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A la recherche de la devise perdue

Maintenant, je cultive un blog comme un noyau d'avocat dans un verre d'eau. J'en prends soin, je rêve d'avocatiers et de serres délirantes, mais pour l'instant, je regarde pousser la graine noirâtre sur un petit coton mouillé.

Je me souviens quand dans Pif, j'ai découvert le gadget des "dinosaures à planter", un truc comme ça. Je devais avoir entre 7 et 10 ans, époque floue où le bon sens émerge parmi la magie débridée de la prime jeunesse. Toutes les vérités sont très théoriques. On ne croit plus au Père Noël, mais un bon argumentaire pourrait nous faire changer d'avis. On ne croit plus aux fantômes et aux monstres, mais ce renoncement ressemble plus à un compromis passé avec eux qu'à la révélation d'une adulte vérité. "Ecoutez, chers monstres, je ne crois plus en vous, le contrat est fini"... les monstres de répondre "Ah bon ? Pour sur ? - Ce n'est pas négociable, je grandis." On négocie avec nos chimères. Je savais que logiquement, on ne pouvait pas obtenir des dinosaures en les plantant dans des pots, comme des lentilles. Mais bon, je sentais un petit doute honteux, toujours tapis dans mon endroit obscur, dernier refuge pour tous les monstres des recoins. Et puis ils étaient très forts chez Pif.

Chaque jour, j'ajoute un bidule à ce blog. Aujourd'hui, je pense fortement à une devise de Duras, que j'avais entendu quand j'étais à l'Université (à la Fac comme dit mon copain Jérôme Boche). J'aimerais bien la retrouver sur internet, je cherche, mais les mots sont très simples, et on tombe sur beaucoup de fouillis.

C'était un truc du genre : "J'écris pour savoir ce que j'écrirais si j'écrivais". Un truc un peu rugueux, un peu âpre. Je vous tiens au courant.

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