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La promenade des engueulés

Bien que je mène une vie de non-blogueur, ce titre d’article tourne dans mon esprit depuis quelques jours. Je suis à la limite d’appeler un exorciste pour me l’ôter du crâne, je me vois donc contraint d’y aller franco. Paf. Pouet.

Plusieurs choses me contraignent à sortir ce billet : tout d’abord, je vais bientôt être en vacances. Je vais alors devoir écrire le traditionnel billet : « ce blog est en pause ». Si je ne veux pas qu’on me réponde : « ah bon, mort de lol, parce qu’il était actif, ce blog ? » (les commentateurs emploient souvent ces termes, « mort de lol », c’est toute la différence entre eux et moi). Je suis donc contraint, par dignité, de me fendre d’un semblant d’activité. Tags, Kékés, très beaux billets, minimum syndical.

(Compay) Secundo : j’ai dit en commentaire que je vous épargnais ma prose du moment, par un sursaut de dignité, c’était pour rigoler, bien sûr ! Ah ah. Mort de lol. Je le fais par solidarité avec Dorham, qui, revenu au temps des boums où il utilisait son cousin boutonneux Léon pour se faire valoir auprès des copines et camper le séducteur italien champion du monde, aimerait que je sois plus actif en billets boutonneux.

Tersicundo : c’est l’anniversaire de Zoridae, aujourd’hui, et comme le dit Nicolas dans un très beau billet, elle vient juste de sortir un très beau billet.

Quatuorocundo : La bru de Didier Goux passe un été absolument pourri, il faut aller la distraire, lui envoyer un signal amical, vous trouverez toutes les indications dans ce billet. Pour ma part, je n’aurais pas mobilisé les foules, mais juste envoyé un simple lien vers ce blog, pour qu’elle ait devant elle de longues heures de lecture passionnante.

Donc.

Tu me demandes : à quoi ça ressemble, une vie de non-blogueur ? Ce n’est pas très intéressant. Si c’était intéressant, forcément, j’ouvrirais un blog pour en parler.

C’est l’été, alors je lis des polars à la chaine, c’est une vieille coutume. J’ai terminé « Echo Park » de Connelly, un midi au travail, éclatant le format standard de ma pause-déjeuner. Je me suis enfermé aux toilettes trois quart d’heure pour achever l’ouvrage sans pitié, comme un cheval de course accidenté, moi le cul sur la faïence. De temps en temps, dans les cabines adjacentes, des gens entraient et sortaient pour produire des bruits intestinaux. Quand je me suis levé du trône, j’ai ressenti cette mollesse bien connue s’emparer de mes jambes, lorsque la circulation sanguine est coupée, puis le flux terrible de la crampe totale. Je suis sorti complètement disloqué des cabinets. J’ai longé les murs en m’appuyant dessus, comme un pantin, prêt à interrompre ma marche au cas où un employé hagard me croise, un café à la main, qu’il ne se demande pas ce que j’avais trafiqué dans les toilettes pour en sortir ainsi désarticulé.

J'aurais sans doute pu répondre : "l'esprit Saint s'est trompé de client cette fois ci !", mais malheureusement pour l'histoire que je vous relate, je n'ai croisé personne, les couloirs étaient déserts.

Commentaires

  1. Je n'aurais qu'une parole. Ce billet est bien mais bon, ça vaut pas un Connelly ou un Zoridae.

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  2. Au fait ! Il ne vaut pas un Dorham non plus.

    (désolé, mais c'est lui qui fait la bouffe, il parait et en plus j'avais oublié de cocher le truc).

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  3. Nicolas,

    Tu dis ça parce que tu n'as pas lu mon dernier billet !

    Mon chéri d'amour, ton billet est un des plus beaux billets que tu aies jamais écrit :))

    (Ce soir : cadeau !)

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  4. Zut,

    J'ai encore oublié un truc. Allez j'y vais cette fois ! Bye...

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  5. Zoridae,

    Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler "Mon chéri d'amour" en public et surtout pendant les heures de bureau, je suis obligé de courir me la passer sous l'eau froide.

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  6. Une pensée à Connelly qui prendrait plaisir à se savoir lu au milieu de la faïence et compris même ennivré de gargouillis...

    Son "créance de sang" tournerait au boudin.

    Joli billet, et pensez à prendre un tabouret pour surélever les jambes lors de vos prochaines lectures.

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  7. Oups
    C'est pas parceque je l'ai écrit deux fois que c'est important !

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  8. Mais au fait, personne ne le demande : c'est quoi le rapport du billet avec le titre ?

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  9. Il voulait écrire "la promenade des enculés" mais il s'est rappelé qu'il est marié.

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  10. Ah merci philtre ! Enfin un lecteur qui sait apprécier les bons billets ! ;-)

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  11. D'accord avec Zoridae : il est trop fort, ce chéri d'amour...

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  12. Ça existe le licenciement abusif de son lectorat ?

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  13. De toute façon, personne ne m'aime. Y'a bien que ma mère qui me comprend.

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  14. Mais si on t'aime. Surtout pour ta femme mais ça n'est qu'annexe.

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  15. Qui veux-tu licencier ? Zoridae, Philtre, Didier ou moi ?

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  16. Veux licencier tout le monde !! Sauf Philtre !!!

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  17. Snif, jamais été licencié en quoi que ce soit...

    Et ça continue...

    bouh !

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  18. Balmeyer,

    trop géniaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaal !

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  19. Mouarfff !!! ;O)) Mort de lol ! et PTDR !…

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  20. Didier : Manquerait plus que ça ! Quoique...

    JeandelaXR : je viens d'apprendre que XR voulait dire "Croix Rousse", je t'embrasse fraternellement, en tant qu'ex-Lyonnais ! Pour me consoler de ne plus manger de la cervelle de canut, je lis les blogs de Dorham et Didier Goux, ça compense (surtout le goût d'ail)

    (rah ça va smiley)

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  21. En plus, tu m'as piqué mon idée de texte pour pauser pendant les vacances.

    Si ça continue, tu vas me piquer mon idée pour mon anniversaire de mariage le 30 juillet...

    (je suis triste tel que tu me lis)

    PS - j'ai le droit à une Traviata ?

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  22. Quand il y a un ou deux ivrognes sur ce blog, ça me va. Mais Didier et Jean en plus de moi, ça fait trop.

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  23. Dohram : bien sûr que tu peux traviater en toute quiétude, ou inquiétude ici !

    Nicolas : je crois qu'il faut être lucide. J'ai un blog d'ivrognes.

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  24. Tiens, hier soir, j'ai pensé à vous deux (Balmeyer et Dorham), devant ma télé, regardant le film (charmant, du reste), de Yolande Moreau (ex-Deschiens), Quand la mer monte, accompagné tout au long par des extraits de La Traviata.

    Penser à Balmeyer et Dorham devant sa télé : le comble de la misère morale, non ?

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  25. Didier Goux : tout d'abord, mort de lol, je me réjouis d'avoir fait irruption dans vos pensées nocturnes, avec ce cher Dorham, en face de Yolande Moreau.

    Il m'arrive moi même, lorsque mon épouse me trolle un peu trop, de soupirer : "je vis avec Didier Goux"...

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  26. Balmeyer,

    :)))

    (je lui ai dit un truc similaire y a pas longtemps)

    fais pas ton Didier Goux (oui, parce que je ne vis pas avec Zoridae et Balmeyer, non, je ne suis pas Kéké)...

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  27. Didier Goux a dit :

    "Penser à Balmeyer et Dorham devant sa télé : le comble de la misère morale, non ?"

    Mais non, uniquement si vous vous caressez en même temps...

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  28. Impossible : l'Irremplaçable était dans le fauteuil voisin...

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  29. M'sieur Balmeyer...
    N'étant pas quelqu'un d'exigeant, le titre en lui-même suffisait à me ravir....
    Tout un poème quoi...
    Oui, bon, un poème!!! quand je lis les coms .... sais plus si... le poème a fini au p'tit coin.
    Jeffanne

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  30. Jeffane : merci ! Désolé pour mes commentateurs, ce n'est pas leur faute, ils sont comme ça. Je m'en débarrasserais bien, mais il parait que c'est la coutume d'en d'entretenir, un peu comme des danseuses...

    Si j'avais les moyens, je mènerais un autre train de vie, bien sûr... le pire d'ans tout ça ce n'est pas de les lire, c'est devoir les lire en retour.

    En tout cas, vous avez écrit à la bru de Didier Goux, je vous en remercie pour lui. Je me suis permis de lui demander quelques détails croustillants et inédits sur le coriace bonhomme, j'espère en tirer quelques profits. Si je pouvais obtenir une photo de Didier avec un T-Shirt "Désir d'Avenir", je crois que passerais d'excellentes vacances.

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  31. Jeffane,

    Balmeyer oublie de préciser que si les commentaires paraissent grotesques c'est parce que Dorham, Balmeyer et Didier Goux y participent.

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  32. Nuance, je ne participe pas, j'encadre. Un peu comme les éducateurs dans les cités. Si à ma façon, je peux apporter un peu de bonheur aux gens, je m'en réjouis. Quand je vois luire cette lumière au fond de leurs yeux, je sens que je n'ai pas perdu ma journée.

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  33. C'est pas ce que m'a dit ton patron.

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  34. M'sssieur Balmeyer...
    Nicolas,
    Tous "ceussse" et "cellles" qui passent par ce blog...
    Vous êtes tous des trésors...
    Le "tu" me convient bien... le "vous" je l'ai jeté au caniveau mais, je respecte ce que chacun aime...
    Merci, merci, merci...
    Je viens sur vos blogs parce que j'y suis bien... bon des fois, je perd le fil et je navigue en eaux troubles (trop nouvelle... oh qu'il sonne drôle ce mot). Si je me noie j'appellerai au secours...
    et M'sieur Balmeyeur, Nicolas, et tous "de la lumière dans mes yeux" vous en mettez tous... Merci.
    Maintenant que j'ai dit tout cela, merci de me laisser rire avec vous tous.
    Jeffanne

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  35. Dans mes bras Jeffanne ! :o)

    Bon sang, c'est quand même sympathique de lire des gens qui pensent qu'echanger des conneries, des amabilités et des jeux de mots foireux entre blogueurs ce n'est pas le comble de la décadence et de la luxure...

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  36. A mon avis, Jeffanne est un paravent. Qui est derrière ? J'ai bien mon idée, mais bon...

    Sinon, señor Balmeyer, si vous m'envoyez un tee-shirt "Désir d'avenir" à ma taille, je vous promets de l'enfiler (oui, bon, ça va, hein !), de me faire prendre en photo par l'Irremplaçable et de la coller en grand sur mon blog.

    Parce que je me soucie beaucoup de vos vacances.

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  37. Oh ? Un paravent ? Bon, pour le T-Shirt, je pourrais peut-être demander à mes copains gauchistes ? Il ne faudrait pas trop rentrer dans les détails : dire "c'est pour Didier Goux", je crois que ça ne serait pas convaincant...

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  38. bonnes vacances ! (faignasse) euh autrement tu me connais, hein j'ai pas lu (juste survolé les liens et comme j'y suis pas, bof !)

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  39. Hin hin, Gaël, j'espère que tu as eu des vacances bien pourries ! Alors, ce bungalow avec vue sur la décharge des nudistes ? C'était bien ?

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  40. on ne voyait pas les nudistes... Par la cibie, ils m'ont dit qu'ils préféraient aller te voir toi en vacances !

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