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Les fous, la foule


Monsieur et Madame Dassault ont un fils, comment l'appellent-ils ? René Char. J'ai horreur des "Monsieur et Madame", j'ai horreur des blagues, j'ai horreur de l'humour.

Je me suis levé beaucoup plus tôt ce matin. J'ai le sentiment que les fous aiment sortir dans le métro à 7h40. Il y en avait des tas, mêlés à la foule, ou plutôt il semblait que la foule était mêlée à elle même. Dans une rame, un fou engueulait la porte, lui demandait de se taire. "Tu vas te taire maintenant, ça suffit ! C'est tous les jours pareil ! Nous, on commence à en avoir marre ! " Au bout d'un moment, il a obtenu gain de cause, la porte a cessé de lui parler.

Un autre a élu domicile sur les rails, porte des Lilas. Mon wagon était arrêté non loin de sa cachette, j'entendais les agents le raisonner, tandis que je lisais un journal gratuit, dans l'obscurité du tunnel. Un autre fou, un peu plus tard, coincé dans la foule, compacte comme une tortue centenaire, tentait d'aller plus vite, vainement, déclinant d'une voix monocorde des "pardons" brisés.

J'allume ma climatisation intérieure, je revois Kéké, la veille, dans la rue avec moi. Il pousse sa poussette, dans un bruit de crécelles des petites roues en plastique. Il avance tout droit, obstinément. De temps en temps, il bute contre un réverbère, il regarde l'objet, et médite sur la place des choses dans ce monde.

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