Accéder au contenu principal

Un avion s'écrase dans une cour d'école

Avant-hier, un avion en papier plié s’est écrasé au milieu d’une cour d’école, à l’heure de la récréation, tandis que les enfants s’étaient rassemblés pour jouer gaiement. Le pilote n’était heureusement pas présent dans l’appareil : l’élève était resté dans sa salle de classe au premier étage, et l’avion mesurait quinze centimètres. Il n’y a pas eu de victime à déplorer, bien que l'engin ait survolé une fourmilière. Plus de peur que de mal, donc, pour cette école primaire de Terne-lès-Garennes (45). Par contre les dégâts matériels de la feuille de papier sont considérables : elle était toute pliée.

Cependant, selon les experts rapidement sur place, les pliures constatées sur la feuille dataient de la fabrication de l’engin. "Il faut plier la feuille pour qu'elle ressemble à un avion, sinon elle ressemble à une feuille." Un début de polémique a tout de même éclaté, car l'école où s'est déroulé l'incident est située à deux pas d'une crèche et d'un magasin de pneu. Comme l'a signalé l’élève mis en examen lors d'une allocution au conseil municipal avant un appel au calme : « De toute façon, ils volent pas très longtemps, à moins qui y a beaucoup beaucoup de vent »

Recyclage, tiré du fanzine Mieux, juin 2007

Commentaires

  1. oh, la jolie faute d'orthographe dans le titre ! (ôtez ce commentaire s'il vous plait)

    RépondreSupprimer
  2. Ces petits recyclages sont une cathédrale dont la finalité n'apparaîtra qu'à la dernière publication du dernier textulet. Nous pourrons ainsi admirer la complexité de l'oeuvre et chanter sa construction, ses labyrinthes, son dédale de sens cachés, son intertextualité, la richesse de ses métaphores et de ses révélations.

    RépondreSupprimer
  3. (Balmeyer a laissé tomber la marijuana pour l'absinthe, ou bien quoi ?)

    RépondreSupprimer
  4. "Il faut plier la feuille pour qu'elle ressemble à un avion, sinon elle ressemble à une feuille"

    Voilà,
    je m'en doutais confusément, tu l'as explicité pour moi. Toi et moi, on est connecté Bal...

    RépondreSupprimer
  5. Oops merci pour la faute signalée Suzanne, vous avez raison de dire. Pas le temps de répondre aux autres tarés, je fais ça plus tard.

    RépondreSupprimer
  6. Envisage-t'on une série télé pour raconter la vie des passagers naufragés de l'appareil ?

    RépondreSupprimer
  7. "l’élève mis en examen lors d'une allocation au conseil municipal" Une allocation exceptionnelle de solidarité aéro-navale, sans doute?

    RépondreSupprimer
  8. Ceci dit c'est moi qui vous ai encouragée, alors ! :)

    RépondreSupprimer
  9. monsieur prudhomme25 mai 2010 à 13:50

    Magnifique pastiche.

    RépondreSupprimer
  10. Le blog de l'absurde?

    Très bel article, on y croirait. :)

    Cela dénote-t-il un passé de journaliste?

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Wagram

Avenue de Wagram, devant un hôtel trois ou quatre étoiles, quelques barrières ont été installées de part et d'autre pour que s'accumulent des jeunes filles en fleur et en short. Elles semblent attendre depuis un moment, immobiles et compactes, et ce regroupement, provoqué manifestement par une prochaine épiphanie de vedette, emplit ce fragment d'avenue du bruissement électrique de la Célébrité. Des touristes et passants intrigués s'arrêtent pour scruter les jeunes filles qui scrutent l'entrée de l'hôtel, et moi je scrute à mon tour les passants curieux. Cela aurait été un triangle parfait de scrutement si les jeunes filles m'avaient regardé moi, mais en vérité je suis informaticien.

Chacun y trouve son compte, dans ce grand drame de l'attente ; par exemple moi-même, n'y comprenant rien, j'observe la scène tel un contempteur bien au dessus de tout ça. Si ces jeunes filles ont décidé d'être une foule dense à raison de huit par mètre carré, com…

La lanterne magique

Quand l'étincelle a disparu, dans cette lanterne magique qu'est la tête, le film du monde est laid. On regarde le soleil qui s'y couche comme un gros tas flasque de particules molles. Les chiens sont des boites à bruits, au bout des laisses, comme des yoyos à jamais déroulés. Les gens ont des barbes qui vous grattent à vous. Ils parlent en faisant des fautes d'orthographe. Les arbres s'alignent de manière bucolique comme des bâtons pour chiens, plantés là. Vous êtes ce chien qui ne peut prendre les arbres dans votre gueule, ces bâtons de joie, et détaler. Vous regardez les arbres, intransportables, et plus rien ne court. Vous vous retrouvez nez à nez dans un endroit où vous étiez content, une fois, et vous voyez votre ombre encore contente (car les ombres sont lentes), et vous vous sentez de trop dans ce souvenir heureux plus réel que vous-même à cet instant. Vous quittez les lieux poliment. Il y a des magasins qui vendent des thés ridicules. Il y a des bars qui ve…

Ballons

Nous nous promenions au parc de Sceaux, il y avait une sorte de kermesse pour lutter contre les myopathes (contre la mucoviscidose me corrigea Emeline). Derrière les stands, s'activaient des gens qui vendaient des parts de gâteaux au prix d'un ticket vert. Il y avait des panneaux explicatifs sur la maladie, des jeux de pêche et de massacre.

Un speaker remercia la fanfare de Clamart. J'y avais remarqué un joueur d'hélicon assez maigre, et ceci me plut car je tenais, à l'occasion, des statistiques sur les membres des fanfares, afin d'établir un jour une pittoresque découverte. J'avais déjà noté que les joueurs d'hélicon étaient souvent maigres, ce qui me fascinait car l'instrument exigeait de la puissance, et donc un costaud au bout du tube me semblait-il ; je croisais certes sur ma route une fanfare environ une fois l'an, l'étude avançait lentement mais malgré tout, je tenais pour certain que l'hélicon était si gourmand qu'il épuisait…