Accéder au contenu principal

Bourrage de crâne pour Kéké

Sarkozy apparaît à 20h00 à la télévision, kéké a son nez collé contre l'écran. Nous lui disons : "Ne colle pas ton nez contre le vilain monsieur, tu vas te brûler les yeux."

C'est nul, je sais, mais bon. Claire Chazal a les yeux qui sourient, tous les journalistes ont l'air content, un peu comme quand Laure Manaudou gagne des médailles d'or. C'est doux, c'est bon, c'est la santé, c'est presque l'été.

Quand Nicolas Sarkozy aura fini son mandat, Kéké aura six ans et demi. Il sera sur le point d'entrer au CE1, il saura lire, sans doute jouer de plusieurs instruments de musique. On aura de grandes conversations, selon sa mère il aura des boucles blondes.

Sur TF1, ils sont joueurs. Ils passent l'intervention de Royal avec Hollande et Lang au premier plan, d'un air de dire : "scrutons le malaise dans le visage des vaincus. Lançons leur des balles en mousse". Puis ils veulent passer à autre chose, mais ils s'aperçoivent que Royal n'a pas fini.

Royal, comme un sphinx, a un sourire d'acier. Elle a perdu, mais c'est le début d'autre chose, dit-elle. C'est à la fois digne, altier, un peu hautain, l'attitude d'un chef qui ne se résigne pas. Doit-on s'emporter contre son blindage inoxydable ou louer son aplomb ? le "CPE", je me rappelle. C'était imperdable.

En tout cas, je ne m'emporte pas, mais j'emporte Kéké se coucher. Petit Ours brun au manège.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Wagram

Avenue de Wagram, devant un hôtel trois ou quatre étoiles, quelques barrières ont été installées de part et d'autre pour que s'accumulent des jeunes filles en fleur et en short. Elles semblent attendre depuis un moment, immobiles et compactes, et ce regroupement, provoqué manifestement par une prochaine épiphanie de vedette, emplit ce fragment d'avenue du bruissement électrique de la Célébrité. Des touristes et passants intrigués s'arrêtent pour scruter les jeunes filles qui scrutent l'entrée de l'hôtel, et moi je scrute à mon tour les passants curieux. Cela aurait été un triangle parfait de scrutement si les jeunes filles m'avaient regardé moi, mais en vérité je suis informaticien.

Chacun y trouve son compte, dans ce grand drame de l'attente ; par exemple moi-même, n'y comprenant rien, j'observe la scène tel un contempteur bien au dessus de tout ça. Si ces jeunes filles ont décidé d'être une foule dense à raison de huit par mètre carré, com…

La lanterne magique

Quand l'étincelle a disparu, dans cette lanterne magique qu'est la tête, le film du monde est laid. On regarde le soleil qui s'y couche comme un gros tas flasque de particules molles. Les chiens sont des boites à bruits, au bout des laisses, comme des yoyos à jamais déroulés. Les gens ont des barbes qui vous grattent à vous. Ils parlent en faisant des fautes d'orthographe. Les arbres s'alignent de manière bucolique comme des bâtons pour chiens, plantés là. Vous êtes ce chien qui ne peut prendre les arbres dans votre gueule, ces bâtons de joie, et détaler. Vous regardez les arbres, intransportables, et plus rien ne court. Vous vous retrouvez nez à nez dans un endroit où vous étiez content, une fois, et vous voyez votre ombre encore contente (car les ombres sont lentes), et vous vous sentez de trop dans ce souvenir heureux plus réel que vous-même à cet instant. Vous quittez les lieux poliment. Il y a des magasins qui vendent des thés ridicules. Il y a des bars qui ve…

Ballons

Nous nous promenions au parc de Sceaux, il y avait une sorte de kermesse pour lutter contre les myopathes (contre la mucoviscidose me corrigea Emeline). Derrière les stands, s'activaient des gens qui vendaient des parts de gâteaux au prix d'un ticket vert. Il y avait des panneaux explicatifs sur la maladie, des jeux de pêche et de massacre.

Un speaker remercia la fanfare de Clamart. J'y avais remarqué un joueur d'hélicon assez maigre, et ceci me plut car je tenais, à l'occasion, des statistiques sur les membres des fanfares, afin d'établir un jour une pittoresque découverte. J'avais déjà noté que les joueurs d'hélicon étaient souvent maigres, ce qui me fascinait car l'instrument exigeait de la puissance, et donc un costaud au bout du tube me semblait-il ; je croisais certes sur ma route une fanfare environ une fois l'an, l'étude avançait lentement mais malgré tout, je tenais pour certain que l'hélicon était si gourmand qu'il épuisait…