vendredi 28 septembre 2007

Mal de dent de l'enfer

Misérable, comme un mal de dents.

Moi, mes dents, partout, qui me suivent comme une ombre. J'essaye de trouver une cachette pour être à l'abri de mes dents, et de leur mal, mais pas moyen.

A trois heures du matin, on sonne, à l'intérieur de ma mâchoire. C'est le mal de dent qui vient me rendre visite. Bonjour, fait-il, je viens installer une sacré bon sang d'étagère, ne faites pas attention à moi, je vais percer quelques trous. Le mal de dent déballe son matériel, et fait tout sauter à la dynamite. Ha ha ha ! Il pousse des cris de méchant, avec son crane chauve, ses lunettes noires, sa blouse blanche, il me lance : "Je suis le maître du monde !"

Je me lève pour chercher une bouillotte de glaçon. Je me recouche, j'installe la bouillotte contre ma mâchoire : "oh j'ai froid ! " fait le mal de dent, il fait un feu de camp pour se réchauffer, le bougre. Il prend sa guitare, et inspiré, il fredonne : "c'est une maison bleue, adossée à la gencive..."

La nuit passe, à un moment je m'endors. Voilà le pays des rêves, qui est rempli de gentils oursons pacifiques se baignant dans l'eau tiède sous la verdure et le... comme tous les matins, l'adolescente du dessus, mi enfant, mi morse, se lance dans une dizaine d'éternuements tonitruants pour indiquer son réveil. Le chant d'amour et de mort du mammouth étalé. Le mal de dent, allongé sur mes molaires, se réveille aussitôt, et c'est la carnaval de Rio. Des danseuses emplumés piétinent avec leurs talons mes plombages, des excités font les tambours du Bronx au fond de la bouche.

Je suis dans le métro, mes dents et moi. Je marche sur le trottoir, mes dents, moi, le mal de dent. J'arrive au travail, le sommeil, mes dents saccagées comme une place du village, après le marché aux  viandes. Tiens, je me prends un café. Le mal de dent applaudit : "J'adoooore le café !"


4 commentaires:

  1. Je suis explosée de rire et avec ma sinusite de l'enfer, je m'étouffe à moitié en lisant ton article, merci !

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  2. j'ouvre la bouche. Le dentiste : "Ya du taf".

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  3. Excellent !

    Ce billet m'a aéré les molaires... mais en riant je me suis souvenu que j'avais aussi des molaires...

    Et là, mes incisives m'ont rappelé une évidence... "Chut elles dorment, faut pas les réveiller !"

    Du coup j'ai arrêté de rire de peur de les réveiller.

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