi, dans une vie précèdente, j'étais obèse et donc au foot, détestant autant courir en avant qu'en arrière, je me suis choisi comme gardien.
    Par contre, on ne vient pas des mêmes quartiers, chez nous, on avait même pas les gants !
    :-)

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  34. Pfff, je vais être obligé de faire un billet pour expliquer comment les italiens ont sauvé le football d'une mort certaine ?

    Vous avez déjà entendu parler d'Arrigo Sacchi ?

    Et question je me roule par terre, les portugais et les espagnols le font aussi...

    Mais à la fin, ils gagnent pas...

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  35. J'ai pris une bière avec l'équipe National de Pologne à l'aéroport de Frankfort (qu'il est tellement grand que les employés ont des vélos de service !) un jour d'hiver et de neige carabinée. Je n'ai pas tout compris (à peine des bribes en miettes) mais c'était un bon moment !

    [Le match a été annulé du coup, vu qu'ils étaient aussi coincé que nous !]

    :-)

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  36. Poireau : Tu t'es choisi gardien ou on t'as choisi gardien ?

    Dorham : roh ? T'es fâché ? VRAIMENT fâché ? le problème est, comme tu te fâches, c'est trop tentant, même si je te jure avoir commencé ce billet avant de te voir porter "Italia Campionne, etc." après, bon, c'est sûr, je force un peu le trait, Gunther, Gunther, Gunther...

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  37. Oui mais non Dorham, te fâche pas, là on te taquine, c'était pour voir si tu avais encore un peu de ressort, t'as raison, les espagnols et les portugais se roulent AUSSI par terre en se tenant n'importe quoi et en criant mama mia dans leur langue, et si on te taquine, c'est parce qu'on t'aime hein.

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  38. Alors là je suis énervée mais énervée !

    Dorham tu écris que les Espagnols se roulent par terre mais qu'à la fin ils ne gagnent pas, tu n'as pas vu les trois matchs où ils ont joué ?

    Audine : les Espagnols crient "Madre mia"... Pas "Mama Mia" !

    Pfff c'est moi qui suis fâchée maintenant !

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  39. Zoridae : audine a dit "crier mamma mia dans leur langue.
    Ca incluait de trauire naturellement "madre mia" pour les espagnols et la même chose avec beaucoup de checheche pour les portugais (j'aime bien les portugais, ils font checheche, et quand je leur dit, ils me tapent et on rigolent ensemble...
    Bref sois pas fâchée après audine elle a rien dit de mal, par contre Dorham, il exagère toujours. Tu peux.
    Et dis à ton mari de se taire.

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  40. Mais non, je ne suis pas vraiment faché, je ne me fache quand même pas tout le temps... Pas pour le foot, hein ! C'était un-neuh blague traviatesque !



    Zo, mais oui, j'ai vu le match des espagnols, particulièrement contre l'Italie. C'est le pire match que j'ai vu ces 20 dernières années.

    En règle générale, les équipes latines sont comme ça, un peu caractériels, tragédiennes. ça vaut pour l'Espagne, Le Portugal, et pas mal d'équipes latino américaines. A ce jeu là, je crois que les champions du monde sont les uruguayens qui ont également une tradition de bouchers.

    L'Italie concentre l'ensemble des critiques sur ce type de jeu parce qu'ils l'ont inventé mais aussi parce qu'ils ont beazucoup gagné de trophées grace à lui. Je rappelle pour tous : 4 coupes du monde et 2 championnats d'Europe. L'Espagne a 0 coupes du monde et 1 coupe d'Europe (c'est à dire moins que le France qui est un nain du jeu !)

    Culturellement, ce sont eux qui ont créé "il catenaccio", mais on oublie qu'ils ont inventé le football moderne tel qu'il se pratique chez tout le monde. La France, l'Espagne et les Pays Bas (qui se sont faits piteusement éliminés alors que tout le monde les voyait gagner) jouent comme le Milan des années 80-90.

    Bref, il faut rendre à Cesar ce qui est à Cesar, les 3 dernières révolutions du jeu viennent d'Italie.


    Zo, uniquement pour toi, je suis prêt à supporter la victoire espagnole. Les allemands ont déjà gagné trop de trucs...ils peuvent partager un peu. :)

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  41. Nef,

    j'exagère toujours...ça brule la langue, comme tous les itlaiens...heureusement que je suis pas marseillais :)

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  42. Balmeyer : je me suis retrouvé dans les buts et ça m'allait très bien ! :-)

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  43. Pffff le foot, le foot... Et les livres ? (Balmeyer, t'es tagué again)

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  44. Ant : ok pour le tag, oui j'en ai deux, mais comme on dit, "Tag is beautiful !"

    -------------

    Dorham : regarde, pour me rattraper, j'ai fait un séparateur de réponse made in Dorham. Et oui, j'ai failli parler du "catenaccio" mais je me souvenais plus de l'orthographe, vraiment...

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  45. Billet succulent pour qui le lit, celui qui le lit pas gagne un Donadoni de bronze et Bal est en course pour la 11ème Traviata.

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  46. C'est très bien dit.
    En ce qui me concerne, le plus beau match de foot que j'aie vu a été très bref et sans ballon. C'était il y a un ou deux ans à Buenos Aires, le soir où se jouait le match décisif du championnat (ou la finale de la coupe ?) Boca Juniors contre River Plate (je crois). En toute innocence, nous prenions un pot... à l'endroit où se retrouvent les supporters du Boca Juniors pour fêter la victoire. J'ai cru à un coup d'état : j'ai vu déferler des autocars zig-zaguant au rythme des musiques du Boca Juniors, puis une marée bleue et jaune : des supporters à tête de supporters, bien sûr, mais des mères de famille brandissant leurs bébés (de bleu et jaune vêtus), des vieillards en chaises roulantes, des aveugles, des portraits de Maradona, bien sûr, et j'ai décidé ce jour-là que si un jour je joue au foot contre le Boca Juniors, je les laisse gagner. Les joies sont si rares dans ce pays.

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  47. Mtislav : Glooouuaaaaarrree !! Vive toi, lecteur jusqu'au boutiste de mon billet ! :)

    Merci Georges F. pour votre commentaire ! Le foot est souvent - légitimement - énervant dans notre pays. Passion de beauf ou mode bobo, on ne trouve pas grand chose du délire carnavalesque que l'on peut voir ailleurs.

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  48. Bon ben viva Espana !

    Désolé, ne sais pas comment faire une nigna avec mon clavier...

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