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Espace Ouvert

Il fait chaud, c'est calme. Des informaticiens travaillent, mollement. Ils regardent leur écran en silence, un doigt posé sur la souris. Ils semblent programmer avec leurs yeux. De temps en temps, quand on passe derrière leur bureau, on entend juste avant un petit clic : des nouvelles fenêtres passent au premier plan. Ils contemplent alors des documents blancs, des tableurs vides. Puis se mettent à taper des consonnes et des voyelles, sans espaces. On s'éloigne des bureaux, et de nouveaux et discrets "clics" marquent l'avènement d'un nouveau silence.

Parfois, un informaticien est vraiment trop lent, et on aperçoit disparaître furtivement d'autres fenêtres, au contraire très colorées, très animées. S'il se sent surpris, il se lève précipitamment, et vient nous voir pour poser une question cruciale. Le temps de la réflexion reprend enfin. La molette de la souris, ce bouton du milieu, reprend sa lente rotation avec le bruit d'un petit ruisseau sous les arbres.

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Wagram

Avenue de Wagram, devant un hôtel trois ou quatre étoiles, quelques barrières ont été installées de part et d'autre pour que s'accumulent des jeunes filles en fleur et en short. Elles semblent attendre depuis un moment, immobiles et compactes, et ce regroupement, provoqué manifestement par une prochaine épiphanie de vedette, emplit ce fragment d'avenue du bruissement électrique de la Célébrité. Des touristes et passants intrigués s'arrêtent pour scruter les jeunes filles qui scrutent l'entrée de l'hôtel, et moi je scrute à mon tour les passants curieux. Cela aurait été un triangle parfait de scrutement si les jeunes filles m'avaient regardé moi, mais en vérité je suis informaticien.

Chacun y trouve son compte, dans ce grand drame de l'attente ; par exemple moi-même, n'y comprenant rien, j'observe la scène tel un contempteur bien au dessus de tout ça. Si ces jeunes filles ont décidé d'être une foule dense à raison de huit par mètre carré, com…

Le Durcisseur

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Ballons

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