mardi 25 mars 2008

Chance ! Chance !

Je m'avance sur la passerelle Debilly, large monticule de planches. Un étrange individu arrive en face, il regarde au sol, se penche, semble ramasser quelque chose et s'approche de moi. Il me tend l'objet en répétant : "chance ! chance !"

Je refuse de prime abord, il doit s'imaginer que je l'ai perdu avant mon passage, je le prends pour un demeuré. Mais il insiste. Il me confie alors une volumineuse bague, puis s'en va. Je regarde dans ma paume : c'est une chevalière massive, sombre, elle semble en or, j'inspecte l'intérieur, remarque une sorte de poinçon. Sans rien y connaître, j'imagine qu'un poinçon, c'est du sérieux.

L'anneau dans le creux de la main, je reste un instant interdit, je vois partir l'inconnu sur la passerelle, sans réaction. Puis je reprends mon chemin. C'est la vie, c'est comme ça, des gens vous donnent des bagues en or, sur des ponts.

Peu après avoir repris la marche, je sens le plancher vibrer sous mes pieds, je me retourne : il revient. Il me réclame de l'argent. Ou un ticket restaurant. Naturellement, comme si nous terminions une répétition, et que nous avions à reprendre la scène du début, je lui rends la bague, et j'hausse les épaules, nous n'avons pas été très crédibles, tous les deux.

Tandis qu'il s'éloigne, la bague serrée dans le poing, je médite sur cette déconcertante technique pour faire la manche. Qu'est-ce qui a pu lui traverser l'esprit pour qu'il en arrive à mendier en distribuant des bijoux ?

Un bateau-mouche obèse vrombit sous mes pieds, des gens hilares me font coucou, je suis seul au centre de la passerelle, avec en contrebas le fleuve fendu d'un grand V. Puis je me pose la question : et si j'étais parti, si j'avais continué mon chemin avec la bague, ou refusé de la lui rendre ? A l'extrémité de la structure, je croise une sorte de molosse ombrageux, accoudé à la balustrade, prenant le frais avec une feinte nonchalance : j'ai ma réponse.

22 commentaires:

  1. Le molosse ombrageux n'est rien. Pense à la réaction de ton épouse si tu étais rentré à la maison avec une bague.

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  2. t'as de la chance, nous c'était un p'tit truc tricoté à la main qui nous avait été donné pour porter chance aux filles...

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  3. T'as rencontré Danielle Gilbert sur un pont ? Tu parles d'une chance, toi !

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  4. Alors comme ça, le vrai nom de Balmeyer, c'est Frodo, le seul capable de résister à l'attrait de l'anneau...

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  5. Balmeyer a croisé le nain Alberich : das ist unmöglich !

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  6. nicolas : ah ah ah ! Non, je ne rentre plus à la maison avec des bagues, je n'ai que dix doigts, malheureusement...

    gaël : et alors ça a marché ? Moins de gastros ? :o)

    dorham : C'est quoi donc cette histoire ? Danièle Gilbert a vendu des bagues de la chance, comme Patrick Sabatier ?

    d.k. : Je n'imagine même pas le résultat si on avait confié la mission de rejoindre le Mordor à Danielle Gilbert... Voilà pourquoi j'ai une grande affection pour l'hobbit.

    didier goux : J'ai déjà une walkyrie à la maison...

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  7. Ah ! la walkyrie, avec ses grosses boucles d'oreilles en forme de walkyrie : toute la poésie de l'enfance, ça, mon bon (caramels, esquimos, chocolats...) !

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  8. @balmeyer non, les gastros ont suivi... était-ce un piège ?

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  9. Imagine, tu regardes la bague, tu lui dis : "même pas de l'or" et tu la balances dans la Seine.

    Ou mieux : tu la lances sur le pont du bateau mouche en criant : "chance". Et là, c'est vraiment le bordel.

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  10. Quoi tu t'es pas vouté d'un coup d'un seul, t'as pas perdu tous tes cheveux et t'es pas devenu tout vert ?
    en plsu tu t'es pasmis à siffler my precious.... my preciousss.... mis ou est passé ton sens narratif ? pfff...

    ich mag es nicht comme dirait didier goux

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  11. Votre instinct vous a bien servi. Qui sait ce qu'aurait été la suite si vous aviez conservé la bague...

    Chose certaiune, nous aurions eu droit à un joli billet!

    Accent Grave

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  12. Didier : J'ai mis quatre jours pour comprendre, mais ça vaut le coup, je suis plié, et ça m'arrive au travail. Des blagues à retardateur, vous êtes un troll machiavélique...

    Nicolas : Le taureau !

    Gaël : D'où vient l'histoire de "l'homme au masque de fer" d'après toi ? On avait peur que Louis XIV et son jumeau attrapent la gastro et se la refilent indéfiniment, comme ça t'arrive. Donc une solution, tu prends soit Anna soit Prune, et tu lui fabriques un masque de fer avant de l'exiler.

    Marcus : Excellent ! Tiens, je vais y retourner et tenter le coup !

    Nef : On ne s'attaque pas au physique. Je suis déjà petit, tout vert, avec des grands yeux globuleux et des membres fins et livides.

    Accent Grave : en gros, vous dites que, comme j'ai rendu la bague, vous avez eu droit à un billet tout pourri ? (smiley ! smiley !)

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  13. monsieur Balmeyer vous êtes un monstre !

    Je m'en souviendrai et dès que j'en aurai l'occasion je vous recouvrirai de chocolat, vous affublerai de grandes oreilles et enfin vous libérerai dans le jardin...

    Je lâcherai mes deux petites lionnes, à qui l'on n'aura refusé tout bout de chocolat pendant trois semaines au moins !

    Cette chasse au lapin en chocolat sera bien entendu filmée et diffusée à l'envi !

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  14. Tiens ! Gaël se fâche. Remarque ! Pendant ce temps là, il n'est pas au bistro.

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  15. Gaël : quelle fin terrible ! Déjà que j'ai été mangé de bisous par un monstre cannibale...

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  16. Nicolas, Gaël est à bout, il a publié ce week-end, alors qu'il n'en a pas l'habitude...

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  17. C'est dingue cela,
    il m'est arrivé la même arnaque...

    http://www.menageredemoinsde50ans.com/article-4189496.html

    le 16 octobre 2006, comme quoi, il faudrait qu'ils se renouvèlent un peu !

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  18. Dom => je suis allé voir. Vraiment étrange !

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  19. Oui, n'est ce pas ? mais je n'ai pas fait expertiser la bague puisque rapportée au commissariat.
    En même temps, je vais être méchante, mais une bague volée, même deux euros, ça rapporte.

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  20. Oui dom. Enfin ça m'étonne qu'il n'y ait pas une magouille pour en tirer un petit peu plus. Surtout qu'il faut en piquer en quantité industrielle...

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