Accéder au contenu principal

Les cordes : l'alto

Personne ne rêve de devenir alto. Personne ne rêve, petit, d’être expert-comptable, ou conducteur de machine-outil, ou hôte d’accueil dans une agence de tourisme. Personne n’est au courant qu’on peut même devenir alto.

Dans les films d’action, le héros ne joue jamais de l’alto. Clint Eastwood joue du saxophone. Son fils, Kyle, de la contrebasse. Bill Clinton, président des Etats-Unis, joue aussi du saxophone. Le président de la Géorgie, lui, aime beaucoup l’alto. Dans le film « Tous les Matins du Monde », on joue de la viole de gambe, en costume d’époque. Dans « un seul matin dans la Creuse », on joue de l’alto, en survêtement de marque Tex.

Sherlock Holmes joue du Violon. Le docteur Watson, j’en suis sûr, a dû s’essayer secrètement à l’alto, entre deux énigmes. Ingres aimait passionnément son violon, tandis que Marcel, peintre de paysages au "Marché de la Création" le dimanche matin, joue de l’alto, sa véritable fierté. Le violon d’Ingres, l’alto de Marcel.

Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour de France, puissant champion sauvé du cancer, est membre honorifique de l’agence mondiale du violon, tandis que Raymond Poulidor, l’éternel second, remis difficilement d’une otite au poignet en mars dernier, porte un T-Shirt offert par l’amicale des joueurs d’alto.

Quand Al Capone, Bernard Tapie ou Didier Goux, flamboyants truands, se font arrêter, on les enferme au violon. Quand Marcel se fait choper, il n’a droit qu’à passer la nuit à l’alto.

Pendant des décennies, les Allemands de l’Est furent soumis aux pires privations. Ils mangeaient peu de viande, ils avaient des voitures grotesques, ils buvaient de la mauvaise chicorée en jouant de la mauvaise musique, à l’alto. Quand le mur de Berlin s’effondra (devant Rostropovitch qui jouait du violoncelle, franchement, pensez-vous qu'il aurait été approprié de jouer de l’alto à cet instant, mais non, ça c’était pour l’effondrement du mur de chez Marcel quand il a voulu faire sa cuisine américaine), les allemands démocratiques se sont précipités chez les luthiers de l’Ouest. Montrez-nous un vrai instrument ! Criaient-ils ! Montrez-nous un violon ! Un vrai !

L’exception prodigieuse à toutes ses règles est évidemment André Rieu, qui selon tous nos calculs et ceux des astronomes perses, serait censé jouer de l’alto au Stade de France. Mais les sciences exactes ont leurs failles.

L’alto est un gros violon. Accordé une quinte au dessous, c’est la troisième voix du quatuor à corde. Les violons ont toute la mélodie pour eux tous seuls, toute la gloire, sales enfants gâtés. Les violoncelles sont au dessus de tout ça, dans leur contentement secret d'être infiniment plus suaves que les autres. Les contrebasses sont inaudibles, des pétaudières, mais elles s’en moquent : ligne la plus grave, elles se prétendent voûtes de toutes les musiques, Atlas vigoureux des Symphonies.

Les altos, eux, tristement, exécutent leur contre-chant, et vont se cacher pour mourir. Ils arrivent, se justifient. Sortent leur ersatz d’instrument. Oh un violon ! L’illusion se dissipe vite. Ils se défendent, gros Calimeros : il en faut bien des altos ! Il n’y a pas de sot instrument ! Il faut bien des experts-comptables, des conducteurs de machine-outil, des hôtes dans les agences de tourisme ! Que deviendrait le monde s’il n’y avait que métiers gratifiants et que du plaisir et que de la lumière ? Un monde de violonistes ? A quoi ressembleraient les mélodies s’ils ne faisaient pas le sale boulot, le contrepoint qu’on ne retient jamais, le beurre blafard sous la confiture flamboyante des violons ?

Ils sont en retard au pot. Ils voudraient bien boire un peu de Champagne, mais il ne reste que du jus d’orange. Ils passent en revue les petits fours oubliés, ceux au brocoli. Ils en mangent ; certains sont périmés. Puis ils vont retrouver leurs collègues en boite de nuit, les physionomistes les refoulent à l'entrée.

Alors ils marchent tristement, dans les rues, les seules où il pleut. Ils pensent au temps où, bras cassés, ou bien anomalie congénitale, ou perdants aux courses conservatoires, ils se sont orientés - finalement - vers l’alto, afin d’apprendre un vrai métier, parce que faire du violon ce n’était pas sérieux, c’était pour les cigales, les filles faciles, les traînées. Leur mallette à la main, ils rêvent soudain à ce qu’auraient pu faire les bandits s’ils avaient eu de la suite dans les idées ; cacher de plus grosses mitraillettes dans les plus gros étuis des altos.

Quelque part dans le monde, un violoniste tombe. On le rapatrie en France. Le président vient le voir, il lui remet une médaille, il parle avec sa famille, son hématome au coude est opéré par la professeur Cabrol en personne. Quelque part dans le monde, un alto tombe, il s’est foulé une cheville. On vient l’examiner, la patte est atteinte, il va sans doute boiter toute sa vie ; on l’achève.

Commentaires

  1. Très drôle et délicieusement injuste (mais pas entièrement faux) ! Injuste notamment avec les Allemands de l'Est chez qui, durant toute l'occupation soviétique, le côté allemand l'emportait largement sur le côté "de l'Est", en ce qui concernait la qualité de leurs orchestres...

    RépondreSupprimer
  2. L'alto c'est pâlot, c'est fallot, c'est ballot, c'est toujours un peu l'autre...

    RépondreSupprimer
  3. Il faudrait en parler à ton psy, de cette aversion pour les Marcel.

    RépondreSupprimer
  4. Didier Goux : mon Dieu, la fièvre vous a affaibli à ce point ? Vous me complimentez ! (smiley ! smiley !) Pour ce qui est des orchestres de l'Est, j'avoue mon ignorance totale à ce sujet, que je compense par de la mauvaise foi !

    merlinbreizh : j'ai mis un certain temps pour :o)

    Poireau : tu auras compris à la fin, ce sont les enfants les moins prodigues qu'on chéri le plus ! :) [sait-on jamais si des altistes me lisent] Techniquement, je me suis souvent identifié à ce type de personnage, quand je jouais de la basse pour un certain répertoire : mon instrument semblait le plus anonyme de tous. Mais j'aimais bien cette position "à l'ombre". Pour le jazz, c'est différent, il y a des mythes pour tout le monde.

    franssoit : j'ai bien peur qu'il ne s'appelle Marcel lui aussi...

    RépondreSupprimer
  5. Je note la référence aux astronomes perses...
    Ancien tromboniste, j'ai hâte de découvrir une jolie série cuivrée!

    RépondreSupprimer
  6. Maxime : oui ! Coïncidence supplémentaire, j'ai écrit ces lignes avant-hier, peu avant de lire cet article sur la Perse antique ! Je me suis dit : "tiens, je vais le laisser tel quel, ça fait un clin d'oeil à moi même dans ma vie privée".

    Pour les autres, j'explique le private com' : Maxime vient de publier un billet sur l'Iran où il a séjourné, à l'instant même où je lisais un reportage dessus dans National Geographic. Cela m'amène à penser que le monde fait de grands efforts pour être cohérent à mes yeux, sans doute une récompense divine suite à mon billet sur le violoncelle.

    RépondreSupprimer
  7. D.ieu, c'est comme le chef des JO, il donne des médailles à n'importe qui maintenant !!!
    :-)

    RépondreSupprimer
  8. Lans Armstrong, ce n'est pas du violon qu'il faisait, mais de la trompette sur la lune.

    Lance Armstrong, lui, par contre, a passé la nuit au violon à cause du dopage.

    Quant au président de Géorgie (et de l'excellente référence documentaire qui l'accompagne), je voulais faire un jeu de mot sur "alto feu" mais il a déjà été pris.

    RépondreSupprimer
  9. Poireau : sans compter les soupçons de dopage...

    Nicolas :oooops ! Je corrige.

    RépondreSupprimer
  10. " On vient l’examiner, la patte est atteinte, il va sans doute boiter toute sa vie ; on l’achève". Et on parle de lui au passé : "Feu alto".

    C'est un jeu de mot qui est moyennement réversible.

    RépondreSupprimer
  11. Lance Armstrong, au niveau hématocryte, il a l'taux faisandé !

    [Monsieur Poireau travaille du ciboulot !]

    RépondreSupprimer
  12. Je ne m'y connais pas suffisamment en sport cycliste et en tricot de corps masculin pour commenter ce billet intelligemment.
    Et puis je n'y comprends rien dans les grosseurs différentes d'instruments.

    RépondreSupprimer
  13. @Audine : c'est un truc d'hommes !
    L'alto m'émeut dans sa modestie, moi.

    RépondreSupprimer
  14. Euh, question peu être un peu stupide, mais je suis pô du tout musicien, s'cusez moi : on dit pas "un alto, des alti"? comme ça??

    merci d'éclairer ma lanterne!

    RépondreSupprimer
  15. Nicolas : très bon le jeu de mot !

    Poireau : très mauvais, mais très bon aussi !

    Audine : un alto, c'est comme un violon, mais en plus grave. Tu vois, c'est comme Dorham, c'est un blogueur, mais en plus "grave".

    Marie-Georges : moi aussi.

    Fab-Fab : houla, bonne remarque. Wikipedia autorise les deux.

    Je devrais le savoir ! Je vis avec une soprano.

    Exemple : "Quand mon amie soprano invite ses amies, je m'ennuie beaucoup avec leur conversation incompréhensibles de soprani".

    RépondreSupprimer
  16. Je suis personnellement très opposé à ces pluriels en "i" pour les mots d'origine italienne, ce me semble un snobisme un peu beaucoup ridicule. Diriez-vous que vous avez gobé un spaghetto ? Lancé votre dernier confetto ?

    Si l'on adopte un mot, il doit se plier à la syntaxe de sa langue adoptive, c'est tout. Dans le même esprit, j'écris des sandwichs et non des sandwiches.

    RépondreSupprimer
  17. Cette nuit, j'ai été faire pipo dans les lavabii.

    A mon grand regret, je dois avouer que je suis d'accord avec Didier. J'en ai marre de ces connards de collègues qui parlent de scenarii de migration, par exemple, par pure snobisme. Pour le pluriel des mots anglais, par contre, je mets souvent un "e". Mais uniquement parce que ça ne coûte pas cher.

    Hein ? Personne ne m'avait demandé mon avis ? Désolé.

    RépondreSupprimer
  18. Moi non plus.
    Un euro, deux euri ?
    Au sujet de l'euro, je mets quand même un S au pluriel. Je sais, c'est mal.
    Tsouing tsouing (bruit d'alto pour feindre de rester dans le sujet)

    RépondreSupprimer
  19. Crise dans les médias, Crise dans le médium ?

    Sinon, le top étant de dire "des altis", des "sopranis"

    Je vais trancher la question de manière universelle : les sopranos, chanteuses extravagantes et narcissiques, à côté desquelles les blogueurs sont des modèles d'abnégation et de pudeur, méritent le terme de "SOPRANI", question de cohérence.

    Les altos se contentent d'un très normal "altos". La faute d'orthographe suivante est même tolérée : "LES ALTO". Voire, "LES ALTAUS". Ce n'est pas grave.

    RépondreSupprimer
  20. Nicolas d'accord avec un troll nazi : désormais, je peux ruiner sa carrière de left blogueur d'un simple battement de cils...

    RépondreSupprimer
  21. Balmeyer : une crise dans le medium s'appelle en réalité un rhumatisme articulaire digital. Essayez d'employer les expressions justes, bordel !

    RépondreSupprimer
  22. Didier, vous avez toujours aimé les panzers et autres bolides puissants, c'est un peu votre côté Sagan...

    RépondreSupprimer
  23. j'adore le breakdance écrit un article dessus s'il te plait sans te supplier

    RépondreSupprimer
  24. frey : c'est comme si c'était fait !

    RépondreSupprimer
  25. Excellent ! Le meilleur des trois billets, selon moi. J'ai souvent pensé exactement la même chose, éprouvé cette même peine, ce même sentiment d'ingratitude face à un orchestre, en regardant les pauvres pupitres d'alto. J'imagine que tu as gardé quelques cacahuètes pour les violons, à présent ?

    RépondreSupprimer
  26. olivier : merci ! :) Comme d'hab, quand on laisse filer un tout petit peu de temps, le dernier de la liste (sans compter le breakdance du spectre "frey", of course) est le plus dur à terminer ! :)

    RépondreSupprimer
  27. Tiens Didier est dans sa période nazie...

    RépondreSupprimer
  28. N'empêche que l'Alto te permet d'écrire un joli texte avec des mots Alto qui touche le ciel. Alto n'est pas "petito" (terme catalan espagnol) signifiant "petit".

    RépondreSupprimer
  29. Pour voir avec quoi donc est ce que tu t'énerves, je t'ai tagué Balmeyer.
    (faut parler des 3 trucs qui t'énervent le plus. Non mais tu croyais pas sérieusement que tu allais y échapper ?)

    Ca t'apprendra à prendre du retard sur tes billets d'instrument.

    RépondreSupprimer
  30. Tu étais tout malheureux de ne pas être tagué, voila qui est fait! 5 blogs que tu aimes bien. Mais bon, c'est l'autre sur lequel tu avais réagis, du coup, tu as une dérogation spéciale. Si tu veux faire l'autre (3 choses qui t'énerve) lâche toi!
    ;-)

    RépondreSupprimer
  31. Un violoniste a remarqué qu'à chaque reprise de répétition, un altiste regardait systématiquement dans la poche de sa veste avant de prendre son instrument.

    Il en était fort intrigué. Et cela durait depuis des années. Un jour, par une forte canicule, l'altiste en question laissa sa veste sur sa chaise et sorti.

    Après que tout le monde ait quitté la salle, le violoniste est allé y voir de plus près. Il trouva écrit sur un morceau de papier :

    "L'alto dans la main gauche, l'archet dans la droite".

    RépondreSupprimer
  32. Comme cette série de texte est bonne, maître paltoquet, comme je me répands de suite en béats compliments...

    Franchement, y a bien pire que l'alto ; le mec aux cymbales tout au fond qui ne lève son cul que trois fois dans La Flute enchantée (il rêve de jouer la Tetralogie qui l'emploie bien davantage)...

    Superbe, ça arrache, ça pulse, ça déchire sa race...

    (Didier a tant de périodes que l'on ne peut pas suivre, c'est quand sa période Gilles de Rais ?)

    RépondreSupprimer
  33. Dorham,

    Excellent, Gilles de Rais !

    RépondreSupprimer
  34. J'ai du mal à croire que j'ai dix billets de retard en réponse au com... Vindiou, vous avez lâché vos coms !

    Christie : merci. Si j'étais Nicolas, je dirais "moi j'aime beaucoup les pépitos", mais je ne suis pas Nicolas, alors je ne le dis pas.

    Audine : ciel ! un tag ! j'en réclame, et je les fais pas. Des fois, heureusement que je m'aime, sinon je m'aimerais pas.

    Cigüe : pareil ! Du boulot !

    Cher anonyme, merci pour ton commentaire, je suis plié de rire ! Quelle idée d'être anonyme, aussi.... :(

    Dorham : oui ! lol ! Si je me retenais pas, je ferais un billet sur les cymballes, ouf que je me retiens.

    Zoridae : ouais hein, il est bon Dorham ! Bon, il a du souci à se faire avec des Spermy qui arrivent, mais il se débrouille encore pas mal, notre Traviata-Punk !

    (mais comment fait Nicolas pour répondre à tout le monde ? O_o)

    RépondreSupprimer
  35. (Dorham : trop génial ! ;))))))))))

    \o/

    lol !!

    (c'est pour voir si y'en a qui suivent)

    (je vous jure, je suis absolument sobre !)

    RépondreSupprimer
  36. C'est comme qand tu es alto dans une chorale.

    Les sopranes et les ténors vocalisent à tout va et chantent la ligne mélodique que tout le monde connait, tandis que toi, tu galères avec un air qui ne ressemble à rien.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Wagram

Avenue de Wagram, devant un hôtel trois ou quatre étoiles, quelques barrières ont été installées de part et d'autre pour que s'accumulent des jeunes filles en fleur et en short. Elles semblent attendre depuis un moment, immobiles et compactes, et ce regroupement, provoqué manifestement par une prochaine épiphanie de vedette, emplit ce fragment d'avenue du bruissement électrique de la Célébrité. Des touristes et passants intrigués s'arrêtent pour scruter les jeunes filles qui scrutent l'entrée de l'hôtel, et moi je scrute à mon tour les passants curieux. Cela aurait été un triangle parfait de scrutement si les jeunes filles m'avaient regardé moi, mais en vérité je suis informaticien.

Chacun y trouve son compte, dans ce grand drame de l'attente ; par exemple moi-même, n'y comprenant rien, j'observe la scène tel un contempteur bien au dessus de tout ça. Si ces jeunes filles ont décidé d'être une foule dense à raison de huit par mètre carré, com…

La lanterne magique

Quand l'étincelle a disparu, dans cette lanterne magique qu'est la tête, le film du monde est laid. On regarde le soleil qui s'y couche comme un gros tas flasque de particules molles. Les chiens sont des boites à bruits, au bout des laisses, comme des yoyos à jamais déroulés. Les gens ont des barbes qui vous grattent à vous. Ils parlent en faisant des fautes d'orthographe. Les arbres s'alignent de manière bucolique comme des bâtons pour chiens, plantés là. Vous êtes ce chien qui ne peut prendre les arbres dans votre gueule, ces bâtons de joie, et détaler. Vous regardez les arbres, intransportables, et plus rien ne court. Vous vous retrouvez nez à nez dans un endroit où vous étiez content, une fois, et vous voyez votre ombre encore contente (car les ombres sont lentes), et vous vous sentez de trop dans ce souvenir heureux plus réel que vous-même à cet instant. Vous quittez les lieux poliment. Il y a des magasins qui vendent des thés ridicules. Il y a des bars qui ve…

Ballons

Nous nous promenions au parc de Sceaux, il y avait une sorte de kermesse pour lutter contre les myopathes (contre la mucoviscidose me corrigea Emeline). Derrière les stands, s'activaient des gens qui vendaient des parts de gâteaux au prix d'un ticket vert. Il y avait des panneaux explicatifs sur la maladie, des jeux de pêche et de massacre.

Un speaker remercia la fanfare de Clamart. J'y avais remarqué un joueur d'hélicon assez maigre, et ceci me plut car je tenais, à l'occasion, des statistiques sur les membres des fanfares, afin d'établir un jour une pittoresque découverte. J'avais déjà noté que les joueurs d'hélicon étaient souvent maigres, ce qui me fascinait car l'instrument exigeait de la puissance, et donc un costaud au bout du tube me semblait-il ; je croisais certes sur ma route une fanfare environ une fois l'an, l'étude avançait lentement mais malgré tout, je tenais pour certain que l'hélicon était si gourmand qu'il épuisait…