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In bed with André Rieu

Le lundi 2 mars 2009, vers 21h30, le violoniste André Rieu entra sur la pelouse du stade Bollaert, à Lens, lors de la rencontre de Ligue 2 entre le Racing Club de Lens et l'Espérance Sportive Troyes Aube Champagne. Il interpréta « les Corons », chanson de Pierre Bachelet, air traditionnellement repris par les Lensois à chaque début de seconde mi-temps. En queue de pie, avec un orchestre en play-back, et éventuellement lui-même en play-back, André Rieu, le hollandais violon, se promena sur le rond central, sans se départir de son sourire lunaire, cerné par des dizaines de cameramen, dont certains étaient des preneurs de son. La chanson fut reprise avec ferveur par les trente mille supporters nordistes – avec tout de même un léger décalage, ce qui arrive toujours quand des milliers de gens chantent en chœur avec un violon. Cette configuration provoqua un populaire et sympathique brouhaha de foule, ce qui attendrissait toujours André Rieu.

La reprise des « Corons » par André Rieu est disponible sur son dernier album « Passionnément », qui est déjà disque d’or.

Après l'exécution de la chanson, André Rieu salua le public, donna le coup d'envoi fictif de la rencontre et rentra chez lui. Le coup d'envoi fictif des matchs de football est parfois donné par un personnage qui n'est pas un joueur, pour le symbole, pour le mettre en avant, lui ou bien une cause. Par exemple, lors de la rencontre Toulouse - PSG du 22 mars 2009, il s'agissait d'une Madame Claude, non pas une tenancière de lupanar, mais tout bonnement la toulousaine madame Claude Nougaro. C'est parfois un enfant handicapé, parfois une chanteuse locale, parfois un grand pâtissier qui vient de créer un emploi, parfois un ours des Pyrénées, parfois un violoniste hollandais. André Rieu salua la foule, puis sortit du terrain, gagna le couloir qui conduit aux vestiaires. Là une quarantaine de jeunes ramasseurs de balle attendaient le musicien, il leur signa un autographe, à tous.

André Rieu vivait dans une grande villa en forme de stade. Au centre du salon, un épais tapis d’orient vert comportait en son centre un rond central, dans lequel il se mettait parfois, tout au centre. Lorsqu'il souhaitait étrenner une nouvelle paire de chaussures en cuir noir, il s'y plaçait, et le craquement des souliers neufs accompagnait moelleusement une valse mélancolique. Ce soir là, encore, le violoniste batave répéta (en play-back) parmi ses murs richement décorés des disques d’or de ses précédents albums :


La valse de l’Empereur (1998).
Le Bonheur à 3 temps (1999).
Festival Strauss (1999).
Joyeux Noël (2000).
Chansons Populaires (2000).
Croisière Romantique (2002).
Bal à Vienne (2003).
Douce Nuit (2003).
La vie est belle (2003).
Romantique (2003).
Bal du siècle (2003).
Aimer (2003).
Le Monde en fête (2004).
Valses de Toujours (2005).
Romantic Moments(2005).
Les Mélodies de mon cœur (2006).
Les Noëls de mon cœur (2006).
New York Memories (2006).
L’Album de Noël (2007).
Un bal romantique (2007).
Concert à Vienne (2008).
Paradis (2008).
Les 100 plus belles mélodies (2008).
Il était une fois (2009).

André Rieu, maintenant au centre de son lit, s'était endormi, bercé par lui même. Il portait encore son costume impeccable de concert, et serrait contre sa joue son cher instrument, un Stradivarior fabriqué à Honk Kong par le luthier de prestige Vienna Incorporated. On entendait sur la table de chevet le bruit cristallin d'une fontaine à eau pourvue de moulins mécaniques et de tulipes à ressort. C'était le souvenir d'un de ses nombreux coups d'envoi, lors du match des Los Angeles Galaxy contre le Las Vegas Football Club, à l'hôtel Kehlsteinhaus, célèbre reconstitution du nid d'aigle bavarois d'Adolf Hitler, entre une pyramide-jacuzzi et un Taj-Mahal-pressing, où les serveuses, des femmes blondes aux seins phénoménaux, arboraient des petites moustaches, tandis que le chirurgien-plasticien en chef de l'établissement, surnommé "panzer-boobs", portait des toasts debout sur sa chaise lors des concerts de charité organisés au profit des chanteuses locales non-voyantes.

André Rieu souriait dans son vague sommeil. Que cachait son sourire énigmatique ? André Rieu à cet instant, le violon serré plus fort contre son cœur, paraissait un mystère parfaitement opaque ; peut-être dans son esprit survenait tout d'un coup le secret de la vie, une révélation, la réponse à toutes les énigmes du monde, et qu'il n'en disait rien, satisfait d'être cette boite de Pandore hermétiquement close. Peut-être que Jésus-Christ en personne apparaissait au centre de son crâne, pour donner le coup d'envoi de la Bonne Nouvelle, et qu'il se mordait les doigts en criant : "Au secours, j'ai beau être le fils de Dieu, je me suis perdu dans le cerveau d'André Rieu, get me out of here !". Peut-être, qui sait, qu'un vent glacial balayait la surface de l'esprit d'André Rieu comme un souffle martien dans le chaos de l'espace. Et peut-être qu'une pensée étrange découvrait cette planète inexplorée, l'âme d'André Rieu , après un siècle de voyage, une pensée de préservatif à énergie solaire, ou bien l'idée d'une choucroute thermale, et cette pensée incongrue, en débarquant, envoyait anxieuse ce message aux indigènes : je viens en ami ! Cette pensée pensait : est-ce le moment d'enlever le casque de mon scaphandre, dans l'atmosphère étrange de l'intelligence d'André Rieu ?

André Rieu semblait être sa propre Joconde. Sans doute cherchait-il à percer son mystère, lui aussi. Cherchait-il une solution, sa solution, passionnément. Je viens de résoudre ma propre énigme, et mon numéro de téléphone portable n'est rien d'autre que le nombre d'or. Ou bien souhaitait-il se lever et se frapper avec une violence inouïe, s'assommer, furieux, du scandale d'être lui même, de l'impossibilité d'être André Rieu.

Peut-être qu'au lieu de tout cela, il faut à cet instant penser au destin d'un autre homme. Il s'appelle Paul. Il est second violon au second pupitre de l'orchestre d'André Rieu , et il joue tous les soirs en play-back, dans un stade du monde. Il constate qu'un footballeur va donner le coup d'envoi d'un Boléro de Ravel , échange de bons procédés avec ses relations de stade. Paul n'a pas changé les cordes de son second violon depuis des années, il ne tend même plus le crin de son archet, lorsque le disque d'accompagnement démarre, il monte son bras en haut et en bas, comme s'il se caressait machinalement devant une émission de radio pornographique. Puis entre les deux mouvements du Boléro de Ravel qui n'en compte qu'un, il envoie un texto à la seule personne pour qui il importe, son chien. Un téléphone portable est posé près de la gamelle du chien, qui se nomme Paul également, mais le comble de la misère est que Paul ignore que l'appareil n'a plus de batterie, et que les textos se perdent dans le néant de l'infini, et qu'il y a probablement plus de chance qu'ils soient captés par l'esprit d'André Rieu que par Paul, le chien de Paul.

Pendant ce temps, André Rieu joue la célèbre valse de Dmitri Chostakovitch, dans un rêve d'André Rieu, il est comme le violoniste roumain du métro, mais au lieu de passer dans les wagons miteux parmi des iPods en train d'écouter des gens aux batteries faibles, lui, gitan formidable, il est le violoniste de l'Orient-Express, aux murs chamarrés, aux fauteuils vastes et mous, où même les fenêtres sont richement décorées de paysages, empilement de châteaux autrichiens et de nids d'aigles figés dans les hauteurs. Des femmes entre deux âges l'aiment passionnément.

La nuit était totalement tombée, transporté par ses visions d'Orient-Express, André Rieu dormait. Au Nord c'était les corons, à l'est c'était Vienne et ses valses d'empereurs, à l'Ouest, rien de nouveau.

Non, car à l'Ouest d'André Rieu, soudain, un gyrophare rouge, surplombant une sorte d'interphone marron, se mit en marche, sur la table de chevet. André Rieu se réveilla, il appuya sur l'interrupteur et dit :

"Ici André Rieu, je vous écoute, monsieur le Maire.
- André Rieu, nous avons un problème, grésilla la voix. il y a un Philippe Candeloro géant, déguisé en mousquetaire, qui s'attaque au centre-commercial Charles Hernu. Il va tout détruire !"

Le sang d'André Rieu ne fit qu'un tour. Les paroles du Maire résonnèrent dans l'esprit d'André Rieu, comme les chants d'enfants dans une cathédrale, tandis que l'apparition de Jésus-Christ, toujours coincée dans l'encéphale du musicien ultra-outre-quiévrain, tambourinait aux parois : "Laissez-moi partir ! Pitié !" Un nom le ramena plusieurs années en arrière, lorsqu'il était encore jeune étudiant romantique portant des lavallières. Ce nom, mon Dieu, ce nom lui rappelait quelque chose de beau, de profond, de perdu. Pas Philippe Candelorro, mais plutôt... et la voilà, surgissant du passé, fantôme des ses folles années viennoises, le visage de son premier amour, Charlotte Hernu.

André Rieu sauta de son lit, et voulut s'habiller, avant de se rappeler qu'il était constamment habillé. Empoignant son violon d'une main, son archet de l'autre, il fit tinter une cloche pour prévenir de son départ inattendu.

Apparut alors son domestique inquiet et sourd, un ancien guitariste du Rondo Veneziano, mi joueur de football, mi peintre, le bienveillant Ronaldo da Vinci :

"Maître, soyez prudent, prenez garde à vous !
- Ne t'inquiète pas, brave Ronaldo, c'est simplement une mission de routine. Je reviendrai avant l'aube.
- Hein ?
- Non rien."

Et André Rieu sauta par la fenêtre, tandis qu'au loin, dans l'horizon de la nuit obscure, brillaient les flammes ravageant déjà le centre commercial.


La suite au prochain épisode : "André Rieu contre la Femme Visible".

Commentaires

  1. Tout va bien. Balmeyer est à nouveau taré.

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  2. Carnaval !

    Inutile de dire que j'adore, plus c'est con plus c'est bon, et si en plus c'est métaphysique et qu'il y a des panzer en forme de nichons, c'est carrément le nirvana...

    Le Hollandais violon...mouhahaha !

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  3. mais non il est loin d'être taré ! avec ce billet il va devenir la cible de hordes de fantiquEs cherchant le bel André sur le ouaibe !

    good job Balmeyer !

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  4. Merci ! Tarés vous-mêmes !

    Gaël : des fanatiques d'André Rieu ? Ouaw, c'est pire que les loup-garous cette histoire, je vais menacer kéké de ça s'il ne mange pas correctement... : "Kéké !!! Mange ta soupe !!!!! Ou j'appelle le fanatique d'André Rieu qui dort dans le placard !"

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  5. Finalement, tu fais bien de ne pas reprendre la viande.

    (purée ça dégage, et c'est drôlement bien documenté, musicalement parlant).

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  6. Un jour le crin du violon va faire exploser le ballon...et B. sera là pour receptionner la lavallière de Rieu, ballon d'Or 2048. mdr.

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  7. J'en veux aussi !

    Fume c'est du Hollandais .

    Bésitos


    ps : applaudissement.

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  8. Ce que j'adore c'est que personne ne s'inquiète pour moi !

    J'ai peuuuuuuuuuuur !

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  9. S'il est taré, c'est peut-être un de ta faute !

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  10. Nicolas,

    Toi qui t'y connais tu devrais savoir qu'à ce point là c'est de naissance... Hélas !

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  11. Vous vous moquez des gens ordinaires qui aiment les valses viennoises. On voit où vous voulez en venir. C'est moche.

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  12. Très belle histoire, j'en apprends beaucoup sur la vie d'André Rieu et de Paul, le chien de Paul. Avez vous remarqué que ce n'est jamais un cul de jatte qui donne le coup d'envoi des matches de foot?

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  13. N'empêche Suzanne, (et bienvenue ici au passage), le match Lens - Troyes, qui c'est-ti qui l'a écouté, hein, c'est moi, et pas vous, alors, et toc ! Alors faites pas votre snob si passionnément. :)

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  14. Stradivarior c'est excellent ! Une bonne lecture de Coelho sur la Valse n°2 et le tour à trois temps est joué !

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  15. Quelqu'un qui se moque d'André Rieu, voire lui vomit dans les ouïes, est le plus souvent quelqu'un qui adore les valses viennoises. Et ceci explique facilement cela.

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  16. Didier, je suis parti du principe que le commentaire de Suzanne ("votre" Suzanne) était au second degré. Si ce n'est pas le cas, ça peut être intéressant, et ça rejoint un "tag" de Dorham que je peine à pondre depuis des lustres.

    André Rieu, il est au delà du Bien et du Mal, il est juste au Pôle Nord, là où les boussoles s'affolent. Et comme me l'a appris Nicolas, André Rieu est le fils d'André Rieu, ce qui est phénoménal, tout de même.

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  17. Tu mets quoi dans sa nourriture Zoridae ???

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  18. Je viens de comprendre le rapport entre le foot et André Rieux, ce qui donne un sens à ce texte auquel je n'en trouvais pas, de sens, ce qui ne me dérangeait pas tant que ça puisque j'ai lu les mots dans le désordre, je me méfie un peu de vous à cause des hirondelles du Graal, mais seulement après les commentaires qui disaient que vous étiez à nouveau taré, et les pleurs de Zoridae et les panzers en forme de nichons, de toute façon ici on est chez les fous, du coup je me suis dit mais si ça se trouve il ne parle pas vraiment de ce chef d'orchestre qui j'ai vu parfois à la télé devant des robes qui tourbillonnaient sur le Beau Danube Bleu. J'ai écouté dans Youtube un truc de Rieux en me demandant s'il y avait un message caché et je ne comprends pas pourquoi vous lui voulez tant de mal et ce que vous reprochez aux Valses Viennoises, je voudrais bien vous y voir avec un violon, tiens.

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  19. Mais en fait, les frites, tu les fumes alors ? C'est ça le truc ?

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  20. Suzanne,

    vu que je n'en suis pas à un snobisme près, je veux bien me dévouer pour expliquer pourquoi je déteste et André Rieu et les vases viennoises.

    En revanche, j'aime beaucoup Chostakovich. Ce qui me fait haïr encore davantage ce brave André !

    Sinon, ça s'explique pas, c'est toute une conception capilaire, une conception du look, des voiliers, du cheveu dans le vent, qui nous opposent.

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  21. Dorham : je dois vivre en dehors du monde car ma télé ne m'a montré qu'une fois cet homme (Rieu). Il y avait un reportage, on faisait écouter sa musique (enfin, du Brahms) à des gens qui sortaient de je ne sais plus où, du cinéma ou de l'opéra, et on leur demandait ce qu'ils en pensaient. la plupart répondaient "oh, pas mal, c'est qui ?" Alors on leur disait "André Rieu" et ils avaient l'air d'avoir mangé du jambon qui sent un peu.
    Je ne regarde pas le foot à la télé, je n'ai que des vices. Donc, si on a remplacé les arbitres par des violonistes, c'est une bonne nouvelle. J'essaierai de ne pas louper le prochain match, ça doit être beau, des footballeurs qui valsent.

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  22. Mon Dieu, des pirates de l'air sont en train de détourner mon blog vers une destination imprévue : un débat pour ou contre André Rieu !

    Les carottes sont cuites.

    Suzanne, ici, c'est Cordier ni-juge ni-flic ; j'ai pris un grand plaisir à faire ce billet, plaisir qui aurait été bien moindre s'il s'était agi d'une violente diatribe contre les Valses Viennoises ou d'un pamphlet sans concession et courageux contre André Rieu.

    (mais ça me donne une idée : "Contre André Rieu", ça ferait un bon titre de pamphlet, tout compte fait, ah oui).

    Ce que vous dites sur les gens qui écoute André Rieu et qui trouvent ça pas mal, en "aveugle", est intéressant. Cela dit deux ou trois trucs sur le snobisme au passage, c'est bon à prendre. Et c'est toujours ce que j'ai entendu à propos de notre héros : c'est un premier violon très correct qui a un flair du tonnerre pour faire des disques d'or.

    D'ailleurs c'est ce qui est intéressant, avec le kitsh d'André Rieu, c'est qu'il n'est pas un gros mauvais comme le footballeur / chanteur Jean-Pierre François, ça serait trop facile. Il a quelque chose comme un soliste pas fini, un mix improbable du winner-loser, quelque chose qui m'intrigue vraiment, que je trouve énorme, qui est au delà su second degré, et que je ne saurais pas trop décrire pour le moment.

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  23. Balmeyer:
    Je suis un affreux boulet (honte, honte.)
    (Mais quand même, ce n'est pas moi qui vais in bed with André Rieux.)

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  24. Une modeste contribution au gros buzz qui se crée actuellement autour d'A.R. >>>

    Mais je ne suis qu'un suiveur.
    A

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  25. Mais non Suzanne vous n'êtes pas un boulet ! J'ai un petit faible pour vos discussions homériques, avec Dorham, vous savez.

    Ce dernier est un peu mou du genou, d'ailleurs, je trouve en ce moment. :)

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  26. Quel homme, quand même, cet André Rieu, pour nous donner ce billet au romantisme échevelé, quoique discrètement alopécique! Parce que c'est lui le véritable auteur, et vous l'avez simplement rewrité, n'est-ce pas Balmeyer?

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  27. Jusque-là, je dois dire que vous m'étiez plutôt sympathique, Monsieur Balmeyer. Jusque-là, c'est-à-dire jusqu'à votre message d'hier 26 mars 2009, 19h11.

    En tant que vieux fan de Rahan, je me dois en effet de protester énergiquement contre le qualificatif de « gros mauvais » que vous avez lancé sans ménagement à l'endroit de Jean-Pierre François. Pareille moquerie fait peu de cas, en vérité, de la révélation qu'eut autrefois Paco Rabanne, de laquelle il ressort que JPF serait la réincarnation, tout juste un peu dégénérée, du Fils des âges farouches.

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  28. Indépendamment de cela, du reste, laissez-moi vous dire que si vous n'êtes pas sensible à la beauté étrange de la poésie néo-éluardienne de Jean-Pierre François...

    Dans les miroirs chinois,
    Dans le bleu des photos,
    Dans un regard de chat,
    Dans les ail's d'un corbeau,
    Dans la force d'un âne,
    Dans la couleur de l'eau :
    Je te survivrai !


    ... c'est que vous passez à côté d'un grand nombre de choses.

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  29. Chieuvrou : malheureusement, je pense qu'à près bientôt deux ans de blogage, je viens avec ce faux-pas de révéler ma vraie personnalité, de montrer la face hideuse d'un anti-jean-pierre-françoisiste primaire.

    je voudrais m'excuser auprès de sa famille, son frère Frédéric François, son oncle Claude François, son neveu, Feldman François, sa femme, Jean-Pierre Françoise.

    Je terminerai par ce quatrain de Jean-Pierre François Villon :

    Je suis Jean-Pierre François dont il me poise
    Né de Paris, emprès Pontoise,
    Et de la corde d'une toise,
    Je doute fort que je te survivoise.

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  30. J'ai entendu dire qu'il était également apparenté à la fameuse famille Giret-Palvoir, dont les membres les plus célèbres sont, je le rappelle, Claude (ou Frédéric, ou Jean-Pierre, selon ses différents noms de scène), François, Chantal et Olympia.

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  31. Je suis Pierre-François et je ne comprends pas
    Par quels vils glissements vous arrivâtes là
    De ce Rieu stupide aux poètes défunts
    De ce Claude électrique aux François car enfin
    Coppée, Malherbe et moi nous prénommions François
    Et s'il vous plait, pendards, de railler mon prénom,
    Pensez qu'au Purgatoire nous nous retrouverons
    Moi muni d'un couteau, et vous de vos violons.

    Pierre-François Lacenaire

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  32. Faut que je prenne des vacances, je comprends encore moins les commentaires des billets de Balmeyer que ses billets !

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  33. André Rieu... c'est pas celui avec qui Adjani avait eu une "love affair" ? et qui l'avait lâchement, comme les hommes savent si bien, larguée pour une autre actrice, une même pas plus jeune qu'elle... je me souviens qu'ils avaient, la 'nouvelle' et lui, le même coiffeur (chez qui d'ailleurs j'allais aussi, et où je les découvris dans 'Paris Match'), puis il l'a épousée tambour battant, histoire de clouer le bec à l'autre, l'Adjani. Si ce n'est lui c'est son frère siamois, tous dans la même Jarre... Bon, j'attends la suite avec impatience, où l'on saura enfin si Adorno avait raison de détester le jazz ;-)

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  34. Adjani a eu une love affair avec André Rieu ??????? Naaan ? Oh, juste pour ça, j'adore avoir un blog !

    Je sais pas ce qu'a dit Adorno, mais je serais vraiment curieux de savoir le début du commencement du raisonnement pour détester le jazz !! :)

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  35. Juste pour préciser... A tous les lecteurs de ce billet, je tiens à dire que Mr Balmeyer, mon époux, en ce moment arbore la même coupe de cheveux qu'André Rieu... Heureusement, il joue de la contrebasse et pas souvent...

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  36. Juste pour préciser... À tous les lecteurs de ce billet, je tiens à dire que M. Rahan, idole de mon enfance, arborait la même coupe de cheveux que Jean-Pierre François il y a quelques années... Heureusement, il ne jouait que rarement au football...

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  37. Juste pour préciser... À l'auteur de ce billet, je tiens à dire que Mme Adjani, qui en pinça naguère pour certaine forme de JMJ, aurait sans doute trouvé que la coupe de cheveux de ce pape du cross-over kitsch qu'est Dédé Rieu manquait quand même un peu d'Oxygène... Heureusement, autrement dit, que, craignant que la réserve contenue dans le message de Lucia Mel ne soit suffisante pour dissiper tout malentendu, je viens taire la folle rumeur que cette dernière a inconsidérément lancée sur votre blogue.

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  38. j'avais quand même glissé l'indice de la Jarre... JMJarre = André Rieu (musicalement parlant)? voilà quel était le fond de mon questionnement. Adorno aurait répondu que tout ça n'est que de la musique populaire de masse (ou un truc approchant, Adorno, je ne le connais que par Wikipédia... à vrai dire, et grâce à Kfigaro, émérite non blogueur).

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  39. André Rieu en symbole de la déliquescence de notreépoque fourre-tout, c'est plutôt bien vu !
    Je note qu'à ma connaissance, Pierre Bachelet ne donnait jamais aucun coup d'envoi dans les stades, fussent-ils coronisés !
    :-)

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  40. je signale à la docte assemblée, que le papa de JMJ (Jarre) est décédé... bon, vous vous en fichez probablement, c'était juste un musicien de renom (trop de prix et de décorations), il avait écrit les musiques de très grands films... (un genre peu valorisé, comme dirait un certain non blogueur) son prénom : Maurice... moi, je ne le connaissais point, mais je suis sûre qu'Adorno aurait dit quelque chose.

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  41. Maurice Jarre ! "Lawrence d'Arabie", "Docteur Jivago", etc !

    Et ses fils, Jean-Michel et Maurice-Bé. Bien sûr.

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  42. C'est terriblement grandiose de commencer par valser avec Rieu au son du violon avant d'aller danser avec les loups au son des sirènes en criant "allumer le feu, allumer le feu" ...

    Très joli texte, par contre pour les commentaires mon cher Balmeyer je vous dit "peut mieux faire".

    Sortir un authentique Stradivarior et se faire troller de la sorte c'est terriblement triste :-D

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  43. Docteur, les commentaires ne sont pas couverts par la garantie ! :)

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  44. Ce texte m'a rendu André Rieu sympathique. J'ai plongé dans le rêve et il m'a touchée... Comme quoi...
    Stradivarior... Ce n'est pas du vin ?

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