mercredi 31 octobre 2007

Boys and girls of every age...

Salu ! Ce soir sai Alowine, (allo ? win !) Alors g déssidé 2 déguisé mon blog en sitrouille taffreuse. Alor, toi, kikoolol, t tro bi1, lache t com, je te kiffe.

Attention : un com laissé c un com rendu. 5 coms laissé c 6 com rendu. au boud de 20 coms, c un lien verre ton site. Au boud de 50 coms c carément deux liens verre ton site.

Exemple 2 de liens verre ton site :

"Eh toi t trop bi1 ! Alors visité donc le site de nono" :
http://www.le-site-de-nono.com
http://www.le-site-de-nono.com

Musique Danny Elfman. Danny Elfman, c'est un peu comme Charles de Gaulle pour les français. Chez moi, dans mon appartement, il y a l'avenue Danny Elfman, l'aéroport Danny Elfman, le centre aéré Danny Elfman, etc. Dans cette petite play-list deezer, vous trouverez la version originale de "this is halloween", entendue dans le film de "Tim Burton" (même si c'est Henry Selick qui l'a réalisé), suivie de celle de Marylin Manson que je ne connaissais pas avant, puis Sally's Song, morceau que je sais jouer au piano avec un doigt de chaque main.

free music
Il parait que dans le lotissement de mon enfance, les enfants commencent à sonner aux portes pour réclamer des bonbons, comme c'est étrange. Vu les deux digicodes de mon immeuble parisien, je n'entendrai pas beaucoup d'enfants sonner à ma porte en cette froide nuit, donc je garde tout le vin pour moi (oui je donne du vin aux enfants, le soir d'Halloween, rire guttural).

Et maintenant, un jeu amusant pour les enfants avant de conclure par un tombeau pour les geeks.

(ps : Bises à mes lecteurs du mois d'octobre qui m'ont bien tenu chaud (j'ai prêté mon pull à ma compagne, je claque des carries)).

(ps 2 : le correcteur orthographique de blogger ne marche pas pour ce message. Je crois que son début l'a laissé perplexe. J'ai cassé google, pardon).

(ps 3 : Prière de laisser les bonbons dans les commentaires)

mardi 30 octobre 2007

Message de service : climatisation en panne

Ce début de mois d'octobre, j'annonçais crânement un superbe défi façon "La chasse au trésor / Pushing the limit / Remporter une lutte contre soi-même" : 33 billets, pour le mois de mes 33 ans.

On comprendra qu'à la veille de la date fatidique, avec logiquement 7 billets à pondre en 36 heures, je sois passablement embêté.

Pourquoi se donner de telles missions, sinon pour se mettre en difficulté, alors que j'ai du boulot, des moments à partager avec ma compagne, des histoires à lire à mon fiston, des amis que je vois trop peu ? Disons que, sans règle, pas de jeu ; pas de jeu, pas de chocoleuh.

Mais bon, cette situation anecdotique a le mérite de me faire réfléchir un peu. Que faire ? Écrire 7 billets farceurs, histoire de m'acquitter d'un auto-contrat, mais au risque de prendre les yeux de mes chers lecteurs pour des paillassons à mots ? Laisser passer sans rien dire en sifflotant ? Qu'est-ce que blogger, au fond ? D'où vient le vent ? Où se trouve l'anti-matière dans le cosmos ?

Depuis que j'ai quelques visites sur ce blog, je suis tenté de faire mon garçon poli : on lit partout que blogger, c'est essayer d'être pertinent, c'est être concis, c'est écrire utile. Ce n'est pas faux. Parmi les milliards de blogs qui existent, ne pourrais-je pas un peu, écologiquement, fermer la climatisation de ma parole, cesser de faire couler des bains de ma logorrhée verbale, un peu de temps en temps ?

C'est une question un peu bête, je pourrais blogger et puis c'est tout. Ecrire mes articles, et puis c'est tout. Non.

On lit aussi le contraire, ce fameux "inutile qui est si utile", la poésie, l'amour, la mort. Le superflu. On lit aussi, surtout si l'on se trouve à l'intérieur de mon cerveau, qu'on a parfois envie d'écrire du gros n'importe quoi, comme "caca boudin", comme quand on tenait le journal du lycée, on a envie d'écrire "tarte à la crème". C'est bien aussi, d'être quelqu'un de libre, comme par exemple Florent "Nutella" Pagny et sa fantastique liberté de penser (et de dépenser), être libre comme l'air, comme moi quand j'étais sur une mobylette, parcourant la zone industrielle de Lyon sud pour aller manger un sandwich, les cheveux, justement, dans l'air (libre mais pollué).

Bon, bref, cette fin de mois (comme souvent) sera placée sous le signe de l'économie. Pas de 33 billets, pas de remplissage, à part le remplissage usuel, qui est ce blog, évidemment. Ca sera dur pour moi, qui aime les steaks et la sauce, mais on tentera au contraire, pour voir un peu, de "Blogger peu, pour blogger mieux"*.

* Le slogan "travailler plus pour s'abonner à Canal +" est sympathique aussi, je m'en vais de ce pas le déposer.

lundi 29 octobre 2007

Curriculum Vitae, vie encerclée

Un CV, qui traîne sur une pile de papiers, dans une salle de réunion. Je tends la tête pour le déchiffrer. Il s'agit d'une personne qui travaille dans une pièce au fond d'un couloir : je reconnais la photo. Une femme, la cinquantaine. Deuxième, troisième CDD ici ? Championnat du monde de la précarité. On ne va tout de même pas engager des vieux, non ? S'ils faisaient des crises cardiaques en pleine réunion ? S'ils perdaient leurs cheveux en plein déjeuner ? S'ils devaient s'absenter pendant des mois pour se faire greffer un dentier ? Des vieux, des femmes, des vieilles filles. Alors que les gens poussent tels des bananes dans les arbres, sans cesse renouvelés comme dans un perpétuel printemps.

L'entête indique pourtant, en caractères gras : 47 ans, célibataire, sans enfant. Mon ventre se serre, je sais bien ce que ça veut dire. Ca veut dire : "J'ai pas ou peu de copain, ni de mari, j'aurais jamais d'enfant, je suis prête à bosser comme une malade, gardez-moi".

J'ai horreur des CV. Le protocole pour se faire embaucher serait "De quoi ai-je l'air en tutu ? ", ça me ferait la même impression. Chaque candidat aurait pour devoir de garder en état un vieux tutu rose, acheté juste après l'école, à l'entrée de la vie professionnelle. Il devrait se le trimballer sous le bras, pour, devant un parterre de briscards désabusés à la calvitie naissante, effectuer des pas de danse.

" Vous avez l'air ridicule en tutu, vous le savez ?
- Oui, mais j'ai rudement besoin de trouver du boulot, monsieur.
- Bien, bien. Continuez. Pas chassé, pas chassé, ciseaux.
- Humpf, humpf, humpf.
- Et oui, hein, l'embonpoint, hein.. c'est gênant. Quelles sont les motivations qui vous mènent à manger trop gras ?
- Pas le choix... hmpf... les pâtes.... hmpf... c'est pas cher. Les pauvres sont gros, c'est connu.
- Encore un effort. Voilà. Brisé, Entrechat, Emboîté.
- Je connais aussi quelques... hmpf... airs de ténors.
- Non ça ira. Ronde-de-jambe, parfait. Et pour finir, un dégagé. Merci monsieur."

Les jeunes, l'autre fois, sont tombés sur un CV. Dans la fameuse case divers (aime la musique, les films de kung-fu, anime l'association des rescapés du cancer, pratique le yoga, fait pousser du cannabis), ils lisent : "Auteur d'un blog"... ricanements. Hum. Je me tasse sur mon siège.

47 ans, célibataire, sans enfant. Mon imagination, qui est mélancolique ce matin, me murmure de noires variations sur cette donnée furtive, dessinant une silhouette en ombre chinoise, dérisoire, sur une pile de papiers. Tout doit tenir sur une feuille, les CV prennent plaisir à nous réduire, à nous compacter, à nous compiler. J'imagine un appartement propre, un studio, une affiche de building à Manhattan en noir et blanc, ou bien une exposition à la mode, mais de la mode d'il y a trois ans. J'imagine une table basse, en verre, jonchés de petits objets pointus, avec aucun être minuscule autour, papillonnant pour les ingérer, dans l'espoir d'aller aux urgences.

J'imagine un ordinateur, un dossier avec des CV par paquet, téléphoner, prendre rendez-vous, prendre le métro, tacher de convaincre, le coeur battant ; s'emmêler dans des questions tordues, faire croire que l'on est un saint sans aspérité ni perversion, donner l'illusion. Repartir, reprendre le métro, ouvrir la porte d'un appartement. Ouvrir la porte d'un réfrigérateur, l'air polaire qui s'en échappe, puis sentir le studio se glacer infiniment, allumer le chauffage, faire couler de l'eau brûlante, brûler des revues, brûler des papiers, des chaises, brûler les murs, et puis les affiches, pour réchauffer la nuit dévorante, son haleine blanche. Lire un livre de poche. Allumer la télévision.

Sur un cahier elle note tout, avec méthode. Elle veut assurer. Elle s'accroche. Les jeunes stagiaires ont des cernes à force de soirées passées dans des jeux de rôles numériques. Ils n'ont pas d'enfant, ils sont un peu mal à l'aise quand je raconte malicieusement des anecdotes du style "j'ai changé un gros caca hier soir", sachant très bien que je vais passer pour un énergumène. Ils ont la vie devant eux. Ils ont vingt ans, dix-neuf, ils sont forcement célibataires, ils n'ont forcément pas d'enfant, et ce n'est même pas la peine de le mentionner sur leur CV.

Quelques jours plus tard, ce matin même. 47 ans. Célibataire. Toujours pas d'enfant. Elle passe vite fait, en coup de vent, dans notre plateau, elle s'éclaircit la voix, au passage, prend un ton enjoué, s'étrangle, reprend : "Et bien bonne continuation à tous !".

samedi 27 octobre 2007

S'inscruster

Carte postale du samedi soir. J'ai mangé de l'ail nature avec du pain, comme un montagnard. L'haleine typique de celui qui ferait mieux de blogger.

***

"C'est ouvert le samedi, jusqu'à 19h00, tu verras !". Il s'agit d'un endroit, une sorte de négatif de jardin public : c'est privé, c'est payant, c'est à l'intérieur. Un grand local avec pleins de jouets, comme une crèche industrielle. Ah bon.

J'arrive avec mon fils, bizarre, des gens à l'entrée boivent du champagne, fument des cigarettes. Ah ben c'est du joli, pense-je. Puis nous rentrons, je me fais accueillir par une dame : "je suis la maman de ...". Tout le monde picole. Les enfants ont fait un bazar inimaginable, ils sont tachés de gâteaux au chocolat. Des gens, un verre à la main, protestent mollement : "Non Mattéo-Emma-Léo-Louise, ne plante pas le couteau dans l'oeil de ton petit copain tu sais que ça fait mal". Cet établissement n'est pas sérieux, pense-je.

Ah !

Mais !

Quel !

Malentendu !

L'établissement est fermé, il s'agit d'une fête d'anniversaire privée ! Une fête, en fait. Je suis là, avec Kéké et son bonnet tout pointu, je ne me suis pas rasé depuis dix jours, je suis hirsute. Contraste, les gens ont l'air de travailler tous au ministère de la culture de Montmartre-Les-Abbesses, un peu prout-prout pouet-pouet bo-bo.

Comme c'est cocasse, dit-elle, le monsieur a cru que l'établissement était ouvert. Bon. Ben on va repartir. Kéké à la vue des innombrables jouets est excité comme un satyre dans un sex-shop. Bon ben on va y aller. Adieu les jouets. Tant pis. Ne pleure pas Kéké. Il faut être fort. On repart dans le froid et la nuit. Ah mais non ! Vous n'avez qu'à rester ! Allez, soyons fou, il veut peut-être du gâteau ? Non, il est allergique.

La dame me rattrape, il faut enlever les chaussures ! Tous les matins, je me dis : "A force de mettre des chaussettes dépareillées, un jour ça va m'arriver. Un jour, je l'aurais, la honte."

Ça arrive. C'est aujourd'hui. J'essaye de cacher un pied sous l'autre. Kéké lui m'a renié pour un garage de voitures. Il joue comme un calme forcené dans son coin.

Les enfants commencent à partir. Des parents commencent à ranger. Je murmure à Kéké : "hé, manquerait plus qu'on ait à passer l'aspirateur". Kéké ne veut plus de parents, il veut des camions. J'use de tous les stratagèmes perfides dont je dispose : je promets des mandarines, et des Trotro à la télévision.

On s'éclipse, je remercie encore la maman, elle rit, comme c'est cocasse ! Puis je mens en disant que ça a l'air très intéressant de louer cet endroit pour une fête, que c'est original, puis elle me file un prospectus avec les prix - ah ouais, quand même, ça douille.

Puis nous reprenons la poussette, et on roule, on the road again. On est pas bien, là, hein, vieux ? On vient de s'incruster dans un anniversaire, dis-donc ! La prochaine fois, papa finira pété, en montrant son derrière, promis ! Là j'étais plutôt géné, mais je fais style, devant mon fils. "Rouler !", dit-il. Il prononce mal les R, c'est adorable. Allez, on va s'acheter des mandarines ! Il répète : "manda'ines !". Puis il s'étouffe en mangeant du pain, il est tout bleu, je le remue, puis au bout de quelques secondes il vomit un peu. Ça va ? Je lui propose une mandarine. Très sérieusement, il me regarde dans les yeux et répond : non. Puis il poursuit : "Rouler !"

Plus tard. Tu es sûr que tu ne veux pas de mandarine ? Tu ne vas pas t'étouffer avec, je te promets, elles sont intouffables.
- Non.

vendredi 26 octobre 2007

En 1984 (2)

Nous sommes bien en 1984, donc. A Toulouse, donc. Il fait chaud, il y a un paquet d'enfants dans une minuscule piscine bleue gonflable. Là bas, on mange des "chocolatines".

L'herbe est jaune, c'est un lotissement avec une seule maison. Il y a un enclos qui sépare le terrain d'un immense rien du tout, perdu dans la banlieue d'un bourg jouxtant une sous-préfecture perdue.

Les adultes sont dépendants de la pétanque, ils s'entraînent du matin au soir. Tout le monde porte des petits shorts brillants, et des bobs, c'est la famille des grandes saucisses. Les jambes dépassent interminablement de ces petits shorts, et se terminent par des espadrilles. La scène se déroule dans le souvenir, les gens en sont conscients, ils sont légitimement heureux d'être plus jeunes qu'aujourd'hui.

La nuit, les papillons et les moustiques font l'heure de pointe sur les lampes de fortune accrochée aux branches, les arbres, comme des sapins de noël, sont cintrés de rallonges électriques. Les fous de la pétanque se perdent dans le sublime, la victoire et la défaite, et le recommencement éternel.

Ma mère s'est remariée, je suis dans ma belle famille, donc, je suis bien traité, mais j'ai la perpétuelle impression d'habiter une salle d'attente.

J'ai, au pied, des méduses, ces sandales en plastique vert-bouteille qui font floc quand on marche. Soudain, on amène un petit boîtier rouge. Comment a-t-il attéri là ? On s'installe dans le salon "roccoco-la halle au meuble", les enfants sont en maillot de bain, en short brillant, en bob, fiers de vivre dans les années quatre-vingt. Le premier prix d'une tombola ? Le cadeau oublié de l'arbre de Noël d'un comité d'entreprise ? Matra et Hachette. C'est un Alice.

Il y a un dessin sur la boite, sur le manuel aussi ; c'est une blonde de l'espace, une fée qui fait flotter le boîtier rouge, semblable aux personnages de Valérian et Laureline, ma bande dessinée culte de l'époque.

C'est un des premiers micro-ordinateur. Il n'y a pas de disque dur, il n'y a pas de lecteur de disquette, il y a les touches posées à même l'engin, comme un protubérant téléphone portable. Il n'y a pas de disque dur, donc : quand on l'éteint, tout s'efface, quand on le rallume, il renaît de ses cendres. Alice, la blonde de l'espace.

Lorsqu'on a dix ans, on est souvent impressionnée par les blondes de l'espace. Dans la famille réunie autour du téléviseur, je tends mon cou pour saisir ce qui se trame. On branche l'ordinateur sur la télévision, avec une prise péritel. Un écran bleu sidéral apparaît, alors, et un curseur clignote dans un coin. Chacun se regarde, amusé, des poules ont trouvé un couteau.

Alors, comment ça marche ? A quoi ça sert ? Moi je devine que les blondes de l'espace ne sont pas là pour servir, pour être utile, elles sont là pour suggérer des mondes inconnus et des odyssées potentielles. Je tends tellement le cou, ma tête risque de se détacher à tout moment. Laissez moi voir ! Nous sommes dans les années quatre-vingt, et c'est le premier ordinateur que je découvre. Le curseur clignote, le boîtier rouge, la blonde de l'espace, l'écran bleu, comme le grand bleu, je suis enivré.

Quelqu'un, laborieusement, avec son bob, son short rutilant, tape quelque chose sur le clavier, pour communiquer avec l'objet : "bonjour ! ".

Alice, l'ordinateur, le curseur, la blonde de l'espace, l'esprit des transistors, répond :

Syntax Error

Quelqu'un rit. On recommence. Elle parle anglais, cong. On essaye de lui causer français. Et la blonde de l'espace, comme un sphinx mécanique, de répondre, aussi invariable que la constante de Planck :

Syntax Error

Au bout d'un moment, quelqu'un, en short, décide de compulser l'épais mode d'emploi. Le manuel est à mes yeux un grimoire à miracles, puisqu'il est épais, et illustré par une blonde de l'espace. Certains se lassent déjà, ouvrent des bières 33 export trouvées dans des volumineux pack de mille. Se grattent le short lumineux. Sortent profiter du doucereux été, du chant des insectes innombrables, de l'atmosphère euphorique du souvenir.

Alors on trouve la première instruction, dans l'épais manuel. print.

Quelqu'un tape :

print "coucou"

Alice répond :

coucou

C'est une rencontre du troisième type. Nous avons communiqué avec un boîtier. Le rectangle est à nos ordres, docile, compact, mystérieux, comme un tableau de bord de fusée, sans fusée.

Après une vingtaine de commande "print" (print "salut" - salut - print "merde" - merde (rires) - print "tu es con"), le salon se dépeuple, et la foule fait de la place entre Alice et moi. Je prends le manuel sur mes genoux, le long apprentissage du Basic commence. La nuit je m'endors en lisant le livre, la tête pleine de "goto", "gosub" et autres "input". Le grimoire, les termes ésotériques, kabbale de nombres entiers, instructions, sous-programme. Tel un Harry Potter en short brillant, il me semble entrer à l'école des sorciers. Fini la piscine. Fini l'air épais qui plane comme une brume sur l'herbe jaunie. Il y a mon visage, son reflet sur l'écran bleu.

Les vacances sont finies, je laisse derrière moi Alice, elle retrouve son espace, retourne léviter ses boîtiers dans sa capsule. Oh j'aurais bien voulu son adresse, lui envoyer une carte postale, rédigée en Basic, pleine de "print". Mais sa mémoire s'est vidée, une fois la prise débranchée. L'hiver arrive, et j'ai perdu ma baguette, mais les formules, elles, hantent mon esprit. Big Sister.

mercredi 24 octobre 2007

en 1984 (1)

Je suis en 1984 (1983 pour être exact, mais ça fait moins titre de roman, alors je rectifie), en vacances, près de Toulouse. J'ai neuf ou dix ans, j'ai toujours la coupe au bol, mais je ne suis plus blond. Je ne ressemble plus à Brian Jones, mais à Ron Wood, c'est à dire ça, mais en enfant :



Je suis un grand sensible : ma mère me dit, tu sais, tu vas avoir dix ans, et plus jamais ton âge n'aura qu'un seul chiffe. Pour toujours, à tout jamais, tu auras au moins deux chiffres au compteur de ton âge. Je suis livide. Je fais une de ces têtes, à cette révélation, comme un coup de massue donné par l'irréversibilité des choses. Mon enfance, à tout jamais happée par l'aspirateur de Saturne. Ma mère - un peu désolée - me parle encore de cette veille d'anniversaire. En insistant juste un peu plus sur le morbide, elle aurait fait de moi le premier gothique de France.

J'ai dix ans, je suis tout menu, mais un été j'ai été gros. Comme tous les étés, je passe un ou deux mois à Perpignan, chez mes grands-parents, qui m'adorent, et qui par dévotion me donnent à manger des trucs amoureusement gras. Jambon, viandes, pâté, Nutella, grillades, saucisses sèches, Nutella, saucisses humides, steak de cheval, côte de porc, côte de cheval, steak de vache, gras de poule, tête de canard, foie de poisson (non, jamais de poisson), pain, Nutella. Parfois, le dimanche, si le jour est un nombre pair, une feuille de salade, avec des oignons frais.

A la descente de l'avion, ma mère me découvre, mes grands parents, au téléphone, sont fiers : ils se sont bien occupé du petit fils, je suis leur chef-d'oeuvre estival. J'ai poussé comme un ficus, mais latéralement. Du petit fils, il a y en a beaucoup plus, il a doublé de volume, on pourrait le couper en deux, il y en aurait un pour eux, un pour mes parents. Ils m'adorent.

Je suis à Toulouse, donc, on vient d'amener une petite boite rouge. Suspens. La suite, demain, je vais grignoter, ça m'a creusé de parler de l'été où j'ai été gros.

mardi 23 octobre 2007

Lire du Guy Môquet

Il y aurait mon pédégé, il y aurait mon chef, il y aurait la responsable de la comptabilité, son accent de l'ouest-parisien, il y aurait les actionnaires, avides d'attendre le nouveau site, des costumes, des costards, des cravates, les lambris de nos bureaux.

Il y aurait moi, montant alors sur une table, après un quatrième verre de vin, pour dire : "Chers amis, c'est le moment de vous lire du Guy Môquet ! On est en démocratie, bon sang."

Les traîtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d’ici
Pour instaurer le socialisme.

13/08/1941


Il y aurait moi le poing levé, déclarant : ah ben ça fait du bien de fumer de la Guy Moquette ! Vindiou ! Puis le rire gêné des stagiaires, un collègue qui viendrait me voir, me tirerait par la manche, je crois qu'il y a un coup de fil pour toi, dans la cave, me dirait-il.

Il y aurait moi au chômage.

lundi 22 octobre 2007

Les chats

Le matin, je me lève, le sol est plein d'obstacles poilus : des chats. Pour aller aux toilettes, j'achoppe sur d'innombrables objets ronronnant : des chats. Poum, poum poum : roumir ? Je m'assois sur la cuvette : deux têtes à mes genoux ; "Roumir ?". Les chats font le manège autour de mes mollets.

Fatigué, je leur balance des grossièretés. Je marche dans le couloir, et les chats décrivent des huit autour de mes pieds. Parfois je m'énerve, je leur fous un coup de pied au cul. Ils reviennent si j'ai le malheur de m'immobiliser, comme des personnages de cartoon indestructibles. Roumir ?

Le soir, je lis une histoire à Kéké, derrière le livre d'images apparaît la tête d'un chat, il pose son menton sur la tranche : "Roumir ?" Nous continuons impassibles à lire l'histoire, et le chat se frotte les joues sur le livre, le secouant, troublant notre paisible lecture. Nous poursuivons, amusés. Le chat défonce alors l'ouvrage comme une porte, l'imagier me tombe des mains, je gueule, kéké rigole. Roumir ? Puis je reprends le livre.

Le chat parle un peu notre langue : le mot "boîte" (comme boîte de pâté) fait apparaître son visage d'aliéné, une tête pataude de satyre avide de sexe, comme par magie, comme s'il pouvait se téléporter. D'ailleurs, nous en jouons : lorsque je leur en donne, de la boîte, sadique, je les pousse à l'hystérie : "La boîte ? La boîte ? Mais qui veut de la BOITE ??? Ah ah ah ! Je vais manger toute la boîte, moi !" Les chats, devenus fous, font des tours sur place, se percutent, commencent à manger la gamelle vide, disjonctent, de la fumée sort de leurs oreilles.

Je continue à lire l'histoire à Kéké : "Soudain, Pouet-Pouet le canard découvre une boîte..." La tête du chat surgit à nouveau de derrière le livre, ses grands yeux noirs ronds comme des billes me scrutent. Roumir ? Pardon? On me parle ? Fausse alerte, il se recouche. Je poursuis : "...le canard découvre une boîte". Comme monté sur un ressort, la grosse tête jaillit à nouveau. Roumir ? Nous répétons l'opération vingt fois. Nous rions beaucoup. Le chat régit bondit systématiquement. "Sait-on jamais" semble être sa devise. Pas question de louper le coche, la boîte, la miraculeuse boîte, c'est sacré.

Tout ça pour partager cette excellente petite vidéo envoyée par E., dont je ne me lasse pas :

vendredi 19 octobre 2007

...sur les I

Pause de midi. Une revue.

Couverture : Un ministre.

Publicité pour une montre chère.

Publicité pour une grosse voiture.

Éditorial : la gauche comment la sauver ? (mais est-elle récupérable ?)

Publicité pour une montre chère. ("les conducteurs de grosses voitures aiment porter les montres Tictac")

Publicité pour une grosse voiture décapotable. Le conducteur a son bras accoudé à la portière. A son poignet, une montre. Décapotable.

Politique. En hausse : Truc (ministre). "Par son action énergique, il fait bouger la France. En baisse : François Hollande. (-5%. Total de baisse cumulé : -12536 %).

Sports : Laporte, Sarkozy, des amis inséparables dans la victoire.

Publicité pour une voiture. Ah non, c'est pour une montre chère. La voiture est vraiment grande sur la photographie, d'où la confusion.

Article : las des grèves incessantes, il s'expatrie à Londres et connaît enfin le bonheur et le succès auprès des femmes.

Mode : montres chères, collection automne-hiver.

Voyage : Londres, tous les quartiers des Frenchies, le secret de leur réussite.

Portrait : Truc, fondateur de Tictac, fait bouger la France depuis sa villa de Londres. (Rouler à gauche c'est dur, même dans une voiture décapotable).

Publicité pour une grosse voiture qui donne l'heure.

***

Pas de doute : je lis le Point.

Quand la ville pue

Je suis venu à pieds hier. Le mauvais goût de la ville dans la bouche, jus de voitures, camions, scooters. Rue Caulaincourt, tiens, le magazin-bazar où j'achetais mes vieux sacs à aspirateur a été remplacé par une agence immobilière. Encore un. C'est vraiment "Immobilier Parc" cette rue. Il y a aura bientôt des agences spécialisées dans la vente de locaux pour agences immobilières.

Sur le pont qui enjambe le cimetière de Montmartre, le contraste est comique entre la foule des piétons pressés qui se bousculent, et les voisins gisants, dans leur coffre de pierre, bien moins agités. J'aime bien cette "vanité" urbaine, le pont, la brasserie, le sex-shop, le cimetière tout autour. Place de Clichy, cinéma, un vidéo club aussi grand que le cinéma, puis la rue d'Amsterdam, qui est un oesophage mécanique dans lequel je dévale doucement comme une nouille.

La Gare Saint-Lazare, son dôme alvéolaire, ses horloges. Les parcmètres, leurs horloges digitales.

Les vélibistes s'amassent autour des bornes toutes occupées, comme des mouettes engluées dans leur retard.

Ce matin, je tente le métro entre Gare du Nord et Gare de l'Est, j'envisage de porter plainte contre Dieu pour avoir créé tous ces gens. Je ne sais pas quel était son plan, mais pourquoi ne pas avoir mis au point une sorte de mini-monde avec 100 ou 150 personnes, tout au plus ? Un univers du style série télévisée, des personnes toutes riches, belles, évoluant dans des grands lofts, souffrants de problèmes de coeur, de doutes sur leur fidélité, de luttes contre soi-même pour arriver à faire six tours de stades, des dilemmes culinaires (pizza au fromage ou pizza reine) ?

A un moment, le Créateur a du bloquer sur son trip "fourmi", il a du se dire, tel un collectionneur monomaniaque, "Ah oui, c'est bien quand il y a de la quantité, tiens, je vais créer des tout petits villages, des toutes petites villes, des tout petits appartements, avec plein-plein-plein de gens ! Ah ça en a de la gueule, la gare Saint Lazare, avec cette exagération ce monde compacté comme un César, comme des plumes dans le gros coussin sur lequel je repose ma tête !"

La grève tombe au moment où l'on doit sortir le Nouveau Site. Un collègue dit à un autre : "Rahh y en a marre des grévistes ! ", puis il tente d'organiser des lynchages de syndicalistes, cherche des cordes, des arbres, des volontaires. L'autre collègue, impassible, répond doucement qu'il n'est pas d'accord. "La grève reste un moyen pour lutter". Le premier le regarde stupéfait, abasourdi, scié. Il aurait pu tout aussi bien dire : "Non, je ne vais pas avec vous voir des strip-teases au Crazy Horse car je suis pédophile", l'effet aurait été le même.

Mon chef est d'une humeur de Pitbull dans un jardin d'enfants, il cherche les démarches administratives à effectuer pour entamer une formation de tueur en série. Si je ne poste aucun message d'ici une semaine, merci de vous inquiéter, je ne veux pas finir comme Pierre Boulin.

mardi 16 octobre 2007

Petit poucet, gros cailloux

Dans la brièveté, aujourd'hui, un mot en passant devant une machine reliée au réseau. Mon pauvre kéké est malade depuis quelques jours, entendre sa respiration difficile, dans la nuit, le voir se lever, s'asseoir, chercher à droite à gauche l'air autour de lui, l'entendre siffler, tout ça est bien éprouvant.

J'ai passé mon lundi avec mon fiston, il se sentait mieux, il a couru tout content, le matin, avec ses grosses cernes rouges. Puis il s'est pris une barrière sur le front en tombant ; gros bleu, du style timbre poste.

Il est impossible de trouver une nounou parfaite. Et bien nous avons trouvé une nounou parfaite. Le problème c'est qu'elle l'est trop, parfaite. Gentille, douce, visage de jeune fille modèle de pensionnat à la Heidi, elle nous fait la leçon à chaque fois ; ça craint. Il faut le moucher, patati patata, il faut lui laisser son autonomie, patato patatu, et que j'ai lu tout Docteur Brazelton, et que je connais tout Dolto, et que je suis inspirée par Edwige Antier, patateuh patati-grec.

J'arrive ce matin - tout de suite - illico - ah mais il s'est fait un bleu ? Oui, il faut pas m'emmerder quand je consulte mes mails, il devrait le savoir. Lorsque kéké était à la garderie, il y avait aussi une assistante parfaite, dans le genre. Celle qui pose des questions, si on se trompe dans la réponse, si on hésite, si on se plante, notre enfant est envoyé à la DDASS, services sociaux, juges, menottes, TF1, Julien Courbet, quelle honte, les parents sur l'échafaud, le public qui fait du Volley-Ball avec nos têtes, tout ça.

A la garderie : ah mais son nez coule ? Regard inquisiteur. Ça fait quand même plusieurs jours déjà ! Ah mais qu'est-ce qu'il s'est fait sur le bras ? Un bleu ? Oui, pourtant on le frappe avec un annuaire, il parait que ça laisse pas de marques.

Kéké, à peine entrée dans le Hall de Super-Nany, a son visage qui se tord silencieusement, il me murmure des "papa" déchirants, j'ai le coeur broyé à la machine à steak-haché, je suis démonté comme une pile de Légo. Chez miss Parfaite, kéké s'agrippe à moi, il me jette des regards suppliants, du genre : "Mais pourquoi m'abandonnes-tu, père, quelle trahison", et j'ai plus qu'un noeud dans la gorge, mais tout le cordage d'une goélette.

Mais qu'est-ce qui s'est passé dans la tête des parents du petit poucet, au moment où ils ont laissé leurs marmailles dans la forêt obscure ? Je file dans l'escalier, les jambes en coton, je m'en vais rejoindre mes collègues informaticiens-célibataires-sans-enfants qui me regarderont comme si j'étais un droïde de l'espace (je viens sur votre planète en ami), comme si j'étais un patient en attente d'une greffe de visage.

vendredi 12 octobre 2007

Twitter ou un bref instant de misère

Twitter est un fabuleux outil : un peu comme la pince à peinture, le manche à eau ou la poignée à coussin, c'est farouchement inutile, mais on ne s'en passe pas.

Il m'est arrivé hier soir un petit moment de misère humaine, d'ultra moderne solitude, grâce à twitter. Connaissez-vous le principe de twitter, au fait ? Pour les béotiens qui ne savent pas et que je respecte tout de même (comme par exemple Nelson Mandela, ma mère, mon fils, Jimi Hendrix ou Jean Rochefort), voici un rappel.

Inspiré d'une compagnie aérienne et maritime à bas prix (Truite AIR),...

Non, allez, revenons à nos thons mous : sur twitter, on dépose des petits messages très courts, spontanés, sensés expliquer en 255 caractères ce que l'on fait, actuellement. Le succès foudroyant de ce service vient du fait que l'on peut "twitter" (lire et écrire des messages) très facilement, grâce à son téléphone portable, ou une messagerie instantanée comme Gtalk, par exemple.

On twitte dans le métro ("eballadur: je suis dans le métro, il fait chaud"), dans la queue à la poste ("fais la queue à la poste. Oulala ya du monde"), en prison ("oula la que je m'ennuie que c'est long 20 ans"), à l'hôpital ("aie aie aie je vais mourir, kikoolol") Petit gadget mignon, site tamagochi, design rococo-myspace, twitter n'est pas très important, mais ne nécessite pas beaucoup d'effort, ce qui fait un rapport qualité/prix, pardon, utilité/effort tout à fait acceptable.

Dans twitter, on "suit" des gens, et tous les petits messages arrivent chez nous, comme dans un petit feu de cheminée. Quand le suivi est réciproque, twitter se transforme vite en chat, taverne privée-publique, avec des "@" de partout.

Exemple :
"machin : Tiens, le soleil est jaune."
"truc : @machin, oui tu l'as dit c'est étonnant : http://tinyurl.com/2j3vpy"

Hier soir, donc, j'ai ma petite messagerie allumée, lorsque je reçois un message de Thierry Bezier. Ni une ni deux, je lui réponds. Bon, pas de réaction. Ca arrive parfois, souvent, twitter n'est pas un chat en vérité. Puis soudain, le doute m'envahit, et mon monde s'écroule : je me mets à consulter la liste des "suivis" des gens que je "suis" de mon côté. Et là, je vois que ce "Thierry Bézier", à qui je réponds parfois, ne me "suit" pas du tout. Mais alors absolument pas. Et comme beaucoup d'autres, à qui je pensais parler, au fil de l'eau.

Que je suis distrait. Petit glissement du terrain de ma mémoire. Rétrospectivement, je me souviens de toutes mes interventions primesautières, au milieu de ces micro-conversations. Petit garçon qui lève le doigt pour dire "moi je sais m'dame ! moi je sais ! " Je causais tout seul, en fait, dans le vide. Je suis un dead people. J'évolue au milieu des gens, sans m'apercevoir que je n'existe pas.

Je m'imagine parler avec un poster : alors, @Mick Jagger, bonne journée today ? Je m'imagine parler avec la télévision : oui, @Kimberley, c'est horrible ce que vient de faire @Gaylord. Je m'imagine parler au cinéma : attention, @Bruce, mais tu vois pas que l'hélicoptère va te lancer des bombes à ninja ?

Ma honte en direct : http://twitter.com/balmeyer.




Je me moque, mais j'aime bien twitter. C'est un peu le haïku du blog : il y a peu d'informations, et à partir de rien, de quelques empreintes de mots, on se prend à imaginer la vie d'inconnus laissant de furtives traces à travers le réseau.

Mon twitter préféré est celui de bibzdidine : c'est amusant et j'ai toujours un sourire : http://twitter.com/bibzdidine




Allez, une petite satire, Eric : Loïc Lemeur.

- Sun shines on San Francisco ! It's a good day to be an entrepreneur.
- Wondering who is the strongest ? Batman 1.5 core 1.5 Mhz or Superman 1.4 WWI 5 GO ?
- Bring child 1.0 and child 2.0 to school.

Etc.

Allez, je m'en retourne travailler dans ma crypte.

bal "dead people" meyer

Humour noir et double peine

Impromptu du matin : je discute avec E. Toujours les conversations joyeuses du réveil (maladie, cancer, mort, accidents).

E. : Il parait que les gens ayant une grande activité intellectuelle ont moins de chance d'attraper la maladie d'Alzeimer !
Moi : Ah bon ? (dubitatif. Ca parait léger, quand même).

... (s'ensuit après la série de blagues habituelles : "C'est sur que moi je risque rien, mais toi quand même fais gaffe, réfléchis un peu de temps en temps, pour ta santé, etc.")

E : (pause) ça serait dur si c'était vrai. Non seulement tu as la maladie d'Alzeimer, mais en plus tu passes pour un con."

mercredi 10 octobre 2007

Devenir riche pour se lever à midi tous les jours

Idée pour devenir riche : créer un mélange entre YouTube et un aggrégateur de flux RSS.

Ca l'appellerait : You-RSS

Ah ah ah.

(bon je vous fait des billets courts, je suis gentil tout de même ? Allez profiter du beau temps).




Nabab recherche 400 stagiaires-ingénieurs plus quatre élèves en kinésithérapie-massage-relaxation afin de monter start-up.


NB : je fais une petite expérience "moteur de recherche" avec le titre de ce billet. Oui, je sais, ça part en vrille, ne me quittez pas, il faut oublier, tout peut s'oublier, etc

Cité nationale de l'immigration

Capté dans le monde : "Voulue par Jacques Chirac, la Cité nationale de l'immigration ouvre dans une grande discrétion"

Cette nouvelle Cité, qui consacre l'apport de l'immigration à l'histoire de la France, ne sera inaugurée ni par le président ni par le ministre de l'immigration, Brice Hortefeux.


"Suivez le guide : à votre gauche, un superbe test ADN..."

Je glousse.

(Je glousse d'aïe. oh oh oh)

free music

mardi 9 octobre 2007

Soyeux anniversaire

Edit du 12/10/2007 : à voir sur topito !

Bref.

Ce matin, ashotherway me rappelle l'assassinat d'Anna Politkovskaïa, il y a un an.

Ce matin, un lapin n'a pas tué un chasseur, car c'était un lapin qui n'avait pas de fusil.

Ce matin, le journal Metro me rappelle le 40ème anniversaire de la mort de Che Guevara. Bref rappel biographique : Ernesto "Che" Gueverra est le sosie de nombreux T-Shirt. Il regarde derrière Alberto Korda d'un air radieux et barbu. C'est aussi celui qui a adapté pour la vrai vie le personnage de "Che" Guevara créé par Gael Garcia Bernal (The Motorcycle Diaries), pour la première fois.

Dans le journal gratuit, un article, avec un petite encadré "POUR / CONTRE". Pour ou contre le Rugby ? Pour ou contre le réchauffement de la planète ? Pour ou contre Ernesto "che" Guevara ? Pour ou contre Batman contre Superman ? Besancenot contre Jacobo Machover.

Voici l'interview de Besancenot (le copier-coller c'est mal) :

Quelle est votre image du Che ?
[...] C’est vrai, il a tué. Il a mené une guérilla sanglante contre la dictature de Batista. Mais les exécutions reflètent le dilemme de toute quête de liberté : des innocents meurent dans la lutte.

Quand l’avez- vous découvert ?
A 14 ans, je portais des T-shirts à son effigie sans rien savoir de lui. Jusqu’à ce que des militants de la LCR m’incitent à lire ses écrits. On y retrouve les thèmes de la haine et de la violence comme facteurs de la lutte sociale. Le Che, avant de prendre les armes, avait épuisé toutes les solutions démocratiques.


C'est marrant de l'imaginer, Besancenot, lui qui habite mon quartier, avec son cigare, remontant le moral aux hommes par sa charismatique présence lors des exécutions. E. l'a croisé dernièrement, il avait un tout petit poupon dans les bras, vraisemblablement son petit garçon, il faisait des gazouillis et semblait très fier de sa progéniture, comme je peux l'être avec mon kéké.

"I fired a .32 calibre bullet into the right hemisphere of his brain which came out through his left temple. He moaned for a few moments, then died."

Ernesto "Che" Guevara


C'est sûr qu'à côté, Rocard avec son R.M.I. et Badinter son abolition, ça fait déjà moins T-Shirt.

lundi 8 octobre 2007

Amnésie infantile

Je me suis fixé une contrainte redoutable, banane que je suis, avec ce projet de 33 billets pour le mois d'octobre, idée qui a par la suite évolué en "33 billets minimum, un par année, en plus de mes histoires de carte orange démagnétisée et de carte champion".

L'idée est surtout redoutable quand, comme par exemple aujourd'hui, on a une flemme à défoncer des lits dans des magasins IKEA.

Chaque matin, E. doit me réveiller au défibrillateur. Elle me réanime pour que j'aille bosser, je dis : "Non pitié, fatigué, je veux retourner dans le ventre de maman, pas travailler." Kéké se pointe alors très tôt, avec sa furieuse envie de jouer aux petites voitures, de rouler sur son camion, de manger quatre mille gâteaux, de se cacher dans les recoins. Il trouve deux zombies inréveillables, que même un Frankeinstein aurait reniés, jetant l'éponge avec ses câbles électriques à rendre les vie.

E. a lu dans un bouquin (dans la série "Être un parent parfait aujourd'hui"), un terme qui m'a laissé songeur, et qui résonne avec mes bavardages sur ma prime jeunesse : l'amnésie Infantile. Ceci ressemble à une maladie attrapée au pays des limbes, zone où l'on n'existe pas encore et où il ne fait pas bon transhumer sans vaccin.

C'est le processus qui fait que chacun oublie ses souvenirs avant deux ou trois ans. Grâce à Google, j'apprends des tas de choses sur ce terme : sombre histoire de sexe refoulé, parait-il, selon les dires d'un médecin autrichien amateur de cigare. Modification des lombes, non, des lobes (comme au tennis ?), frontals... non frontaux, foutu moi, rah j'ai déjà oublié. Amnésie infantile des adultes.

C'est vertigineux quand on y pense, surtout lorsqu'on a chez soi un fiston de bientôt deux ans. Pour mon fiston, je suis une sorte de TOUT TOTAL, une statue de commandeur, je suis son ami, son héros, son sauveur ; je le protège des caniches chapardeurs de biscuits, je suis le seul autorisé à entrer dans sa cabane, je suis celui qui doit faire la grosse voix lorsqu'il balance du riz par terre. Je suis celui sur lequel il s'est endormi, s'agrippant à moi toute une soirée, un soir de terreur jamais expliquée.

Quand je rentre du travail, je le découvre, le sourire éblouissant. La journée fatiguante renaît de ses cendres, orgie de gros camions, stakhanovisme de petites voitures. Que de souvenirs j'aurai ! Mais lui ? Satané psychiatre qui a effacé la mémoire de mon enfant !

L'amnésie infantile. Votre mémoire a été démagnétisée par le grand aimant de la vie. Comme ma carte orange. Formatage, remise à zéro, le gazon de l'enfance est tondu, la blondeur des cheveux est perdue, la rondeur du ventre s'est enfui, les fruits originels sont changés en compote, le fromage de l'innoncence a dégouliné et pue dans le frigo de l'existence.

Et tout ceci, cirque de couleurs tapageuses, villes de cabanes, tendres batailles, qui tombera dans l'oblivieuse onde ? Mais non, voyons. Impossible.

samedi 6 octobre 2007

Gueule de blogs

Chouette initiative de Lousia, de Gueule de Loup.

On peut constater, surtout lorsqu'on est de mauvaise humeur ou en panne de sucre pour le café, que l'univers des blogs est parfois secoué par des spasmes d'auto-célébration, carte du monde plat avec les puissances mondiales du blog francophone, classement universel des dix meilleurs blogs depuis l'origine du monde, G8 des blogs les plus influents, etc. Partant de ce principe, au lieu de râler comme un putois, Lousia a eu l'idée de construire une sélection des blogs volontaires, le temps d'une "opération" (la première d'une longue série, je l'espère), afin de se découvrir les uns les autres.

J'ai donc particpé, amenant ma carriole, façon Avignon du blog, festival Off. C'est bien fait pour nous, c'est surtout fait avec la manière, parce que l'auteur a pris la peine de lire le travail des participants, et de les présenter avec un mot pour chacun. La classe. J'ai beaucoup aimé sa présentation, j'ai eu le vertige pendant trois secondes, comme si je faisais la couverture de Voilà, nu à la plage.

Je vais donc suivre tous les blogs inscrits, mes chers colocataires, pour, comme le dit la devise de cette turne, "voir ce que ça va donner".

A mon tour de faire une petit mot sur le blog organisateur.

"Gueule de Loup" scrute l'actualité du web, c'est un peu un Presse-Citron version soude caustique, avec des gros yeux de loup-garou dedans (c'est la seule réserve - toute graphique - que j'ai sur le site). En effet, ce blog partage des qualités avec le lyonnais cité précédemment : style engageant et vif, informations pertinentes, sens de l'animation bloguesque. Je trouve son regard sur les nouvelles technologie très piquant, ça change du ronronnement des TechCrunch-clones-iPhone-likes. A lire d'ailleurs, l'article qui me l'a fait découvrir : le bloodDay, une version satirique du "blog's day", saignante s'il vous plaît.


PS et Coïncidence rigolote : le nombre d'abonnés au flux RSS via FeedBurner s'est soudainement écroulé depuis cette opération, alors qu'il était assez stable. Lousia : l'idée c'est de faire venir plus de monde, pas de les faire tous fuir ! :)


PS 2 : Oh !! Il y a un sondage ! Pourvu que je ne finisse pas dernier, comme à l'Eurovision !

vendredi 5 octobre 2007

Des bagues à chaque doigt

Je suis dans la cour de l'école maternelle. J'ai cinq ans. Des soeurs jumelles m'offrent, un matin, une petite voiture verte, toute ronde. Elles m'aiment bien. Je tanne ma mère pour leur donner un petit cadeau en retour. Dans un supermarché, nous trouvons un gros distributeur de bidules, avec des cadeaux surprises cerclés dans des sphères en plastique, que l'on récolte après avoir introduit une bonne pièce de dix francs, couleur cuivre. Des bagues en toc.

J'offre ces pacotilles à mes deux amoureuses, nous projetons de nous marier tous les trois. Un grand moment d'érotisme.

***

E. doit apprendre une chanson pour son stage. Elle a choisi le "tourbillon de la vie", vous savez, celle que chante Jeanne Moreau dans Gilles et Jum. Je la chante à Kéké en imitant Vincent Delerm (je tente d'imiter Jeanne Moreau, mais ça tombe sur Vincent Delerm, ben tant pis). Idée de MySpace : Delerm chante Moreau.

***


Nous nous aimions à cette époque,
Bleu laideron !
On mangeait des oeufs à la coque
Et du mouron !

Nestor Burma

Hier, c'était Free Burma, la fête des blogueurs pour libérer Nestor Burma. Je ne savais pas que le commissaire avait fait une bavure, il aura sans doute trop tapé sur des chinois, et il se sera retrouvé au trou. Nan, j'arrête avec mon mauvais esprit. Cette honorable campagne suscite chez moi un vaste débat très intérieur, dans mon esprit pourtant calme comme une église andalouse. Est-ce une grotesque démonstration de blogueurs bien consciencieux, comme on peut le lire chez Christophe Ginistry (l'illusion de la blogosphère), ou bien une salutaire démarche à accomplir sans cynisme, pour une fois ? Sais pas. La requête est toujours en cours d'exécution dans mon moteur de recherche interne (c'est vendredi, c'est permis).

Je parle de ça, car E. m'a raconté hier de sordides histoires de chinois sans papier malmenés par des Nestor Burma, dans le XIXème arrondissement, histoires ordinaires pas vues à la télé, ce qui rend bien amère la transpiration sur ma chemise. Comme on peut le lire chez Eolas, l'obsession des sans-papiers est telle qu'on en néglige les voleurs de scooters et autres fauteurs de troubles.

"Les magistrats de permanence sont eux aussi excédés et nous demandent parfois ironiquement si nous sommes encore intéressés par arrêter de vrais délinquants..."

Il faudrait que je prenne le temps de raconter en détail comment mon petit frère, jeune stagiaire flic, perd toutes ses illusions face à cette culture du résultat, cet amour du chiffre pour qu'on se dise que ça dépiaute, à l'intérieur. Le chiffre ! Remplir les colonnes, atteindre les quotas, aller au plus efficace, négliger un peu l'allambiqué qui prend du temps au profit du délit rentable, accomplir ses PV quotidiens, taxer rapidos quelques vieux qui dépassent la ligne blanche, pour - O gloire - sortir de bonnes statistiques.

(edit : à lire sur Vive Le Feu : Soudain, une infamie. Rho !


***

Jésus lit tranquillement son journal à la terrasse du café, en compagnie de son ami Pilate. Il soupire en lisant les nouvelles du jour. S'adressant au préfet de Judée : "Et toi, ça t'es déjà arrivé de faire arrêter des bonzes, Pilate ?"

jeudi 4 octobre 2007

Passagers clandestins

Sur le polaroïd, je suis assis sur un petit banc de fortune, en bois, à côté de la 4L blanche. Je n'ai déjà plus les cheveux blonds, je ne ressemble déjà plus à Brian Jones. J'ai une blouse en plastique, un petit cartable. C'est la rentrée. Toujours pas de souvenir, toujours pas d'émotion. J'ai un nez en trompette, une bouche de canard, avec la lèvre supérieur un peu en avant.

Le petit banc est devant le Mas, à côté de la gouille, ce qui signifie "ruisseau" en catalan. Les champs (les vignes à l'époque) sont ponctués par de minuscules rigoles que le paysan d'à côté orchestre avec des vannes, grandes lames d'acier qu'il promène sous le bras. Tel un aiguilleur de l'eau, il marche lentement sur les chemins de terre, avec sa longue plaque couleur rouille, une cimeterre hypertrophiée qu'il plante parfois d'un geste spectaculaire au travers d'un ruisseau, comme un géant coupant un fleuve en deux ; l'eau s'arrête, le niveau monte, il dévie les cours d'eau ; il irrigue ses futures récoltes.

Les champs sont vastes, les arbres sont hauts voire hautains, même si on connaît les lieux, il semble que l'on s'y perde toujours un peu, délicieusement. Peupliers touffus et rêches, peuplés de bestioles grimpantes. Recoins en pagaille, orgie de cachettes, exubérances de cabanes les unes masquant le secret des autres. Buissons inexplorés, derrière lesquels miaulent parfois quelques petits chats perdus. Meutes de chiens qui poursuivent les petits chats, les zigouillent de temps en temps. Bêtes crevés, dans un sillon, oiseaux paisibles, piaillant leurs affaires dans les cimes secouées de Tramontane. Gros chats rescapés, dans quelques branches, ou sur le toit d'une voiture, revenus de tout, qui, la fourrure étalée, regardent filer l'existence sans émotion avec leurs yeux de verre.

Je brinqueballe sur la banquette saillante de la voiture, le chemin est longuet, infiniment balisé de platanes considérables, soulevant, broyant, la route de leurs racines noueuses. Je quitte le jeu perpetuel, l'esprit primitif des fantaisies inépuisables, je vais à l'école.

On se fait une montagne de la rentrée pour les enfants. On s'imagine qu'ils vont hurler comme si on les lâchait dans une jungle en guerre, d'un hélicoptère. Mais c'est amusant, ce n'est pas comme ça : l'an dernier, N. amène son petit, il est tout content ! Une rentrée parfaite. Les ennuis commencent quinze jours après : ah mais l'école, ça va être tous les jours ? Tous les jours de toute la vie ?

Un peu plus tard, mon grand-père m'accompagne. Il ne dit pas grand chose, des mots tendres en catalan. On arrive dans la ville, soudain, je fais un caprice, je refuse d'y aller, à l'école. Mon grand-père, soit disant un roc, un pic, un cap, fonctionnaire de police ; il cède. Il fait demi-tour, dans la 4L. Nous n'allons pas à l'école, finalement. Il va s'en doute se faire enguirlander, il va s'en entendre, des leçons, par des femmes. Tant pis, il s'arrête chez le buraliste, m'achète une petite voiture. Il me la tend, l'air gourmand. Passagers clandestins du matin lumineux. Je suis heureux. Nous passons une bonne journée.

Never coming home

Via la toujours pertinente "Lettre Volée" : un très émouvant reportage photo d'Andrew Lichtenstein.

mercredi 3 octobre 2007

Sans oublier la position vidange

A trois ans, je quitte Marseille. Plus tard, j'y reviens, je constate : "Le stade Vélodrome est au coeur de la ville, contrairement à Lyon ou Paris où le stade est excentré." Je me gratte le menton en fronçant les sourcils, concentré dans ma réflexion. Je regarde le Parc Borelly, j'ai marché ici, de nombreuses années plus tôt. Je tente d'avoir la nostalgie-attitude, j'essaye d'être submergé par les réminiscences émouvantes du temps perdu. Mais je suis sans aucun sentiment, froid comme un lézard polaire.

J'allonge le pas, j'ai des chaussures, je vis, je meurs, je me lave les dents.

Je commence à parler, alors, j'ai un accent du sud épais comme un steak. J'habite vers Perpignan, dans un Mas (prononcez Masse, comme Jeanne Mas, car entendre "Très cher, j'ai visité un superbe ma cet été" est une chose abominable pour moi). Le mas est entouré de vignes, à l'époque. C'est la nature. C'est pur. C'est le silence ; à part les tracteurs et les nuages violets de sulfates.

Ma mère avait une 4L. Cet été, près de Fontainebleau, nous avons acheté un de ces magazines du genre "Reconstituez le Chateau de Versailles au temps de Louis XIV, cette semaine le numéro 1 : la tasse ; pour 1.99 euros(seulement)". C'était la série spécial 4L, pour kéké.

Là, dans un superbe fascicule (1.99 seulement) nous avons appris que le modèle se nomme à la base R4, mais qu'une des déclinaisons est la 4L (L pour Luxe), celle qui comprend une vitre à la porte arrière, je sais plus moi, et c'est le nom qui est resté.

Une 4L avec les phares tout rond. (on est pas sur un skyblog, ici, on regarde des 4L en écoutant "les Vieux" de Jacques Brel). Les vitesses sont au milieu du tableau de bord. A part ça, rien de spécial, j'ai trois ans, j'aime bien aussi l'idée en avoir onze fois plus.

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Vue en position vidange :



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free music

Délocalisation de mes dents

C'est un régal, ces publicités google dans mon courrier gmail. C'est tellement mieux que ces pubs de masse pour les Mercédes, à la télé, comme si j'allais acheter des Mercedés. (Comme si j'avais la télé).

Non, là, ça sent le ciblé. Limite vexant. Après le "conteneur de cadavres", maintenant les dents pas chers :


Soins Dentaires étranger
€ 180 Couronne Céramique € 700 Implant Dentaire Titane


J'imagine le scrutateur de chez google qui détecte dans mon courrier mes épiques aventures, et qui miséricordieux, me guide vers la délocalisation de mes dents.

Analyse Courrier - Occurrences mots :

1. SEXE: 10532
2. BIERE : 453
3. MAL : 235
4. DENT : 185

5. PIZZA : 147

---> Allo la base, c'est OK, mâchoire en chantier ... Envoyer la pub.

Le jour où je croiserai l'annonce "Agrandissez votre Sexe - opération miracle par réinjections de la graisse ventrale", je crois que je me fâche.

Tester des conteneurs

Premier mercredi du mois. Les sirènes retentissent. Un collègue : "Et si on se faisait bombarder un premier mercredi du mois, qu'est-ce qui se passerait ? "

Silence. Un autre : "Toi et tes questions existentielles."

On resterait sagement assis à se prendre des obus sur la tête, tout en consultant ses mails.

Twitter : "tiens, il tombe des bombes ! (ici, un lien) "

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Quelle contenu de ma boite gmail me vaut cette publicité de chez google ?

Conteneurs à cadavres : 5 modèles pour tous vos besoins: 950/1900 L, isolés, froid ou non.



Si j'étais un blogueur influent, je crois que j'aurais des produits super intéressants à tester.

Compte rendu du test conteneur à cadavres.

J'ai reçu hier soir un produit super intéressant à tester : le conteneur à cadavres 950L de chez cobioco. (ici, un lien).

Je déballe (ici une photo floue du déballage) et ma première impression est plutôt bonne : le conteneur vert a un design vraiment très moderne, non sans rappeler le produit Z que j'ai vu à l'Apple Expo. La prise en main est tout de suite aisée, grâce à une poignée en aluminium.

Maintenant, je teste sans concession d'isolation du produit : je dépose un steak dans le conteneur, et je le laisse dans ma salle de bain insalubre pendant deux heures. Pas de soucis, ça ne pue pas plus que d'habitude. Mais pour être vraiment objectif, je renouvelle l'opération dans la chambre, où il n'y a pas de serviette humide. Là encore, le conteneur est à toute épreuve. Je me débarrasse du steak grâce à la trappe à vidange disponible au dessous, vraiment les ingénieurs ont pensé à tout.

Le modèle reçu est le simple, mais si comme moi, vous avez deux chats, sachez qu'il existe un modèle double, que je n'ai pas encore testé, mais qui, s'il est identique au modèle simple, mais en double, doit certainement être d'aussi bonne qualité.

Seul regret, l'abscence de port USB 2.0, et de drivers pour Mac 24'' Intel Core 2 Duo processor, mais bon, il faut dire aussi que ces conteneurs sont rarement branchés à des ordinateurs.

Non, vraiment, sérieusement, je recommande pour tous les passionnés d'équarrissage l'utilisation du conteneur à cadavres 950L de chez cobioco (ici, un lien).

Messages de service

Message de service n°1 : certaines de mes lectrices visitent des magasins spécialisés dans les petits chatons mignons.

***

E. me dit : "J'aime pas trop quand tu fais des petits bouts de paragraphes séparés par des ***, ça fait un peu flemmard." Ne vous méprenez pas, E. me soutient beaucoup, même lorsque, folle de rage de trouver encore un pantalon par terre, avec des chaussettes pas pareilles et qui puent, elle est prête à m'introduire la tête dans le grille-pain, elle trouve toujours la ressource pour me complimenter lorsqu'un article lui plaît.

***

Hier : oh je suis content de mon article, je me suis vraiment arraché le cortex avec mes ongles. Elle me répond : ouais, pas mal. Comment ça ouais pas mal. Regarde, j'ai encore un peu de cortex resté sur mes ongles, tu rigoles. Je suis à genou. Je mange l'humilité avec mes doigts.

C'est systématique, mes billets qui ont le plus d'écho sont toujours ceux écrit quasiment accidentellement, les semi-brouillons, les pas fait exprès. Ceux que j'écris en me prenant pour Zarathoustra me reviennent dans le visage comme le boomerang de l'indifférence. Très édifiant.

free music

mardi 2 octobre 2007

La bure de Merlin

Une immense blonde, tailleur rouge, jupe courte, traverse le boulevard avec souplesse. Aux premières loges, huit ou neuf pilotes de scooters sont pétrifiés. Un timide sifflement s'échappe d'un passager arrière. Il est clair qu'un pickpocket doué peut à ce moment subtiliser deux ou trois scooters sans difficulté. Le feu passerait au vert, quelques types en costard, casque intégral, debout devant sur la chaussée, tourneraient machinalement la main pour accélérer, en vain.

***

Pour kéké, il existait deux type de camions : "les gros cacons". "les piti cacons". Une troisième espèce a été découverte : "les piti gros cacons".

***

Vendredi soir, je suis sous antibiotiques. Oh, non, je ne vais pas acheter de vin, sinon je vais être malade, me dis-je, car le mélange, etc. Saint Balmeyer. Hier, bières. Léger oubli. Tête bulbeuse, impression d'être un camion citerne. J'ai plus de souvenirs que si j'avais, etc. Grandes oreilles pointus, un air sévère, comme monsieur Spoke. Je me lève, et je déclare, tel Gorbatchev : "Il faut cesser de boire immédiatement, sinon ce soir, je vais droit dans le mur". Un mur tombe, à berlin.

***

Monsieur Romano a travaillé avec Benjamin Biolay. Se faire passer un savon par sa belle-mère, Catherine Deneuve, ça doit être quelque chose.

***

Je m'étais dit : tiens, si je fais trente-trois billets pour ce mois, pourquoi ne pas faire un billet en relation avec une année ? Exemple, ce billet serait celui de mes deux ans.

A deux ans, je suis blond. J'ai une casquette, je ressemble à Brian Jones. J'ai une salopette. J'ai l'air gentil sur la photo. Ma mère aime David Bowie, avec ses joues creuses et sa chevelure péroxydée, c'est le portrait de Ziggy Stardust. Elle est immensément jeune, nous sommes une famille de paysans, je suis quelqu'un d'accidentel. Amnésie originelle. Je suis pour l'avortement, bien sûr, mais mes grands-parents non, donc je suis vivant, actuellement.

Je marche dans un jardin du sud tandis que mes parents divorcent. De temps en temps, ils vont faire la fête, c'est normal, à leur âge, ils sont si jeunes ; il m'a semblé être plus souvent torché qu'eux, à leur identique adolescence. Je suis chez mes grands-parents, mon grand-père est taiseux. Il me regarde avec bienveillance, effacé, je sais qu'il m'adore, il n'a pas de mots. Il me trimballe dans des vignes, la verdure est enivrante, je trébuche alors. Plus tard, il meurt. Une après-midi, tout de même, je suis dans une 4L, avec mon père, il parait que je hurle tout du long, je réclame ma mère. Les jeunes enfants sont viscéralement attachés à leur mère, je m'en rends bien compte maintenant. Pour kéké je suis un superbe figurant, l'empereur des pirates ; mais sa mère tout de même...

Ce matin, dans le métro, je vois un groupe d'enfants qui envahit la rame à la station Havre-Caumartin. Comme si on n'était pas déjà assez nombreux ; dans la rame je veux dire. On les rassemble autour d'une barre, ils s'agrippent, on dirait une grappe de raisins. Les enfants regardent autour d'eux, minus, ce sont des gens tronqués, il mesure la moitié de nous. Ils dévisagent les passagers, et dans la promiscuité du wagon, semblent se blottir comme des pingouins sur la banquise. Ils ne sont pas avantagés à la base. A la station Adulte, on se détend, on a grandit, on est plus obligé d'être piétiné par des gens obèses, on siffle au passages de cadres en jupe, à l'arrière des scooters.

C'est maladif, j'ai de l'empathie pour les enfants. Ils sont heureux, ils ont des beaux manteaux qui les enveloppent, et moi il faudrait que j'arrive, avec mes antibiotiques, mes dents, pour dire : "C'est moi le messie des petits ! Venez à moi, mes chers nains, je vous protégerai contre toute cette foutue adversité ! "... murmures : "Maman, j'ai peur ! "

lundi 1 octobre 2007

Les 33 travaux de Pif et Hercule

Le mois de septembre est terminé. Oh, vous êtes heureux de lire mon blog pour apprendre de telles révélations, mais je ne m'arrêterais pas là : celui d'octobre commence.

Tout ça pour dire que ce mois-là est celui de mes 33 ans. 33 comme la bière, comme Jésus-Christ, comme le docteur, comme le métro (la ligne 33, celle qui j'imagine ouvrira d'ici quelques siècles). J'ai décidé pour fêter ça en attendant la mort de me lancer un super défi, un méga auto-concours, un top combat-contre-soi-même, celui d'écrire 33 billets ce mois d'octobre.

Non, pas 31, ni 32, ni 12, ni -25 (on comprend déjà vu la logorrhée verbale que je déploie ici que je suis prêt à utiliser les artefacts les plus sournois pour parvenir à mes fins)... mais bien 33 articles. Pourquoi ? Parce que.

Parce que lorsque je marche au bord du trottoir, je suis en équilibre à dix mille mètres d'altitude, au bord du ravin de la mort, le seul moyen de m'en sortir est d'atteindre le feu rouge. Quand je vais dans une cave d'immeuble, je sais que lorsque la minuterie parviendra à sa fin, ce n'est pas seulement la lumière qui disparaîtra, mais l'immeuble tout entier avec moi avec.

Si j'échoue dans cette vaste mission, j'aurai droit à une fessée administrée par des majorettes nues. (Non, il faut trouver un autre gage.)

***

Le mal de dent s'est retranché dans une dernière molaire. Acculé, cerné par un groupe d'intervention antibiotiques, il a pris un nerf en otage. Il s'est barricadé, aux abois, il sait qu'il ne s'en sortira pas. L'antalgique essaie de négocier : "Allez, Malo, libère le nerf, il n'y a pas d'autre issue...
- M'en fous ! J'ai plus rien à perdre, je vais tout faire péter !
- Sois raisonnable, si tu sors de cette dent gentiment, on te fera rien, on te mettra juste dans du pipi, et tu pourras rentrer chez toi, dans les cabinets."

Il ne veut rien savoir. Implacable, je regarde dans ma sacoche, et je dis : "Allez, on envoie les médicaments charger..."