jeudi 20 mars 2008

Pour un tour gratuit

J'ai passé un sacré bon week-end. Ce qui fait qu'il faut voter moi au Festival de Romans.

On parlait l'autre jour des rites initiatiques qui disparaissaient, ce samedi dernier, au matin, j'ai eu l'impression d'en passer un, un tout petit, un tout bête. J'ai accompagné Kéké au cabinet médical, sans rendez-vous. Là, dans le silence recueilli d'une demi douzaine de personnages ombrageux me scrutant, j'ai dû faire patienter mon fils, dans la salle d'attente, pendant deux heures. C'est long, un gamin qui s'ennuie, qui s'ennuie de s'ennuyer. Le camion benne poussiéreux et cassé de la salle d'attente, ça va bien cinq minutes. Je lui ai parlé gentiment, puis côte à côte, nous avons lu des histoires, et entretenu des discussions infiniment candides sur les hippopotames et les pompiers.

Ensuite, nous sommes sortis, nous avons crié : libres ! Enfin libres ! Voilà, comme l'alpiniste qui revient changé et libéré de quelques doigts depuis les sommets, nous avons grimpé la petite colline de la patience, tous les deux. Puis nous avons pris du pain. Puis nous avons fait des détours. Puis nous sommes rentrés. Puis il a dit : "encore marcher ?" Puis j'ai dit "Si tu veux." Nous avons recommencé à cheminer, alors, sur le trottoir, il m'a indiqué la couleur des voitures, au fil de notre lent périple. Puis nous avons regardé les camions poubelles, majestueux, défiler sur le boulevard Barbès comme un 14 juillet.

Dimanche soir, je l'ai accompagné au manège. C'est idiot, tous ces enfants joyeux, dans la lumière hystérique du soir, ça me donne envie de mourir. Ça me fend le cœur à chaque fois, j'ai envie de les aider. J'ai l'impression que le monde souffre et qu'il faut que j'abrège ses souffrances ; je crois que je deviens psychopathe. Je suis comme le type, le peintre, dans ce film, qui voit déjà, derrière un homme qui se baigne dans un lac, un noyé. Je me mets au bord de la piste, parmi les parents qui font coucou. Je me détends, comme le grand sinistre, peu à peu, je fais coucou avec conviction, avec rage, avec violence, il me sourit dans son panda, ou son camion, ou sa voiture, ou sa moto ; la vie est plus que belle, elle est profonde, dense.

Quand je l'installe dans son véhicule, il s'agrippe au volant. Il prend le ticket, à remettre au monsieur, j'adore comme il remet son ticket au monsieur, avec cette conviction, cette volonté concentrée sur le bout de la main, il fait comprendre qu'il va avoir droit à un sacré tour de manège, bon sang de bon soir, il va falloir que ça tourne ! Je m'éloigne, je le regarde si sérieux, au loin, parmi les enfants qui éructent. Il reste immobile, je vois que sa joie est toute intérieure, il ne sourit pas, je surprends juste ses lèvres remuer, il fait "broooum", discrètement.

Puis le manège tourne, les enfants s'entendant hurler hurlent de plus belle, par contagion. Je réfléchis, observant les machines colorées, les ampoules qui clignotent, à ce que je pourrais bien raconter dans un billet pour inciter les gens à nous faire décrocher le pompon, au Festival de Romans. Ma belle-mère a envoyé des mails à chacun de ses collègues. Puis elle a écrit des mots pour les glisser dans chaque casier de son collège, invitant les professeurs à voter. Je nous imagine bien dans un radio-crochet, à chanter "Alexandrie, Alexandra", avec ma belle-mère dans le public, et un grand panneau pour nous encourager. Et puis moi, coiffé en Tokyo hôtel.

Le pompon s'agite, justement, virevolte entre les enfants aux mains tendues. Il y a ceux qui se lèvent, quitte à perdre l'équilibre, ceux qui tendent un peu la main sans espoir, résignés, ceux qui ne sont pas sur la bonne orbite du manège, et qui ne sont pas concernés par ce cirque. Je reste songeur, à les voir dévoués, petits êtres combatifs, pour le tour gratuit. Au sommet d'un carrosse, un des deux petits cochers décroche la queue du mickey, il hurle de joie. Son collègue, à côté, si près du but, se met à pleurer infiniment, avec la plus grande détresse possible. L'autre, le vainqueur, tandis que le manège tourne, arrête peu à peu de répandre sa joie, et coupable, tourne vers lui un regard désolé. Sa joie semble éteinte, alors. Puis il lui donne le pompon, lentement. Ils en tiennent chacun un bout, le partage.

Quand la fête est finie, les tickets dépensés, je tente de m'emparer de mon fils, mais il parait soudé au siège. Impossible de le récupérer. Je l'empoigne, je tente de le détacher, de l'extraire, mais il dit : "non, encore !", et son corps reste incroyablement adhéré à l'engin, les mains, les fesses, il ne proteste même pas, il reste juste collé. Je suis obligé de l'arracher, là il proteste, et tend son index devant cette féérie fugitive du week-end terminé.

Nous rentrons, nous n'en finissons pas de rentrer.

La nuit est tombée, nous errons, comme si nous avions inventé le plaisir d'errer, avec Kéké, comme si, détenteur du brevet, pour nous, c'était gratuit. Les sorties ressemblent de moins en moins à des expéditions commandos, avec le paquetage de survie pour le nouveau né. Là, on se balade, on s'est donné la main ; enfin, il m'a donné la main, je lui ai donné le doigt.

Il discute avec un clochard, il lui dit que la lune est dans le ciel. Nous passons entre les vendeurs de maïs, puis les spectres maigres des toxicomanes ; il marche, blindé par sa candeur, sa tête de bonnet.

***

A propos de pompon, et de Festival de Romans, je vous invite à voter pour tous ces gens (et pour moi aussi). C'est simple, vous utilisez un email, vous confirmez une seule fois votre premier vote numéro un (j'insiste ?), et vous pouvez déposer après un vote pour tous ces blogs.


Voici donc, par catégorie :

Blogs littéraires
Blogs de vie
Blogs politiques / Expression citoyenne
Blogs érotiques :
  • Vagant - Voter (ya que neuf participants, il est déjà qualifié, l'autre, ho !)
Blog photo

Et puis merci aussi à ces deux blogueurs fous qui nous ont fait une réclame d'enfer :

31 commentaires:

  1. Ah le manège. C'est très beau comme texte, ça m'a rappelé des souvenirs. L'absolu essentiel du manège. L'impératif. Le nécessaire. Qu'on ne décolle pas du siège, des yeux, les dents serrées très concentrés, comme si la vie en dépendait. Et regarder le pompom passer, comme un rêve illusoire, parce qu'on est pas sûr qu'il soit permis de rêver!
    Et merci. T'étais pas obligé, et ça me fait plaisir. Beaucoup.

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  2. Tifenn, en parcourant la liste des participants, j'ai vu que tu y étais ! :o)

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  3. et c'est pas fini la pub Môssieur Balmeyer !

    parce qu'avec des aussi jolis textes que celui-là, ben y a intérêt que vous y soyiez à la buvette de Romans !

    PS : j'ai le même sentiment que toi devant les manèges... une mélancolie infinie, mais serait-ce de la jalousie vis-à-vis de ces petit(e)s chanceu(x)ses dans mon cas ?

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  4. Gaël : peut-être ! Je me souviens que faire du manège, c'était chouette et pas compliqué...

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  5. et moi je me souviens de ma fierté de petit garçon, seul à la barre d'un camion de pompiers, inatteignable par les parents puisqu'en mouvement perpétuel !

    l'expression de Kéké (que tu décris si bien) j'imagine que j'arborais la même !

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  6. Merde ça fait du bien de lire une plume d'écrivain sur un blog ! J'espère qu'en dehors tu proposes des textes à des éditeurs ? Et tu as gagné, je vais voter pour toi (alors que ça me casse les couettes tellement j'ai la flemme mais bon, une qualité pareille il faut qu'elle soit perçue par le plus grand nombre).

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  7. Non mais j'hallucine ! Un altruiste, un vrai de vrai. Qui l'eût cru ? Citer le nom de ses concurrents et inciter les autres à voter pour eux... !
    Merci, merci. Vraiment.

    Quant à ton texte, il me renvoie à mon fils et à ses premiers tours de manège. J'aime particulièrement les gros manèges imposants, les vieux carrousels d'antan qui sont presque des machines à voyager dans le temps.

    Bonne soirée.

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  8. gaël : le truc de l'avion qui montait quand tu appuyais sur le bouton, ça me rendait fou de joie !

    loïs : hébé ! Merci. L'idée - l'obsession - de terminer quelque chose pour un éditeur a fait que peu à peu, j'ai écrit de moins en moins, paralysé par l'idée du temps qui passe et de moi qui n'en fait rien. Avec le blog, il n'y a pas d'enjeu, c'est direct du paysan au client, et on rencontre d'autres gens partageant la même idée fixe. Du coup, je m'amuse vraiment, comme au manège, avec un blog.

    Aussi, tout simplement, j'apprends. J'apprends à savoir que faire d'une critique, et aussi d'un compliment. Le tout étant des choses à gérer sans panique... C'est peut-être un cliché, mais ce truc provoque des "retours", et c'est comme si tu fais de la musique, sur scène, c'est bien d'avoir des retours !

    J'ai appris aussi, sur ce blog, que le mode "appliqué et consciencieux" provoque moins de réaction que de simples histoires de kéké, c'est idiot, mais je ne pouvais pas le savoir avant. Voilà ! En gros, cet exercice me décoince.

    Jo : C'est une vaste discussion ! Je souhaitais de toute façon depuis quelques temps mettre un lien vers toi et Ellie ("En direct du front"), dans le style "j'explore le web", avant le Festival de Romans. Et puis, les liens sont faux, en fait ils pointent tous vers mon blog. Vaste arnaque !

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  9. Ton billet m'a fait tourner la tête, mon manège à moi c'est toi... Et quand je lis "Il discute avec un clochard, il lui dit que la lune est dans le ciel." je me demande qui, de toi ou de kéké est le poète ?

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  10. Les deux sont poètes, les enfants ont ça...Ma fille qui n'a jamais vu Mary Poppins (je le précise), ni le Magicien d'Oz, m'a dit que son parapluie l'avait emmené au dessus des nuages et que, ne pouvant la voir, je pleurais, mais notre maison venait la rejoindre.

    J'ai dit : "pas grave, ça, si c'est l'orage qui t'a emmené (ah oui, c'était l'orage, quel piètre conteur je fais), je prends un avion ou une libellule, je viens te chercher, je regarde l'orage et je lui dis : "tu te mets un doigt dans les fesses, l'orage, et tu me rends ma fille"...


    Ce texte est splendide (bon, toi et Z, vous me découragez à vrai dire...) et j'ai voté pour vous 2, même si je trouve ce concours mal foutu. Je n'ai voté pour personne d'autre parce que je trouve que sinon, ça perd encore plus de son sens (on est pas à l'école des fans, faut faire un choix)...

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  11. Merci, l'altruiste ! ;-) Merci de toute façon pour les beaux moments de lecture.

    Allez, pour la peine je vais dire que tu réponds (presque) toujours aux commentaires, même si c'est pour dire que t'as oublié de répondre. Puisque c'est une réponse, c'en est une, y'a pas à dire.

    Donc voilà. Après, pour les manèges, je sais pas quoi dire... Je me souviens juste que ce fut ma première grande immense terreur. Sur un manège. Mauvais mauvais souvenir, ça tournait, il y avait trop de bruit et de lumière, j'ai été épouvantée pour toute la vie.

    Aujourd'hui quand je vois un cheval de bois, je fais un grand détour.

    DB_maintenant_c'est_moi_qui_tourne_pas_rond

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  12. Zoridae : Certainement pas kéké, le poète ! Trente-trois ans de boulot, madame, comme Jésus, pour en arriver là ! :o))) Lui, kéké, il dit juste des trucs sur la lune à la verticale !

    Dorham : tu dois être un conteur terrible ! Dis pas que t'es découragé voyons, l'enthousiasme qui se refile d'un billet à l'autre, et que tu nous communiques comme du gaz russe n'est pas fait pour ça voyons !

    Pour les votes et l'école des fans, c'est ok, je comprends. C'est sympa ces votes, mais je te dis qu'au bout de 21 jours à dire "votez pour moi" (ben ouais, quand on fait un jeu, on y joue, c'est comme pour le mariage de l'oncle truc, je veux pas danser j'ai horreur de ça, mais quand j'y vais, ben je danse) donc au bout de 21 jours, c'est crispant. Ça durerait six mois, ça partirait vraiment en vrille, je me dis. Là je sens bien en discutant à droite à gauche que c'est fatigant pour tout le monde, tout ça. On cherche à être Miss France, et on finit Miss France nue...

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  13. DBardel : Tu vois, je réponds. Je suis en flagrant délit de réponse là ! :)

    Merci de dire que tu as horreur des manèges et que tu trouves ça terrifiant, ça fait un autre point de vue ! Ok, je vais répondre à tout, même rétroactivement !

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  14. C'est bien, je suis contente, et je vais demain (parce que là il se fait tard) rectifier les horreurs que j'ai racontées à ton sujet.

    Pour les manèges, désolée... J'ai pas contrôlé, à l'époque.

    DB_j'voulais_pas_casser_l'ambiance !

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  15. « ...le peintre, dans ce film, qui voit déjà, derrière un homme qui se baigne dans un lac, un noyé »

    De grâce, pouvez-vous me dire de quel film il s'agit ? Je suis sûr d'avoir entendu ça très récemment, sans parvenir à me rappeler où et quand...

    Et je me connais, je vais passer toute la nuit à chercher, en vain, si quelqu'un ne m'apporte pas la réponse d'ici-là.

    À ce propos, y'a quelqu'un ?

    P.S. : pour ce qui est de votre texte, je n'ai rien à ajouter, tout a été dit.

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  16. dbardel : Rah merci d'avoir toute cassé l'ambiance ! Je sais pas si elle était sous garantie... :)

    Chieuvrou : j'ai dû sortir de ma torpeur et faire vrombir mon google pour retrouver la source ! Il s'agit d'une réplique dite par Robert Le Vigan dans le film "Quai des brumes" :

    (la réplique est modifiée selon les sites, c'est amusant)

    "Je peins les choses qui sont derrière les choses. Quand je peins un nageur, je vois déjà un noyé..."

    Ou bien :

    "Je peins malgré moi les choses cachées derrière les choses. Quand je peins un nageur, je vois un noyé."

    Ou bien :

    "Quand je peins la mer, je vois des noyés. Quand je peins des arbres, je vois des pendus"

    ou encore (mais le site est brésilien) :

    "pour moi un nageur c'est déjà un noyé"

    etc.

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  17. Bon, je m'étais juré de ne lire aucun commentaire pour n'être pas influencé, et voilà que le premier, celui de Tifenn, m'accroche le regard (avec cet oeil, remarquez, c'était inévitable). Et qu'il dit à peu près ce que je voulais dire moi-même ! Elles m'énervent, les filles, des fois, elles m'énervent !

    Le manège, peut-être, fonctionne comme la tragédie antique, mais c'est une tragédie pour enfants, c'est-à-dire qu'elle finit bien, puisque revenant à son point de départ, et que les dieux (les parents) qui président à la destinée sont toujours présents et surtout bienveillants.

    Je ne vous reprocherai que d'avoir interrompu cruellement le fil du rêve et de la nostalgie, à la toute fin, en vous croyant obligé de revenir sur ce putain de festival de mes deux, dont j'ai bien hâte qu'il soit enfin terminé !

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  18. Didier, je goûte avec un grand plaisir avec votre interprétation tragique du manège, c'est le genre d'analyse qui me ravit, Dorham aussi en fait de pas mal, et je suis très client.

    Pour votre reproche par rapport au festival de Romans, j'accuse réception... Je comprends qu'il doit être irritant pour vous de me voir déguisé en homme-sandwich. Nicolas m'a d'ailleurs glissé, me semble-t-il, l'esquisse d'un soupçon de l'ombre d'un reproche là dessus.

    Je sens bien, en discutant, parmi les inscrits et les non-inscrits une certaine tension par rapport à ce barnum... chez les premiers il y a une gêne à faire cet "interville" des blogs, chez les seconds, non impliqués, c'est pire.

    Mais bon, hein, il aurait été encore plus idiot de s'inscrire et de dire après "je ne mange pas de ce pain là !" D'autant que voir certains collègues me "supporter" de manière désintéressé restera un bon souvenir.

    D'autre part regardez les choses sous cet angle : je n'ai pas interrompu un billet par de la réclame, au contraire, j'étais parti pour faire un simple appel au vote, et finalement un billet m'est venu, avant, à ma grande surprise...

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  19. Très agréable balade que Kéké nous a fait faire. Merci à lui!

    Accent Grave

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  20. "gaël : le truc de l'avion qui montait quand tu appuyais sur le bouton, ça me rendait fou de joie !"

    ca y est je me souviens du grand avec un chapeau ridicule et qui me sortait manu militari de ce p...tain d'avion à chaque fois !

    t'as de la chance que j'ai mûri, tiens !

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  21. Les manèges...
    le manège. Celui des voyages extraordinaires de Jules Verne, à côté de la maison qui a fait rencontrer la France et ses plaisirs au Wanou.
    Qui a servi aussi de point de retrouvailles avec un père perdu.
    Le manège, quand je passe à côté aujourd'hui, je détourne les yeux.

    Et la victoire, comme le plaisir, ne vaut que si il est partagé.

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  22. accent grave : Merci à vous ! Je n'ai pas pris le temps de venir vous lire, j'en suis absolument confus...

    Gaël : Le meilleur moment, c'est quand on voit se dessiner le manège au loin. Là, je te promets, je m'accroupis, et je mange sa figure illuminée, du regard !

    dom : ton commentaire m'émeut à un point, bref.

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  23. Très belle note, et ce n’est pas parce que j’y suis cité.
    Oui, ce festival, c’est un peu tournez manège, pour les grands enfants qui veulent jouer au hochet de la gloriole. Mais n’est-ce pas là tout le sens de la vie, des vies de poissons rouge : espérer sortir du bocal asphyxié pour gigoter dehors, plus brillant que jamais, au risque de se faire écraser sur le carrelage ?

    Bon, assez de lyrisme a deux balles, moi, je m’insurge : Ce n’est pas parce qu’on est 10 dans la catégorie des obsédés que nous sommes tous finalistes : seuls 5 libidineux auront le droit d’avoir du PLON dans les fesses. Il n’est donc pas superflu de ne pas voter pour moi pour être tout à fait certain de ne pas me voir éructer sur le manège… pardon, le podium.

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  24. Le manège.
    Chez mes grands parents, la foire de Pâques et son manège.
    Je te lis, et j'ai 4 ans... Nous retrouver enfant dans les eyux de ton petit. Merci.

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  25. on peut même voter plusieurs fois, quand on a plusieurs adresses email ... Enin j'ai rien dit, hein ?

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  26. Vagant : désolé, je ne le savais pas ! La compétition jusqu'au bout à ce que je vois ! :-) Je vais corriger mon article.

    Nelly : Merci à toi d'être passée ! L'étape suivante : les montagnes russes ! :D

    boronali : petit malin, va ! :D Ceci dit, allez-y mollo tout de même, par exemple, là, on a perdu quelques voix. A moins que des gens aient trouvé un moyen de "dé-voter", les emails multiples sont surveillés...

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  27. Merci beaucoup pour ces précisions...

    (oui, je reviens un peu au texte, là, car ces histoires de concours me concernent aussi peu que le classement des meilleurs placements boursiers pour 2008 ou que le trophée européen de la voiture de l'année)

    ...Je sais maintenant où j'avais entendu être évoquée cette réplique : à la radio, dans une émission sur Jacques Prévert. En tout cas, je n'ai pas dû taper les bons mots-clefs dans ma recherche gougueulesque d'hier car je ne suis pas parvenu, avant de me mettre au lit, la mort dans l'âme, à trouver sur le ouèbe la réponse à mon angoissante question. Merci donc, encore une fois, à vous.

    Voilà, sinon, ce que j'ai trouvé quant à moi, dans un ouvrage que je ne saurais trop conseiller, à propos de la réplique en question :

    « Jacques Prévert est l'auteur du scénario et des dialogues de Quai des Brumes, réalisé par Marcel Carné d'après le roman de Pierre Mac Orlan. Jean (Jean Gabin), un déserteur, a trouvé un refuge provisoire dans la baraque de Panama (Édouard Delmont), lieu de rencontre de divers marginaux. Parmi ces derniers, le peintre Michel Krauss (Robert Le Vigan). Sa vision du monde est franchement sinistre, sinon désespérée. Il lui arrive de se reprendre ("Il y a pourtant de jolies choses dans le monde, à ce qu'on dit..."). Mais à quoi bon ? "Les peindre ?... J'ai essayé... j'ai peint... des fleurs, des jeunes femmes, des enfants... c'est comme si je peignais le crime avec tout ce qu'il y a dedans. Je verrais un crime dans une rose." Ainsi peindre un arbre : "Quand je peins un arbre, je mets tout le monde mal à l'aise. C'est parce qu'il y a quelque chose, quelqu'un de caché derrière cet arbre !... Je peins malgré moi les choses derrière les choses... Un nageur, pour moi, c'est déjà un noyé."

    Jean tirera profit de ces confidences amères. Dans une des dernières séquences du film, il s'entretient avec le docteur (Robert Genin) du navire sur lequel il espère s'embarquer. Ayant pris l'identité de Michel Krauss, et en possession de son matériel de peinture, il passe pour artiste aux yeux du docteur, lui aussi peintre à ses heures. Un moment la comédie reprend ses droits. Au docteur qui s'inquiète à l'idée qu'il pourrait être cubiste, Jean répond : "Ah ! et ben, euh... en général... je peins... les choses qui sont cachées derrière les choses." Il ajoute : "Par exemple si... si je vois un nageur... eh ben je pense tout de suite qu'il va se noyer... alors je peins un noyé." Le disciple improvisé et pris de court trahissait quelque peu la pensée du maître. La farce s'emparaît du tragique. Pour bien peu de temps... »

    Marion VIDAL & Jean-Claude GLASSER, Histoire des plus célèbres répliques du cinéma, Ramsay Poche Cinéma, 1989.

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  28. J'ai oublié de préciser par ailleurs que Robert Le Vigan est mon collabo préféré (enfin... je me comprends : le fait est qu'il s'est conduit comme une véritable ordure pendant la guerre, mais il n'en était pas moins un comédien de génie).

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  29. Ca fait déjà plusieurs fois que je passe par là, mais c'est ce manège qui m' a décidée à y poser ma prose. J'ai le même modèle (de fils, pas de manège), et à chaque fois qu'il se laisse tourner la tête, bien cramponné à un camion à la rutilance écaillée, les yeux dans le vague, le tournis à rater le tournant, les yeux de sa mère s'embrument, immanquablement, dans une déliquescence de nostalgie horripilante. Et il n'y a plus que le manège qui tourne droit.

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  30. "et entretenu des discussions infiniment candides sur les hippopotames et les pompiers.Il faut en effet commencer à former les gens dès leur plus jeune âge à cette bonne vieille pratique du "pompier".

    N.B. : Putain, y a vachement de commentaire ici et pas une seule grossièreté (il est temps que mon chef arrête de me filer du boulot que je ne sois pas obligé de blogueur pendant les heures de bistro).

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  31. Chieuvrou : je vous remercie vivement pour votre remarque érudite. Didier a raison : ouvrez un blog ! C'est évident, vous auriez des choses à dire.

    clarinesse : Vous dites juste, "Nostalgie Horripilante", c'est peut-être ça ! Merci d'avoir laissé un mot ici.


    Nicolas : Je vous remer... zut, un commentateur que je tutoie ! Ah, je me disais bien, où est-il passé ! :-) Je sais bien que tu as du boulot, mais ça commençait à me manquer !

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