Accéder au contenu principal

...préambule (-2)

Ché pas si je devrais vous raconter ça. Mais après tout je m’en fous. Ça vous ennuierait peut-être. Ça serait trop pour vous ; ça vous ferait peut-être peur. Vous avez p’t'être pas envie d’avoir peur, plutôt envie de grosses villas au bord de mer avec des centaines de statues de Jacques Chirac dans le jardin. Mais après tout je m’en contrefous. Moi chui libre. Tu vois ya des types qui vont bosser à la chaîne, toute leur vie, on leur fait pipi dessus ils disent merci encore s’il vous plaît juste pour me rappeler comme c’est bon le goût du pipi et de la servitude qui pleut. Faites-moi pipi dessus. Mais pas moi. Ouais je bosse à la chaîne quand même, avec le contremaître qui me fait pipi dessus du regard, mais je suis libre dans la tête comme il est libre Max. Même à la chaîne je suis libre, même enchaîné à la chaîne avec trente minutes de pause et mon casier gris défoncé... Mais bon, comme on dit, on vit qu’une fois, et encore, moi, j’on vit qu’une demi-fois, si ça se trouve. Les mecs libres, on les abat. On leur veut du mal. Vous avez lu l’histoire de Jessie James ? Comment il vécut, comment il est mort ? Ça vous a plu, hein vous en r’demandez encore, alors voici...




Posts les plus consultés de ce blog

Wagram

Avenue de Wagram, devant un hôtel trois ou quatre étoiles, quelques barrières ont été installées de part et d'autre pour que s'accumulent des jeunes filles en fleur et en short. Elles semblent attendre depuis un moment, immobiles et compactes, et ce regroupement, provoqué manifestement par une prochaine épiphanie de vedette, emplit ce fragment d'avenue du bruissement électrique de la Célébrité. Des touristes et passants intrigués s'arrêtent pour scruter les jeunes filles qui scrutent l'entrée de l'hôtel, et moi je scrute à mon tour les passants curieux. Cela aurait été un triangle parfait de scrutement si les jeunes filles m'avaient regardé moi, mais en vérité je suis informaticien.

Chacun y trouve son compte, dans ce grand drame de l'attente ; par exemple moi-même, n'y comprenant rien, j'observe la scène tel un contempteur bien au dessus de tout ça. Si ces jeunes filles ont décidé d'être une foule dense à raison de huit par mètre carré, com…

La lanterne magique

Quand l'étincelle a disparu, dans cette lanterne magique qu'est la tête, le film du monde est laid. On regarde le soleil qui s'y couche comme un gros tas flasque de particules molles. Les chiens sont des boites à bruits, au bout des laisses, comme des yoyos à jamais déroulés. Les gens ont des barbes qui vous grattent à vous. Ils parlent en faisant des fautes d'orthographe. Les arbres s'alignent de manière bucolique comme des bâtons pour chiens, plantés là. Vous êtes ce chien qui ne peut prendre les arbres dans votre gueule, ces bâtons de joie, et détaler. Vous regardez les arbres, intransportables, et plus rien ne court. Vous vous retrouvez nez à nez dans un endroit où vous étiez content, une fois, et vous voyez votre ombre encore contente (car les ombres sont lentes), et vous vous sentez de trop dans ce souvenir heureux plus réel que vous-même à cet instant. Vous quittez les lieux poliment. Il y a des magasins qui vendent des thés ridicules. Il y a des bars qui ve…

Ballons

Nous nous promenions au parc de Sceaux, il y avait une sorte de kermesse pour lutter contre les myopathes (contre la mucoviscidose me corrigea Emeline). Derrière les stands, s'activaient des gens qui vendaient des parts de gâteaux au prix d'un ticket vert. Il y avait des panneaux explicatifs sur la maladie, des jeux de pêche et de massacre.

Un speaker remercia la fanfare de Clamart. J'y avais remarqué un joueur d'hélicon assez maigre, et ceci me plut car je tenais, à l'occasion, des statistiques sur les membres des fanfares, afin d'établir un jour une pittoresque découverte. J'avais déjà noté que les joueurs d'hélicon étaient souvent maigres, ce qui me fascinait car l'instrument exigeait de la puissance, et donc un costaud au bout du tube me semblait-il ; je croisais certes sur ma route une fanfare environ une fois l'an, l'étude avançait lentement mais malgré tout, je tenais pour certain que l'hélicon était si gourmand qu'il épuisait…