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La Santa Muerte

Tandis que je revenais au travail, à midi, avec à la main mes sandwiches triangulaires, perclu d'un appétit à manger mes propres mains, une longue voiture noire me frôla sur le passage piéton. Le majestueux véhicule, break obscur aux vitres teintées, à la carrosserie sombrement luisante, semblait bien être un corbillard. L'engin était d'un chic absolu, vaste char resplendissant et furtif, aux grosses roues prêtes à arpenter aussi bien l'asphalte de la cité que les rives accidentées du Styx. Quel chic pour un fourgon mortuaire, sans compter le prix du pétrole. A son passage silencieux, un courant d'air provoqué par l'aile étincelante du véhicule vint me battre les jambes comme celle d'un génie motorisé.

Ce n'est pas bien sérieux pensais-je, j'ai failli être renversé par un corbillard. Ces gens là ne pousseraient-ils pas à la consommation ? Et pas de visage de conducteur à maudire, juste le mien et le décor dans mon dos, se reflétant sur le miroir opaque du carénage.

Les italiens ont paraît-il un geste de superstition au passage de ces engins : les hommes se passent rapidement le pouce sur la braguette, pour conjurer le sort. Pour rester dans l'esprit de mon précèdent article, j'avoue faire de la sorte depuis longtemps. On comprendra facilement le sens de ce symbole, où l'on insiste sur les différentes façons d'être gisant, où l'on invoque les petites morts pour conjurer la Grande dégingandée.

Quand j'étais enfant, j'avais un grand cousin qui était ébéniste ; il fabriquait des cercueils. Je me souviens de son visage de clown paisible, il souriait toujours humblement. Aux enterrements, il nous serrait la main, avec son sourire, qui voulait dire que la vie était triste mais que le travail était bien fait. Il fabriquait des meubles, également, lors de son temps libre.

J'avais trouvé cette idée sinistre, j'avais dit quelque chose comme c'est lugubre, des meubles fabriqués par quelqu'un qui construit des cercueils toute la journée. Pourquoi, m'avait-on répondu ? Le bois, c'est le bois. Mais tout de même. Il doit y avoir dans sa boutique une grande réserve à bois, on prend des planches de sapin, pour y allonger les gens, et avec les chutes, on fait des étagères, pour y dresser des livres.

Est-ce que ça produisaient des maisons hantées, des meubles en bois de cercueil ? Le grand cousin posait sa main sur mon épaule, avec son visage gentiment tranché par son rire, et dans mon imagination déchaînée, je me disais que cette même grosse main, calleuse, affectueuse, faisait des boites pour les morts. Mais non, voyons, c'est juste du bois. Oui mais tout de même, il doit y avoir une façon spéciale de planter les clous, non ? Un peu comme les chirurgiens font des points de croix, une manière de clouer très définitive, est-ce que je sais moi ?

Le cousin avait donné une petite commode en sapin à ma grand-mère. On y mettait des lettres dedans. Je trouvais que c'était dur, pour les lettres. Du courrier, des dés à coudre, une vieille carte postale, une règle en bois, carrée, le fond étant capitonné d'un vieil imprimé vert. Les objets semblaient rejoindre l'éternité chaque fois qu'on refermait le tiroir.

Le cousin racontait aussi que souvent, quand les gens mourraient chez eux, les horloges et les pendules s'arrêtaient toutes d'un coup, marquant la même heure. Même les montres à quartz, demandais-je ? Ah, ça ne fonctionnait peut-être pas avec les objets électroniques. Vive le progrès.

Le jour de la fête des morts, au Mexique, la Sante Muerte est vêtue de blanc, comme une mariée. Je l'ai lu dans le journal, cette semaine. Qu'elle m'apporte, suite à mes lourdes prières, du bon vin et du rôti, patronne des trafiquants, des prostituées et des causes perdues.

***

Alors, le corbillard, après m'avoir frôlé de son aile métallique, tourna au feu vert. Un détail incongru dissipa mon illusion lorsque j'aperçus le coffre : brisant la monotonie de ce noir intégral, un autocollant coloré indiquait à l'arrière "Enfant à bord ! "

Ce n'était donc pas un fourgon mortuaire, mais durant un bref instant, la confusion macabre persista, lumineuse, criarde, riante, telle l'éclat d'un vibrant soleil regardé en face. Il me sembla que, comme lors d'une grande mascarade, la sainte mort s'éloignait dans le boulevard, agitant les grelots de mes illusions et de mes pensées, dans un char de carnaval.

Commentaires

  1. Je saisque j'ai raison de laisser un commentaire même si le seul que ça m'inspire c'est : brrrrrrrrrrr


    Bal est-ce que quelqu'un t'a déjà dit que tu étais sans doute fou ????

    (oui bon là j'hésite un peu à t'envoyer ce commentaire mais ... juste une peu !)

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  2. Oh, tu as bien raison de me laisser un commentaire, juste avant que j'aille me coucher ! Je vais de ce pas dormir de bonne humeur ! :-)

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  3. je n me rappelle plus si tu sais jouer à la coinche. j aurai peut etre besoin d un partner dans d ici peu. au fait, aujourd hui keke m a accordé une bise au square et avec le sourire en plus. temps que j y pense, la nounoue, je l ai pas deja vue dans un porno tcheque?

    Mr Romano

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  4. J'adore le suspens. Au début, je me suis demandé où tu voulais en venir et la fin a dépassé mes attentes ;-)

    J'ai un copain qui est croque-mort. A chaque soirée, il nous raconte les morts qu'il va chercher, comment ils sont mort, à quoi ils ressemblent.
    Aussi terrifiant que ça puisse paraître, il le raconte avec humour, ça ne le touche plus, il est tombé dedans quand il était petit. A 5-6 ans, il aidait son père à laver les morts, les habiller, c'est dire !
    Je crois qu'il y a certaines choses contre lesquelles il faut se blinder pour survivre et c'est un bon exemple. Il n'y a que lorsqu'il cherche un enfant qu'il ressent quelquechose, comme quoi, la nature reprend toujours le dessus.

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  5. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  6. Balmeyer n'est pas fou ! Il boit. En allant chercher des sandwiches triangulaires (d'ailleurs, qui peut-être obsédé par la forme de ses sandwiches ?), il s'est arrêté au bistro.

    C'est ainsi qu'il n'a pas vu qu'il s'agissait d'un banal fourgon mortuaire utilisé par le croque mort pour amener ses enfants à l'école, d'où l'autocollant.

    Comme il s'agit d'un véhicule de service, il s'agit d'un affreux cas d'abus de bien social ce qu'aurait du dénoncer Balmeyer non seulement dans son blog mais aussi au Trésor Public.

    Non ! Ce type est obsédé par les sandwiches. Il en mange même des triangulaires.

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  7. Mon chéri, tu peux me le dire autrement quand tu broies du noir... Tu veux que je te prépare un petit plat à réchauffer pour demain ?

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  8. Balmeyer,

    Fais gaffe ! Voilà ta femme.

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  9. Pour les pornos tchéques, je peux tout expliquer...

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  10. Brrr ... moi qui ai une frousse bleue de la mort !
    Hueureusement ta note se termine par une pointe d'humour, et les coms de Nicolas ont achevé de me dérider ;)

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  11. Merci fiso pour ta visite !:) Moi c'est tout pareil. J'écris un article sinistre, et après on fait l'apéro et tout va bien ! :-)

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  12. Fiso,
    T'es gonglée ! Quand je raconte des bêtises chez toi tu m'engueules. Je vais envoyer Tonnegrande ici. Surtout qu'il connait bien l'humour noir.

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  13. Pas la peine de s'engueuler , on va tous au même endroit. le but du jeu étant de faire en sorte de vivre au mieux et d'aider à vivre mieux.

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  14. mc,

    Pour Fiso, je plaisantais ! C'est une "vieille copine" !

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  15. Vieille copine, quand même, c'est pas très galant... :)))

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  16. J'ai mis des guillemets ! "Vieille" est à comprendre à l'échelle des blogs !

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  17. @nicolas : rah ! j'avais compris, tu penses bien ! :)

    NB : j'ai changé l'illustration, certains de mes proches étaient mal à l'aise avec la précédente image grand-guignolesque. Ca aurait été dommage qu'ils évitent mon blog pour cette raison.

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  18. Le sexe, la vie, la mort, je vois Balmeyer qu'en 2008 tu as décidé de t'ériger en philosophe moderne de la blogosphère.
    Ton article est troublant, drôle, bizarre, poétique, beau, surprenant, drôle, triste... Comme la vie finalement !

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  19. @Nicolas : non, pas joviale mais moins morbide. Enfin, il me semble. Si vous avez des propositions, je suis preneur, car j'ai un peu des difficultés à en trouver. Je ne devrais pas mettre d'image, des fois.

    A propos, que pensez-vous de la taille de la police ? C'est pas plus lisible maintenant ?

    @zoridae : "m'ériger en philosophe moderne de la blogosphère" ! Avec mon nouvel organe mécanique, mon souci est de m'ériger tout court... :-)

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  20. je me dis juste qu'heureusement que ton cousin était pas médecin légiste... rien remarqué sur la taille de ta...police^^

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  21. @nea : excellent "la taille de sa... police", oui Balmeyer voit tout plus gros en ce moment.
    Et la tête ça va comment ?
    ;)

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  22. @Balmeyer : L'illustration de l'article précédent, en tous cas, était excellente !

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  23. @nea : oui ! Enfin, j'exagère aussi, j'aime bien le macabre à l'écrit, mais je préfère "Tchoupi et doudou" dans la vie ! :-)

    Pour la police, je cherche la meilleure formule pour ne pas faire saigner les yeux des lecteurs...

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  24. @zoridae : ah zut ! j'avais loupé le gag de nea.... excellent !

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  25. je me disais aussi... il est lent non?^^

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  26. La circulation sanguine ayant été déviée récemment, le cerveau est moins irrigué ! :)

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  27. c'est beau, j'adore ton écriture et ton humour. J'y étais dans ton histoire.
    karine

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  28. @karine : merci, et bienvenue ici ! :-)

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  29. dis donc, t as pas donné ton blog à la nounoue, des fois ? pasque sinon je suis grillé avec mes conneries : j irai au square avec une cagoule ce soir, par secu.
    Mr Romano

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  30. Ah c'est pour ça qu'elle m'a regardé bizarrement ! et qu'elle m'a dit : "non, pas porno tchèque !"

    Non tu es fou, la nounou ne lit pas mon blog, elle me prendrait pour un tordu fini. Arg !

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  31. J'ai un message à vous transmettre :

    "Ici la Mort...

    Vous devriez avoir un peu de respect pour ceux qui conduisent mon carrosse, même s'ils l'utilisent pour emmener leurs enfants à l'école et qu'ils jouent dans des films joyeux en dehors de leurs heures de travail; je suis tolérante tout de même, mais n'abusez pas trop de jeux de mots à mon égard : je vous attends au tournant...

    Bises...glacées."

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  32. L'employé des pompes funèbres a peut-être mis l'autocollant "enfant à bord" parce que la version "cadavre à bord", n'existe pas, or l'un comme l'autre exigent quelques égards de consuite...

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  33. Merci de ton passage sur mon blog .
    A bientôt.
    Amicalement.

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  34. @paradox : merci de ne pas me faire de bises glacée, ça me glace... et en plus je pique, comme dit kéké, ce qui m'évite de recevoir des bisous mortels...

    @zoridae : ça me rappelle une blague : Un hélicoptère s'écrase dans un cimetière. Les autorités belges ont déjà dénombré plus de 1200 cadavres.

    @mc : de rien ! j'y suis retourné, pour te répondre au sujet de l'article précédent ! :-)

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  35. Quel billet ! Je ne sais pas trop quoi écrire si ce n'est que j'ai adoré ce que je viens de lire.
    Merci ^^

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  36. Bon, j'avoue avoir été transie quand on m'a proposé la couchette cercueil dans le bateau en partance pour Maurice...je ne sais pas si c'est ce ui m'a fait dire non. En tout cas, le transport en cercueil, c'est pour aller au paradis, non? qu'il soit mauricien ou non!

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  37. Moi aussi, j'ai adoré le billet, comme d'habitude d'ailleurs, ça devient lassant cette perfection.
    Heureusement, on se rattrape avec les commentaires, oh, pas ceux des visiteurs, drôles, complices, ironiques ou étonnants, non, ceux du maître de céans qui ramène toute discussion à la taille des outils qu'il possède, que ce soit celle de sa police ou celle de ses articles, visiblement obsédé qu'il est par des problèmes d'élévation.
    On parle de philosophie, lui répond engin.
    l'élévation du débat, en attendant n'est clairement pas pour aujourd'hui.

    j'adore en particulier celle là :

    "m'ériger en philosophe moderne de la blogosphère" ! Avec mon nouvel organe mécanique, mon souci est de m'ériger tout court... :-)

    ps: Je plaisante Balmeyer, bien évidemment (je le dis parce que des fois certaines personnes prennent mes conneries au premier degré)

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  38. @Moumoune : merci à toi ! :=)

    @Tifenn : "couchette cercueil" ? C'est vrai ? Tu as raconté ça quelque part ?

    @Dom : tu as raison de plaisanter, ça me fait bien rigoler ! :) Mais merci aussi de préciser que tu plaisantes, des fois que je me demande si je n'en fais pas trop dans la connerie ! :D

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  39. Pour répondre à ta question Balmeyer, je trouve la police très visible, voire trop, surtout depuis quelques mois. ;)

    Sinon je verse quand même une larme pour ta nounou privée de blog, elle loupe un truc là.

    J'adore ton style en un mot décalé, avec toi on est toujours surpris, on ne sait jamais sur quel genre d'article on va tomber, comme dans un sachet d'images panini ou une soirée échangiste !(ça c'est du lourd au niveau critique littéraire)

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  40. Donzo, je suis absolument plié par ta critique ! :D
    Pourquoi ne fais-tu pas de blog au fait ? Ah oui, le boulot ?

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  41. Donzo,

    Fayot ! Tu fais des compliments uniquement parce que Balmeyer avec son style parfait et innénarable (mais j'ai du mal avec les doublations de conconnes) finira chef des beaux blogs.

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  42. Chef des beaux blogs ?
    Waouu ! voilà une idée qu'elle est bonne.
    Allez, une tite bannière des influenceurs pour Bal, chef des boblogs ?

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  43. Vous êtes fous ! Chef des beaux blogs, c'est très prétentieux.

    Chef des blogs tout court, ça me conviendrait mieux.

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  44. Balm, t'as raison je devrais faire un blog, mais entre le boulot, la flemme et la trouille de se livrer, je trouve ça vachement plus sympa de venir mettre la m***e sur le tien :))

    Et puis...(@ Nicolas, observe bien ce fayotage, c'est assez technique :), ...je n'ai pas ton talent pour faire vivre le récit mon cher !

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  45. Balmeyer,

    Ne brulons pas les étapes.

    Donzo.

    Non. Ca se saurait. ;-)

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  46. J'aime beaucoup ton (tes) texte(s).

    Tu imagines, toi qui avais si faim, tu aurais pu ne jamais manger ton sandwich.

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  47. Donzo,

    Je comprends ça prend du temps, tout ça ! Mais le plus pénible, c'est surtout de répondre aux commentaires. (je plaisante, je suis mort de rire tout seul, pardon).

    Nicolas, d'accord ça ira, chef de blogs c'est encore trop, disons "chef" tout court...

    Jo, merci ! C'est bloguesquement réciproque. Tu as bien résumé mon sentiment, pour les sandwiches ! :-)

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